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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 15:18

Si je n’ignorais pas l’existence du peintre Hundertwasser et j’imagine d’ailleurs que vous connaissez au moins l’une de ses œuvres, celle intitulée « Irinaland Über

Dem Balkan », je

ne m’attendais pas à découvrir à Vienne une personnalité aussi foisonnante même si en préparant le voyage j’avais déliré sur la Hundertwasser Haus.

Né Friedrich Stowasser, c’est à l’âge de 21 ans que Hundertwasser naît à l’art et se choisit le nom qui l’a rendu célèbre. A cette époque il a déjà développé sa singularité et même s’il n’a suivi les cours de l’Académie d’Arts Plastiques de Vienne que 3 mois, son œuvre picturale montre qu’il a parfaitement intégré les règles académiques qui prévalent même s’il les utilisent pour mieux donner du relief à sa singularité.

 

Peintre mais aussi architecte, humaniste, écologiste … son œuvre est un feu d’artifice et témoigne que l’art est la vie ou mieux que la vie est un art !

 

 

 

 

 

 

A Vienne tout un quartier porte son empreinte : un groupe d’immeubles, la Hundertwasser Haus, le Hundertwasser Village et le musée appelé également KunstHaus Wien. Implanté dans une ancienne usine de meubles, pour rester fidèle à l’esprit de Hundertwasser qui voyait la ligne droite comme une prison « la ligne droite est sans Dieu », tout y est de guingois.

 

Le sol ondule, les lignes de fuite se rejoignent après quelques détours car dit-il :« Les hommes n’ont pas seulement des yeux pour voir ce qui est beau, des oreilles pour entendre ce qui est beau … L’homme a aussi une sensibilité tactile… Le promenoir au sol inégal devient une symphonie, une mélodie pour les pieds. On aimerait aller et venir sur un sol inégal pour se détendre et retrouver l’équilibre ». Tout a sa raison d’être, les portes et fenêtres ne sont pas calibrées, c’est voulu car elles sont nos yeux, une vision personnelle que chacun a de l’extérieur. Il y a de la couleur partout, c’est jubilatoire.

 

Hundertwasser concevait l’Art comme un langage devant être accessible à tous. Un lien entre la création de la nature et la créativité de l’homme. J’ai ressenti la KunstHaus Wien comme un bastion contre la dictature de la pensée unique et l’oeuvre d’Hundertwasser est un manifeste pour la liberté. Rebelle, sans doute, je le vois comme un homme engagé refusant les diktats, qui a toute sa vie tenté de vivre libre en harmonie avec la Nature. Une nature qu’il a cherché à préserver, la mettant au coeur de toute chose : « Il faut rendre à la Nature les territoires que l’homme a occupé illégalement ».

Écologiste avant l’heure, il avait ainsi conçu le prototype de la station d’épuration de l’eau par lagunage dont on peut voir au musée une maquette réalisée à partir de 3 bacs de plantes vertes disposés en gradins.

Il ne s’est pas contenté de peindre, il a rêvé différents types d’habitats en fonction de leur destinations.

Des habitats où l’homme et la nature pourraient s’équilibrer, se soigner comme cette résidence pour enfants malades à Essen en Allemagne. Son refus de la dictature des fenêtres, son désir de rendre à l’homme son humanité et à la Terre sa grandeur l’ont amené à concevoir de fascinants projets où l’arbre tient une place prépondérante « un arbre de plus, une chance de plus ».

L’« arbre locataire » comme il le nomme anime ce quartier de Vienne et est aussi très présent dans la symbolique architecturale de Hundertwasser qui lui a donné sous la forme de la colonne, une place de choix.

Son art est optimiste, jouissif et comme nous avons découvert que nombreux de ses projets présentés au musée sous forme de maquettes de travail ont été bel et bien été réalisés, nous sommes reparties avec en tête un nouveau voyage pour cet été, découvrir en Styrie et Carinthie le village thermal de Bad Blümau et Bärnbach, entre autre. Un belle excuse pour aller découvrir enfin la terre de nos ancêtres maternels, les Dampfhoffer d’Hainersdorf près de Graz !

En tout cas nous étions bien fringantes en quittant le musée, rien à voir à l’abattement qui nous a saisi au Kunsthistorische Museum quand, arrivées au terme de notre visite, nous avons aperçus des murs couverts sur 3 niveaux de descentes de Croix, Vierges éplorées, bobines de têtes couronnées. C’était juste insupportable ! Heureusement que nous nous étions régalées avant d’une collection exceptionnelle de tableaux de Bruegel !

Pour finir une petite phrase de Hundertwasser qui me parle bien :

« Si quelqu’un rêve seul, ce n’est qu’un rêve. Si plusieurs personnes rêvent ensemble, c’est le début d’une réalité ».

Do

 

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commentaires

michèle 07/02/2017 08:48

génial ! ça fait plaisir à voir, nos urbanistes devraient s'en inspirer ça rendrait certains coins plus attractifs je crois
et j'adhère à sa belle phrase sur le rêve qui prend tout son sens aujourd'hui !!!

Do Fredo 07/02/2017 09:05

Rêvons !

un témoin en Guyane 06/02/2017 18:49

Superbe ! scotchant ! et fascinant...

Do Fredo 07/02/2017 09:04

Dommage que l'on soit un certain nombre à ne plus rêver ensemble !

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