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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 15:21
Santa cruz de la seros
Santa cruz de la seros

Septième jour, déjà…

Il semblerait que nous soyons vraiment passés en été.

Ce matin, nous quittons le camping pour gagner, à une vingtaine de kilomètres de Jaca, le beau village de Santa Cruz de la Seros, point de départ d’une randonnée qui va nous mener au monastère de San Juan de la Peňa.

Le village de Santa Cruz est un site touristique qui mérite bien sa renommée ; il présente un bel ensemble architectural hérissé de superbes cheminées aragonaises (les "espanta brujas" ou chasse-sorcières), et doté d’un bel édifice religieux de style roman, l’église Santa Maria. Mais nous visiterons au retour, car pour l’heure, nous chaussons nos godillots, empoignons nos bâtons de marche, pour nous lancer à l’assaut d’un sentier caillouteux, encore assez ombragé à cette heure.

sur le sentier du monastère

sur le sentier du monastère

sommets enneigés au loin...
sommets enneigés au loin...

Nous nous élevons rapidement, jouissant d’une vue magnifique sur les reliefs alentours ; falaises abruptes et inaccessibles au premier plan ; puis plus haut, un panorama qui s’étend jusqu’aux plus hauts sommets des Pyrénées, encore vaguement enneigés. Nous ne les connaissons pas assez pour les reconnaître, mais il doit y avoir là dedans du Monte Perdido, de l’Aneto et du Vignemale. Il nous semble bien reconnaître d’ailleurs la fameuse brèche de Roland. Splendide !

Le spectacle nous récompense de tous nos efforts car la montée est rude. Une crise de palpitations, peut-être due à l’arrivée brutale de la grande chaleur, m’oblige à ralentir et à stopper régulièrement. Du coup, notre moyenne chute ! Plutôt en avance sur le temps de référence indiqué sur les panneaux, nous prenons du retard. Mais au final, nous parvenons enfin à la croisée des chemins, entre celui qui descend vers le « monasterio viejo » et celui qui monte au « monasterio nuevo ».

Nous optons pour le viejo, qui ferme ses portes à quatorze heures ; nous irons au nuevo, ouvert sans interruption, après.

Redescendant vers le vieux monastère, nous croisons un pèlerin français avec qui nous faisons une petite causette sympathique avant de poursuivre notre chemin. Ici, chacun se croise en se souhaitant un « bueno camino » ; nous ne sommes pas vraiment sur un chemin de St Jacques, mais beaucoup de pèlerins font le détour à San Juan, haut lieu incontournable du catholicisme.

Le monastère est une construction impressionnante, partiellement creusée dans la roche et établie dans sa totalité dans une anfractuosité de la falaise, à 1120 mètres d’altitude.

le monasterio viejo
le monasterio viejo

La visite commence par le dortoir des moines, avant de se poursuivre dans l’église primitive où il est encore possible d’admirer quelques fresques. L’une d’entre elle représente ces bons vieux Saints Côme et Damien à qui nous rendons régulièrement visite, à l’ermitage ND de Vie d’Argelès sur mer. De vieilles connaissances, donc !

peintures murales, Sts Côme et Damien

peintures murales, Sts Côme et Damien

le panthéon des nobles
le panthéon des nobles

Nous pénétrons ensuite dans le panthéon des nobles, cour rectangulaire dont les murs sont percés d’une double rangée de sépultures ornées de blasons et d’inscription nécrologiques, renfermant les dépouilles de personnages illustres du royaume d’Aragon, antichambre de l’église haute, à nef unique et de style roman.

le cloître roman
le cloître roman

Poursuivant plus avant notre découverte, passée une superbe porte de style mozarabe, nous ne tardons pas à déboucher dans ce qui constitue sans doute le clou de cette visite : le cloître roman, entièrement surplombé par la falaise. Les chapiteaux historiés représentant les scènes de la Genèse et de la vie du Christ sont une pure merveille. Au dessus de nos têtes, la falaise a été entièrement recouverte d’un grillage protecteur, pas vraiment inutile, car de nombreuses pierres détachées de la paroi y sont restées prisonnières. Dire qu’il ne devait pas y avoir de filet à l’époque des moines ! Il a dû y avoir quelques bosses…

la résurection de Lazarre
la résurection de Lazarre

La visite se poursuit par la chapelle de style néoclassique des saints Voto et Felix, dont la légende est à l’origine de la création du monastère en ces lieux, et par le Panthéon royal où reposent les premiers rois d’Aragon, Ramiro 1er, Sancho Ramirez et Pedro 1er. Maintenant, vous les connaissez !

Nous ressortons enchantés de cette visite, et repérons aussitôt un petit coin sympathique pour casser la croûte, en surplomb du monastère. Salle à manger pleine nature, avec vue imprenable sur le cloître ! Cinq étoiles, au moins !

L’après-midi sera consacrée à la visite du monasterio nuevo, à quelques centaines de mètres plus haut. Il ne nous faut guère plus d’une vingtaine de minutes pour accéder au sommet de la falaise, sur un vaste plateau arboré, la plaine de San Indalecio. C’est le royaume des pins à crochet ; on se croirait dans la forêt de Font Romeu. Quel bonheur !

