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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 18:29

Située dans la province de Gênes, dans le parc protégé de Portofino, l’Abbaye de San Fruttuoso se niche au fond d’une profonde crique. Paradis des plongeurs, une statue du Christ a été immergée dans la baie par 10 mètres de fond attirant en saison une foule de curieux.

Pour atteindre ce site d’une grande beauté, découvert en regardant le film « Un été italien », il n’y a pas 36 solutions, à pieds au départ de Portofino soit 2h30 de marche ou en bateau. En ce qui nous concerne nous avions choisi le bateau au départ de Rapallo, une manière séduisante de découvrir le Golfe du Tigullio et de filer directement jusqu’à l’Abbaye remettant la halte à Portofino à plus tard. Un choix dont nous ne pouvions que nous féliciter en découvrant la foule qui sur le coup de midi avait envahi les rues de ce village, le St Trop’ local.

San Fruttuoso de Capodimonte conserve les reliques du premier martyre chrétien en Hispanie, Saint Fructueux brûlé vif à Tarragone en 259 ap JC, une manière originale en ce qui nous concerne de poursuivre notre voyage entamé début avril en Catalogne et dont nous vous avons déjà narré quelques épisodes !

Au VIIème siècle, des moines grecs amenèrent ces reliques en Ligurie afin de les soustraire à la conquête musulmane. Très vite un petit monastère se développa atteignant une certaine renommée comme l’atteste un document daté de 977 mais c’est à Adélaïde de Bourgogne, une suissesse mariée à un Bourguignon !!! tiens !!! que l’on attribue la construction de l’Abbaye. Abandonnée puis remaniée, au XIIIème siècle la réputation de l’édifice rayonnait sur toute la région quand des guerres intestines politiques et religieuses, les incursions turques faillirent la faire disparaître. Devenue commanderie, l’Abbaye retrouva une énième jeunesse au XVIème siècle sous l’impulsion de Andréa Doria dont elle devint la propriété. Un peu mégalo, ce Doria (qui a laissé une empreinte très forte sur la côté Ligure, on ne compte pas les tours, châteaux lui appartenant), et récupéra les cendres de ses ancêtres réparties un peu partout dans la région pour installer une nécropole au sein de l’Abbaye.

Une Abbaye qui s’apparente un peu à une pièce montée !

Les niveaux s’empilent et se découvre en remontant le temps. Le tout forme un ensemble cohérent mais très ramassé sur lui-même, on trouve en un minimum d’espace un maximum de lieux de vie. Maîtriser le repérage temps-espace ne s’acquière pas aisément, il nous a fallu un certain temps pour découvrir l’église et le cloître primitifs la visite s’ouvrant sur les niveaux d’occupations les plus récents. C’est d’ailleurs le cas pour tout le site, le chemin d’accès à l’Abbaye, la tour et au village de pêcheurs traverse carrément un bistrot et un restaurant !

Si le cadre est absolument merveilleux et l’architecture remarquable, nous n’avons pas traîné à San Fruttuoso. Trop de monde ! Une grimpette à la tour défensive du XVIème, encore un coup d’Andréa Doria, et nous regagnions le bateau pour tenter une halte à Portofino, ne serait-ce que pour grignoter notre pique-nique, histoire de recharger les batteries !

Portofino est incontestablement un très beau village, haut en couleurs, tout pourrait être un enchantement pour la vue, s’il était possible de mettre un pied devant l’autre sans se le faire écrabouiller. En fait, contre toute attente c’est la petite ville de Rapallo que j’aurai préférée. Nous n’y avons pas trouvé les « rombières » peroxydées dont parlait le Routard mais nous avons eu la chance d’arpenter le tapis rouge qui relie Rapallo à Santa Margherita, une version italienne de Cannes, et surtout de traîner dans un dédale de petites ruelles très authentiques et pleines de charme.

Inauguré la veille de notre venue à Rapallo, ce tapis rouge, le plus long du monde paraît-il !, se déploie sur 8,5 kilomètres, démarre au château de Rapallo, emprunte le « Chemin des baisers » et peut être poursuivi jusqu’à Portofino.

D’ailleurs, si j’ai un conseil à vous donner, que vous aimez marcher, préférez cette manière de découverte le Golfe du Tigullio, vous échapperez aux « gros affreux sans-gêne » qui sans vergogne occupent tout l’espace dans les bateaux, plein de morgue et d’arrogance. Des touristes indélicats qui à deux reprises nous ont fait regretter d’avoir en commun la même nationalité !

 

C’est fou ce que bien souvent le français à l’étranger se fait remarquer et pas à son avantage !

Do

 

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