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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 18:17

Je suppose que vous savez tous qui est Sissi. Il est quasiment impossible que vous n’ayez jamais vu les films de Ernst Marischka, « Sissi », « Sissi impératrice » et « Sissi face à son destin ». Ce sont les incontournables, les inévitables de la télévision, rediffusés chaque année aux alentours de Noël, permettant ainsi à toutes les générations de découvrir le mythe « Sissi », un peu comme celui de Zorro, rediffusé en boucle sur FR3 depuis 2008 (source Wikipédia ; personnellement, j’ai l’impression que ça dure depuis plus longtemps. Compte tenu du fait qu’il y a 78 épisodes, ça veut dire que tous les ans et demi environ, on recommence ! Si ce n’est pas se moquer du monde, ça…) Mais revenons à nos moutons…

Donc, tout le monde connaît Sissi. Ou croit la connaître. Car en réalité, la vraie Sissi est assez éloignée du personnage idyllique incarné par Romy Schneider.

Elisabeth, Amélie, Eugénie de Wittelsbach, dite Sissi, ou Sisi, selon la graphie autrichienne, est née le 24 décembre 1867, au royaume de Bavière. Fait remarquable, à sa naissance, elle possédait déjà une dent, comme Napoléon 1er et Louis XIV (et d’autres peut-être). Est-ce le signe d’un destin remarquable ?

Favorite de son père, le duc Maximilien de Bavière, c’est une enfant vivante et gaie, aimant la nature, les animaux, la musique et la poésie.

Elle n’a que quinze ans lorsqu’elle est remarquée par son cousin, l’empereur François-Joseph 1er d’Autriche, qui bouleverse pour elle tous les projets de sa mère, l’archiduchesse Sophie. Le mariage est célébré le 24 avril 1854 à Vienne. Elisabeth n’a pas 16 ans lorsqu’elle devient impératrice d’Autriche.

Les films de Ernst Marishka sont assez fidèles à cette première partie de l’histoire. Elevée très librement à Münich et au château de Possenhofen, en Bavière, Sissi n’est absolument pas préparée à la vie de la cour et au protocole très strict qui l’attend. S’il est certain que l’empereur l’a follement aimé (« vous ne pouvez savoir à quel point j’ai aimé cette femme », confiera-t-il en apprenant la mort de l’impératrice), l’amour de Sissi pour son époux est rapidement mis à l’épreuve par les impératifs de la fonction. « Le mariage est une institution absurde; enfant de 15 ans, j'ai été vendue, j'ai dû prononcer un serment que je ne pouvais ni comprendre, ni renier… » écrira-t-elle à sa fille Marie-Valérie, beaucoup plus tard.

Au Sissi Museum... La vraie Sissi!

Sissi est rebelle et refuse l’étiquette, les contraintes, l’autoritarisme dont fait preuve sa belle-mère pour tenter de la formater, de la faire entrer dans le moule. Jamais elle ne se soumettra et c’est bien ce qui fascine en elle.

Sissi fuit la cour, Vienne et ses obligations. Elle se rend impopulaire et les viennois ne l’aiment pas beaucoup. Ils ne la comprennent pas.

La vie ne l’épargne pas ; les deuils non plus : sa première fille, Sophie, à l’âge de deux ans, son fils unique, Rodolphe, à Mayerling, son cousin bien aimé, Ludwig, et bien d’autres proches… Soit dit en passant, c’est incroyable ce que cette famille a pu inspirer les cinéastes (outre les « Sissi », il y a eu aussi « Mayerling » relatant la fin dramatique de Rodolphe et de sa malheureuse maîtresse, Marie Vetsera, et « le crépuscule des Dieux », contant le tragique destin de Louis II de Bavière). Ah ! Si les Habsburg n’avaient pas existé !

Sissi déprime et tombe gravement malade à plusieurs reprises, allant jusqu’à devoir s’exiler temporairement sous des cieux plus cléments pour recouvrer la santé : Madère, Corfou… Elle ne reparait plus que rarement à la cour. Sissi a la bougeotte, le goût du voyage et de l’ailleurs… Elle confie un jour à son fils que si elle devait s’établir au même endroit pour le restant de ses jours, « le séjour dans un paradis même lui paraîtrait l’enfer ». Elle ne revient à Vienne qu’épisodiquement, lui préférant Gödöllö, en Hongrie, pays où elle est adulée. Un amour qu’elle lui rend bien !

La visite des appartements de Sissi dans la Hofburg, au centre de Vienne, puis à Schönbrunn, illustrent bien le quotidien du couple impérial, la distance imposée entre eux par l’impératrice et l’amour incondonditionnel de son époux, prêt à tout pour la satisfaire. Sissi consacrait beaucoup de temps à sa beauté légendaire et à sa taille de guêpe ! Elle passait chaque jour deux à trois heures à faire peigner son abondante chevelure ; outre l’équitation où elle excellait, elle s’astreignait quotidiennement à des heures de gymnastiques pour entretenir sa musculature. Sa chambre était partiellement aménagée en salle de sport avec agrès, anneaux et barres parallèles. Elle a par ailleurs été la première à faire installer une salle de bain avec baignoire telle que nous les connaissons aujourd’hui.

Au Sissi Museum... La vraie Sissi!

Sissi cultivait sa beauté et sa minceur, comme une antidote au protocole impérial, tout en taquinant la muse : tout au long de sa vie, l’impératrice a produit de nombreux poèmes enflammés. Mais elle était aussi extrêmement cultivée et parlait de nombreuses langues, comme le grec ancien et moderne, l’anglais, le français, et bien sûr, en tant que reine de Hongrie, le hongrois.

On l’a dite anorexique, neurasthénique… Sissi donne surtout le sentiment de ne pas avoir été faite pour cette vie-là et d’avoir tout mis en œuvre pour sauvegarder sa propre authenticité et vivre selon ses aspirations profondes en dépit de l’hostilité générale à son encontre.

Le 10 septembre 1898, alors qu’elle séjourne sous le nom de comtesse de Hohenens à l’hôtel Beaurivage, à Genève, le voyage se termine tragiquement. Sissi est poignardée par un anarchiste italien qui n’avait d’autre idée en tête que de supprimer une tête couronnée, un acte d’éclat censé le consacrer pour la postérité. Son objectif est le duc d’Orléans, mais celui-ci ayant modifié son emploi du temps, il change de cible au dernier moment et se rabat sur la soi-disante comtesse. Le coup est si rapide, si précis, que Sissi ne réalise pas ce qui vient de se passer. Elle pense avoir reçu un coup de poing ; elle vacille et se redresse, parvenant même à monter à bord d’un bateau qui l’attend et ne tarde pas à appareiller, pour faire demi-tour lorsqu’elle perd brusquement connaissance et que sa dame de compagnie révèle sa véritable identité. De retour à l’hôtel, on découvre la blessure, infime, et pourtant meurtrière. Sissi a été touchée en plein cœur et s’éteint peu de temps après.

A sa mort, sa dernière fille, Marie Valérie, sa préférée, née en Hongrie et la seule enfant qu’elle ait pu élever elle-même, dira que sa mère est morte comme elle l’avait souhaité ; vite, et sans souffrir. Un peu comme si Sissi avait donné rendez-vous à son meurtrier pour l’aider à quitter une vie qui, depuis son mariage, ne fait que lui peser.

Sissi, la rebelle, l’insoumise, est enfin libre.

Frédérique

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commentaires

francine 26/02/2017 19:46

Ah! les "Sissi"au cinéma le moderne à clamart ...souvenir ,souvenir !
Un moment d'émerveillement et d"émotion pour les fillettes que nous étions .
Bises.

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