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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 14:16

Nommer quoi que ce soit répond à un besoin clair, faciliter l’identification.

Nommer une région doit donc permettre de situer cette région sur l’hexagone et d’en cerner les caractéristiques essentielles.

Or si vous recherchez des renseignements sur l’« Occitanie », vous constaterez que cette partie de la France Romane dont la particularisme s’est forgé autour de la langue d’Oc, n’a jamais inclus ce qui correspond au département des Pyrénées Orientales identifié sous l’appellation Roussillon au moment où il fut cédé à la France lors du traîté des Pyrénées en 1659.

Autant dire que jusqu’à cette date le Roussillon n’a jamais rien eu de commun avec l’Occitanie, faisant partie à part entière de la Catalogne !

Carte de l'Occitanie, les PO n'y figurent pas !
Carte de l'Occitanie, les PO n'y figurent pas !

Que la vérité historique se reflète dans le nom de la région est donc une nécessité et arguer du fait que la voix démocratique s’est exprimée pour nommer la nouvelle région est une stupidité. La proportion d’occitans étant majoritaire, on ne pouvait s’attendre à autre chose. Encore que ! Le bon sens aurait pu prévaloir.

Nous observons avec un œil critique, depuis quelques mois le combat pour l’indépendance des catalans du Sud et les velléités d’une minorité de catalans du Nord décidés à faire sécession. Est-ce raisonnable ? Nous avions été interloquées en constatant que les catalans du Sud avaient envisagé participer au vote pour la détermination du nom de la nouvelle région, cela n’avait pas de sens.

Pourquoi est-ce donc si difficile de faire simple, juste ?

En tout cas, si l’on avait voulu jeter les catalans du Nord dans les bras de ceux du Sud, on n’aurait pas pu faire mieux que de choisir de ce nom d’Occitanie.

Mais peut-être ont-ils voulu cela pour nous mettre à la porte de la région ?

Ou alors envisage t’on de nous donner un statut identique à celui de la Corse ? On peut rêver !

Occitanie, NON

Si nous ne nous sommes pas exprimées sur le nom que nous voulions pour cette région c’est parce qu’ayant tenté de voter à plusieurs reprises, cela s’est révélé impossible les connections étant saturées les trois quart du temps. Parano ? Peut-être était-ce voulu ! Mais, nous qui sommes parisiennes aux multiples origines, nous avons choisi de venir vivre en Roussillon, pas en Occitanie ! Et cela a été une évidence qui nous a pris aux tripes lorsque nous avons reçu le nouveau canard chargé de faire la promotion des atouts de la nouvelle région. J’ai eu envie de le renvoyer à son expéditeur, finalement il avait fini à la poubelle d’où nous l’avons repêché tout à l’heure après avoir vu que des contestataires préconisaient de renvoyer tous nos exemplaires à madame Delga ! (adresse en fin d'article)

Voilà, c’est fait ! Occitanie, c’est cuit !

Vive Occitanie-Pays Catalan !

Et puis au cas où la catalogne du Nord se rallierait à la Catalogne du Sud, nous avons décidé de nous mettre au Catalan. Nous nous sommes équipées et la motivation est là !

Réagissons tant qu’il est temps, tant qu’il nous reste encore quelque espace de liberté parce que là aussi il y a de quoi s’angoisser !

Do

*Madame Carole Delga

Hôtel de la région

22 bd du Maréchal Juin

31400 TOULOUSE

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 16:42

Au cas ou vous ne seriez pas au courant le professeur Joyeux devrait être radié de l'ordre des médecins à la fin de l'année civile en cours.

Quand les lobbies pharmaceutiques, les affairistes sont aux commandes, vous pouvez bien avoir sauvé d'innombrables vies, rien ne compte !

Mensonges, calomnies, tout est bon.

Voici donc un lien permettant d'avoir accès à la dernière lettre du professeur Joyeux.

Ne la loupez pas, elle contient en plus une foule d'informations dont nous pouvons tous tirer profit !

Bonne lecture

https://sansapriori.net/2016/07/14/959-la-lettre-du-professeur-joyeux-du-14-juillet-2016/

Do

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 16:23

Il y a une bonne vingtaine d’années, alors que nous séjournions en Alsace, j’avais été amenée à consulter un médecin pour des piqûres de tiques sur les conseils d’un pharmacien qui s’était refusé à me donner un quelconque désinfectant au motif que les tiques véhiculaient, je le cite : « une maladie invalidante peu reconnue par le corps médical français ».