Aragon Navarre, jour 7

C’est dans ce lieu idyllique que fut érigé en 1682 un monastère de style baroque, détruit partiellement moins de 200 ans plus tard par les troupes napoléoniennes. Les moines y demeurèrent néanmoins jusqu’en 1835, date à laquelle l’état espagnol les expropria, purement et simplement. Remis en état, on y trouve aujourd’hui un musée exceptionnel qui relate l’histoire du monastère et décrit la vie quotidienne de ses occupants, ainsi qu’une hôtellerie quatre étoiles.

le monastrio nuevo

le monastrio nuevo

la façade baroque
la façade baroque

L’église ne se visite pas ; on ne peut qu’admirer sa belle façade baroque. Nous passons un long moment dans le centre d’interprétation du monastère. Cet espace, réalisé tout récemment, présente les différents aspects de la vie du monastère, de sa création jusqu’à son abandon. Une structure moderne originale permet au visiteur de circuler sur un sol transparent au dessus des ruines de l’édifice en partie restaurées, et d’en contempler, sous ses pieds les différentes parties ; chambres, dortoir, cuisine, cellier, etc…

Aragon Navarre, jour 7

Des effigies des moines en situation, des ustensiles, le mobilier, le tout en taille réelle et d'un blanc immaculé, permettent d'appréhender parfaitement les énormes dimensions de ce monastère et tous les aspects de la vie monastique. Ce dispositif est complété par un système d'écrans interactifs récapitulant les origines et l'histoire de ce site remarquable. C'est passionnant!​

https://youtu.be/mr10z-4yE9Q

l'église Santa Maria
l'église Santa Maria

Nous commençons cependant à ressentir la fatigue de la rando et surtout la soif, cherchant désespérément à nous désaltérer. Hélas, la cafétéria est déserte ; il nous est impossible de remplir nos bouteilles dans les toilettes, d’autant que nous ne sommes pas certains que l’eau soit potable et la caissière de la boutique n’est pas capable de nous renseigner sur ce point. Nous nous contentons donc d’avaler quelques gouttes, en prenant soin de ne pas vider complètement nos bouteilles, et nous nous attaquons à la descente !

La chaleur et l’instabilité du sentier rendent celle-ci presqu’aussi difficile que la montée, et nous ne sommes pas fâchés de retrouver enfin le village de Santa Cruz, d’autant qu’une sympathique fontaine y dispense une eau fraîche et délicieuse.

Une petite halte chez un artisan potier où nous nous fritons avec des allemandes pressées et culottées clôturent la journée et nous retrouvons les fourgons sur le parking, écrasés de soleil… 44° à l’intérieur ; 37° à l’extérieur.

Nous avons un peu de route à faire pour arriver au camping du soir, et nous avons hâte de repartir, mais, c’est compter sans les caprices du fourgon grognon qui, une fois de plus, refuse de démarrer !

Nous passons trois bons quart d’heure à déterminer ce que nous allons faire… Passer la nuit ici ? On est un peu en biais, mais c’est jouable. Michèle nous suggère de retourner au camping de Jaca, tout proche ; nous partirions en avant pour retenir deux places et ils nous rejoindraient ensuite, si toutefois le camion accepte de démarrer. Nous hésitons ; c’est trop aléatoire. Claude a ouvert le capot pour faire une petite ventilation… On pourrait pousser, mais si ça ne marche pas, le fourgon risque de se retrouver au milieu de la route, dans l’impossibilité de se garer correctement, voire pire : dans le mur, si le système de frein est court-circuité. Trop risqué. Bon, en attendant, on boit encore un coup ; on était vraiment à sec. On réfléchit, et à la énième tentative, ça démarre enfin ! Ouf ! Merci, nos guides, nos anges, y tutti quanti !

Nous nous dirigeons plein est, vers Siguës, à une cinquantaine de kilomètres de là, pour y passer la nuit. Une nouvelle déconvenue nous attend : le camping est introuvable. Nous nous résignons donc à poursuivre jusqu’à Sangüesa, en province de Navarre, d’où nous pourrons démarrer nos prochaines excursions. Nous traversons la petite ville, qui a l’air belle, jusqu’au camping municipal, accolé à l’espace aquatique surbooké. Nous passons beaucoup de temps à l’accueil, le réceptionniste n’étant pas un pro de l’informatique, mais au final, nous sommes plutôt bien : à l’ombre salutaire des peupliers qui, comme à Jaca, dispensent généreusement leur pollen, il n’y a que nous dans le camping ! C’est parfait, d’autant qu’à présent, manger dehors est un pur bonheur, exception faite de quelques moustiques indésirables… On fait avec.

Fredo

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Published by Do Fredo - dans récits de voyage
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commentaires

jlb 14/07/2016 08:45

Vous devenez des pros de l'art numérique ! Très chouette la vidéo !

jlb 14/07/2016 08:42

Pourquoi les jolies réalisations humaines sont elles si souvent consacrées aux religions ou à la guerre ? J'exagère... il y a bien quelques théâtres, des universités... Mais quand même !
Ah les Hommes !!!

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