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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 20:08

Connaissez-vous le film St Jacques La Mecque ?

En ce qui nous concerne, c’est vraiment un film dont nous ne nous lassons pas !

Au cas où cela ne vous dirait rien, voici un bref résumé.

Au décès de leur mère, deux frères et leur sœur Clara (rôle tenu par Muriel Robin) partent sur les chemins de St Jacques de Compostelle, condition sine qua non pour pouvoir toucher leur héritage.

Au départ du Puy en Velay, ils rejoignent d’autres marcheurs dont Ramzi. Ce jeune « rebeu » a suivi son copain Saïd avec le secret espoir d’arriver à vaincre son analphabétisme s’il arrivait au terme de son pèlerinage. Clara, enseignante et néanmoins très pédagogue, touchée par la naïveté de ce jeune va tout mettre en œuvre pour arriver à lui apprendre à lire . Sa démarche axée sur le vécu de Ramzi (on a encore rien inventé de mieux pour rentrer dans les apprentissages) s’appuie sur l’existence de 2 types de langue française : le français numéro un, celui des riches, le français numéro deux, un poil vulgaire.

La scène est savoureuse mais on pourrait penser que c’est du cinéma (encore une fois) !

 

Et bien non, pas du tout, c’est même plutôt éloigné de la réalité !

Pour preuve ces exercices de Français (niveau cinquième) !

 

 

 

Je sais parfaitement qu’il y a différentes manières de s’exprimer mais je n’imaginais pas que l’on en soit arrivé à faire figurer au titre d’enseignement un certain type de langage. Si, comme moi, vos connaissances datent, sachez que l’on distingue essentiellement 3 langages et qu’ils ont l’honneur des manuels scolaires : Le langage familier avec fautes, grossièretés et vulgarités, le langage courant et le langage soutenu avec des mots raffinés voire compliqués, celui des textes littéraires.

Personnellement depuis ma prime jeunesse je maîtrise plutôt bien l’argot ayant été initiée très jeune aux subtilités de cette langue, mais cela restait strictement du domaine privé et s’il y a bien eu quelques dérapages, nous étions fort jeunes et ne savions pas encore qu’il était préférable de ne pas annoncer que nous allions couler un bronze à la maîtresse ! Coup de chance, elle n’était pas initiée !

Certains d’entre vous trouveront peut-être que je ne suis qu’un vieux chnoque mais je ne vois absolument pas l’utilité de fixer dans la mémoire des élèves des mots ou expressions linguistiques en verlan ou grossières. En plus après avoir chercher sur le Net de quoi étoffer cet article, j’ai découvert que certaines solutions à ces exercices étaient même proposées sous forme de QCM, voir sous forme de salade de lettres.

Alors si c’est cela le collège unique, non vraiment c’est lamentable. Oui, je suis pour l'élitisme et j'ai pendant 39 annuités mis tout en oeuvre pour niveler par le Haut.

Do

Et maintenant, cadeau.

Une petite version "argotique" à traduire en langage courant puis en langage soutenu, lâchez-vous !

La laitière et le pot au lait

Coltinant sur sa tronche un grand pot de loloche
Perrette, au marca décarrait;
Pour y fourguer sa came à tous les aristoches;
Et se bourrer les fouill's de fric et de jaunets.
Ell' s'était collée ce jour-là
Jupette olpif et ribouis plats,
Notre mistonne ainsi gandine,
Biglait déjà dans sa bobine,
C' qu'elle pouvait affurer avec tous ces pélots,
Pour pouvoir bluffer tous ces pecqu'nots.
Tout d'abord, bava-t-elle, j'aurai une bagnole,
Avec un mironton qui conduira mécolle;
Un pianomuche et la radio,
Pour pouvoir esgourder Tino.
Des fringues, des bas soie-soie, pour planquer mes guibolles;
Sans oublier quelques bestioles:
« Un gaille, six lachevées, un troupeau de bêlants,
Un lardé comaco, dans les deux ou trois cents,
Pour pouvoir me taper la cloche,
Des couins-couins et des lapinoches» ...
Soudain, sous ses panards, rencontrant un parpaing,
Notr' Perrett' fit un gadin,
Loloch' potich', tout dégringole,
Salut troupeau, radio, bagnole
Chialant le blair dans son tir' jus,
Ell' radina chez son tordu,
Qui gambergeant sa cam' paumée,
D'auto lui fila la torchée.
moralité
Avant d'vouloir charrier les mecs et fair' la bringue,
Il faut d'abord avoir les ronds dans son morlingue.

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Published by Do Fredo - dans coups de gueule
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