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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 15:28

L’indépendant du 05/05/2017

Edito

En ce dimanche, l’isoloir aura, comme jamais sous la Vème République, l’ambiance d’un cabinet de réflexion. L’Histoire propose un rendez-vous avec soi-même, dans le miroir de sa conscience, en quête de (sa) vérité, dans le secret d’un véritable choix de société. Celle proposée par Emmanuel Macron et celle opposée par Marine Le Pen ne comptent aucun dénominateur commun, donnant un tel relief au scrutin qu’il semble impossible de ne pas en cerner les divergences, situer les dangers, pour finalement s’en détourner. C’est pourtant l’attitude que de nombreux dépositaires d’une carte électorale envisagent d’adopter au moment de choisir entre deux mondes, dont il ne peut plus être dit qu’on n’en connaît ni ne comprend les contours et les desseins.

Une des clés de cette présidentielle réside dans sa complexité au regard de ceux qui plaçaient leurs espoirs en d’autres candidats de rupture, ayant perdu leurs repères… Le parti de la colère populaire a grandi mais n’est pas qualité. Le second tour constitue un seuil vers deux horizons que tout oppose. La fin d’un système… Le « dégagisme », auquel certains accordaient leurs récents slogans de campagne, a si bien fonctionné que le second tour pose une équation nouvelle dans laquelle, de prime abord, nombreux ne se reconnaissent pas. Pourtant, à y regarder de près, l’enjeu dépasse clairement l’unique enjeu de personnalité ou la basique adhésion à une architecture de programme.

Maintenant, il s’agit de fixer l’Histoire dans les yeux pour se convaincre que ne pas voter dimanche laisse à d’autres la capacité d’engager la société sur un chemin auquel on a toujours tourné le dos. La France se retrouve face à un Y dont la nature ne peut souffrir de distance tant l’orientation sera totalement différente selon Elle ou selon Lui. Tout le monde est averti et au révélateur du débat télévisé, la posture d’un chef d’Etat n’est apparue que dans un camp.

Soyons capables de dépasser le raisonnement personnel, surtout quand il est père d’indécision, pour hisser la réflexion sur la portée insoupçonnée de chaque bulletin quand le destin de la Nation est engagé à ce point.

Soyons capables d’imaginer le péril d’un chaos si plus de quarante millions d’autres citoyens se drapaient de fatalisme, s’engluaient de découragement ou se sclérosaient de résignation. Or d’un chaos tout peut sortir, jusqu’à plonger la République dans un courant totalitaire et la noyer dans les affres d’options liberticides.

Soyons capables aussi du devoir de mémoire afin de soutenir la ligne de pensée de tous ces êtres tombés pour cette Liberté tant chérie, élément non négociable de la démocratie garante du droit rendu au peuple d’élire sa gouvernance. Exercice qu’il convient de placer au-delà de ses réticences ou de sa colère, fussent-elles à fermer les yeux sur l’enjeu sociétal du second tour. Il suffit de taper « Mai 1945 » sur Google en cas de doute…

Soyons capables également de museler les sirènes de l’abstention en choisissant de respecter ce à quoi des femmes et des hommes, encore aujourd’hui à quelques heures d’avion, aspirent comme à un idéal ; celui de pouvoir disposer d’un des sésames essentiels à la liberté, le droit de vote, illustré par cette carte tricolore sur laquelle on peut lire comme une piqûre de rappel : « voter est un droit, c’est aussi un devoir civique ».

Soyons capable enfin, dans un éclair de lucidité, pour se forger l’idée que la pire politique serait de céder à la politique du pire, aux ingrédients de désintérêt, de négation, de repli, pire encore… d’un « ni ni » incarné aujourd’hui par ceux qui le condamnaient avec force et vigueur hier. Comme la même absence jugée coupable aux Etats-Unis d’avoir contribué à l’installation de Trump à la Maison Blanche…

En ce 7 mai donc, notre geste le plus fort et le plus partagé doit se porter sur une urne de la République, en connaissance de cause. Seul passeport pour, lundi, avoir droit au chapitre d’une Histoire à écrire. La nôtre. Celle qu’on choisit. Or s’abstenir n’est pas choisir. Surtout quand le Front National est au second tour…

Alain Baute

 

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