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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 18:03

A Vienne, il y les incontournables : l’apfelstrudel (dégusté dès le premier jour, mais nous connaissions déjà), le café Hawelka (une halte revigorante le second jour, avec la chaleureuse poignée de main du patron), la Sachertorte de chez Sacher (là franchement, il n’y a pas de quoi… Vous m’avez comprise !), Demel (où nous nous sommes contentées de faire quelques photos du cadre rococo à souhait, car, comme dit Stéphane Bern, en parlant des gâteaux, « ils ont l’air plus beaux que bon ». Trop chargés. Comme les églises), Mozart (il est partout), Sissi (une rebelle, ça me plaît), le fameux « baiser » de Klimt, Gustav pour les intimes, et… l’école d’équitation dite « l’Ecole Espagnole ». Die Spanische Hofreitschule. Ya !

Ne voulant rien rater, nous y sommes allées.

Le manège d’hiver, où ont lieu les représentations et les entraînements, est situé à proximité de la Hofburg, palais impérial des Habsburg, au centre de Vienne. Ce magnifique bâtiment de 55 mètres de long sur 18 de large, haut de 17 mètres, a été construit entre 1729 et 1735. Peinture blanche, statues monumentales, dorures et colonnades en constituent le décor. Sans oublier le portrait de l’empereur Charles VI, situé dans la loge impériale.

A l’école espagnole, tous les chevaux sont des lipizzans, une race d’origine espagnole dont la particularité est de naître avec une robe brune, virant progressivement au gris, pour devenir parfaitement blanche aux alentour de huit ans. Aujourd’hui, ils sont élevés en Styrie, la province autrichienne la plus méridionale, dont nous sommes originaires nous aussi, du côté de notre mère, soit dit en passant. C’est sûrement là qu’ils doivent vivre leurs plus belles années…

L’Ecole Espagnole de Vienne est aujourd’hui la plus ancienne école d’équitation au monde. La foule se bouscule chaque matin pour assister, aux entraînements des lipizzans. Rien de bien spectaculaire pourtant, dans ces démonstrations qui mettent surtout en évidence la parfaite maîtrise des cavaliers sur leurs montures. Les cavaliers, dont une cavalière (les femmes sont acceptées depuis 2008), portant redingote et bicorne, entrent successivement, saluent en se découvrant (je croyais qu’il saluait le public, mais non, il est de coutume de se découvrir devant le portrait de l’empereur évoqué plus haut ! Naïve que je suis…) et enchaînent les allures, les voltes et demi-voltes, au pas, au trot et au galop. Tout est très contenu, bien rôdé, sans aucun écart, jamais, même si les chevaux manifestent parfois leur mécontentement en couchant les oreilles, fouettant de la queue ou en soufflant fort par les naseaux. Chacun enchaîne les figures et les allures à son rythme. Lorsque le cheval a bien travaillé, après une petite récompense, il a le droit de se détendre un peu, rênes longues, avant de retourner à l’écurie.

A vrai dire, c’est beau, mais c’est un peu ennuyeux. On aimerait les voir se défouler un peu, ces magnifiques chevaux. En ont-ils parfois l’occasion, hormis les deux mois d’été qu’ils passent à la campagne ? C’est qu’il n’y a pas beaucoup d’espaces verts autour de la Hofburg. Dur dur, d’être un lipizzan à Vienne !

Contre toute attente, l’émotion n’est pas au rendez-vous. Au contraire, une certaine gêne s’insinue et ne fait que s’accentuer au fil des minutes, atteignant son paroxysme lorsqu’un cheval non monté fait son entrée, la queue saucissonnée comme un cheval de hockey, encadré par deux cavaliers à pieds. Quelques pas de danse et hop ! On le détache pour le ramener à l’écurie. C’est quoi, ça ? Du cirque ? J’ai le sentiment qu’il se sent un peu ridicule… Et je compatis.

Nous ne resterons pas les deux heures prévues. D’abord parce que la démonstration est assez monotone, ensuite parce que la vue de ces chevaux soumis à l’excès par leur cavalier, encolure fléchie à l’extrême, (une position de dressage équestre (la Rollkür) aujourd’hui fortement décriée, potentiellement douloureuse pour l’animal et de plus en plus assimilée par des spécialistes à de la maltraitance) nous indispose. Pour tout dire, on voudrait les voir se rebeller un peu, quoi.

J’aime les chevaux. Ils me fascinent depuis toujours. La vue d’un cheval au galop, je l’avoue, m’émeut toujours profondément, surtout dans un cadre naturel. J’éprouve toujours un immense plaisir à suivre leurs évolutions qu’ils soient libres ou montés, mais là, je ne ressens rien sinon une vague révolte devant cette démonstration de domination de l’animal par l’homme.

Comme nous voilà loin de l’équitation naturelle, sans fers et sans mors, qui fort heureusement recueille de plus en plus d’adeptes !

A l’origine, les mouvements de Haute Ecole avaient pour but de renforcer la musculature des chevaux destinés au combat. Elle n’a donc plus aucune utilité aujourd’hui. C’est un beau spectacle, diront certains. Oui, mais à quel prix ?

Nous avons décidément encore bien des progrès à faire sur le chemin du respect de la condition animale.

La Haute Ecole ne m’avait jamais attirée (pas pour en faire car, de toute façon, je n’ai jamais eu le niveau, mais pour regarder), aujourd’hui, je peux le dire : je ne suis pas d’accord avec ça, DU TOUT !

Frédérique

 

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commentaires

chantal 06/02/2017 21:16

Vous avez raison de faire connaître votre révolte. Quoi de plus beau qu'un animal en liberté que ce soit un cheval, un chien ou l'un de ces pauvres animaux qui survivent tant bien que mal, (surtout mal d'ailleurs), dans les zoos.

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