J’étais sortie de la consultation avec un traitement antibiotiques, préventif, de 15 jours et des précisions sur cette affection dont je n’avais jamais entendu parler mais qui était prise très au sérieux en Alsace et plus spécialement outre Rhin où les tiques proliféraient.

Le médecin qui m’avait reçue à l’époque avait fait preuve de qualités pédagogiques certaines, dispensant ses informations sous forme de dessins très évocateurs.

Si le signe avant coureur de la maladie de Lyme est théoriquement une rougeur circulaire qui se développe autour du point de piqûre, ce symptôme passe généralement totalement inaperçu. En premier lieu parce que l’inflammation ne se manifeste pas immédiatement (parfois même au-delà du délai de 30 jours généralement admis par le corps médical), on a le temps d’oublier, ensuite parce que, les zones les plus exposées étant les membres, le cercle inflammatoire est si éloigné de la morsure qu’il a juste l’aspect d’une banale traînée rougeâtre !

De retour à Perpignan, la généraliste qui me suivait avait jugé la prise d’antibiotiques inutile, tout au plus l’avais-je amusée avec mes explications.

A l’époque, il est évident qu’elle ignorait tout du sujet.

Où sont les tiques ?
Où sont les tiques ?

Ce qui est affligeant, c’est que 25 ans plus tard, les choses n’ont pas changé.

La maladie de Lyme est toujours aussi mal diagnostiquée, la prise en charge des malades est un vrai parcours du combattant et la prévention est totalement nulle, pour preuve les faits suivants.

Pour une idée plus précise de ce que vivent les malades infectés par cette sale bestiole, 2 clics :http://lejour-et-lanuit.over-blog.com/2016/07/lyme-le-cri-d-alarme-de-100-medecins.html

http://lejour-et-lanuit.over-blog.com/2016/06/ma-vie-brisee-par-une-tique-emission-mise-au-point.html

Il y a environ 2 mois, un ami, fan d’escalade, a été piqué par des tiques, plusieurs morsures sur des zones exposées. Averties, nous lui avons conseillé d’aller consulter un médecin pour avoir un traitement antibiotiques préventif. C’était un dimanche, il s’est rendu au service des urgences de l’Hôpital Percy à Clamart. Percy est une unité médicale traitant toutes les pathologies et même si leur grande spécialité reste l’accueil et les soins aux grands brûlés, ils sont pointus dans tous les domaines, hématologie, neurologie etc.

Il n’en est pas moins vrai que ce jeune est ressorti de la consultation sans aucun traitement, « on ne fait pas de prévention ! » lui a t’on dit !

Voilà, alors que l’on diagnostique très mal la maladie de Lyme, que l’on ne sait pas vraiment la soigner, on continue de vous ressortir les mêmes conseils, qui ne servent à rien et l’on se refuse à anticiper sur les faits en prescrivant des antibiotiques (que l’on met par ailleurs à toutes les sauces).

Maladie de Lyme, à quand la prévention ?

Soit !

Si par malheur pour vous, vous vous faîtes piquer par des tiques et qu’aucun médecin ne veut vous prescrire d’antibios, voilà de quoi vous préserver d’éventuelles et funestes conséquences.

Appliquer dans un premier temps une goutte de Tea Tree sur la piqûre et renouveler l’application. Ensuite prendre une capsule matin, midi et soir d’Oléocaps n° 1 pendant 7 jours, cette médication contient des composants dont de l’huile essentielle d’origan. L'HE d’Origan (goût plutôt désagréable en bouche) contient des phénols et du Thymol, composés chimiques intervenant dans la lutte contres les principes infectieux et boostant les défenses immunitaires de l’organisme.

Surveillez ensuite de très près vos piqûres !

Dernier conseil, lorsque vous allez en forêt, que la zone soit infectée ou non par les tiques mettez au sommet du crâne une à deux gouttes de HE Tea Tree (ou sur un chapeau). Vous pouvez aussi vous faire une lotion répulsive en préparant le mélange suivant : 2 doigts d’alcool dénaturée, 5 gouttes de HE Tea Tree, 5 gouttes de Lavandin, agitez et compléter avec de l’eau. En vaporiser sur votre chien est même une bonne idée !

Enfin, évitez les hautes herbes et de vous faufiler sous les frondaisons, portez des vêtements couvrant et inspectez-vous de la tête au pieds en rentrant !

A bon entendeur !

Do

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 13:06
Le secret, Rhonda Byrne

Tous les « coachs » de vie, tous les ouvrages de développement personnel le scandent sur tous les tons : les pensées positives attirent les évènements positifs. C’est le principe de la loi d’attraction.

Les pensées ont une fréquence. Toutes les pensées envoyées dans l’univers attirent des évènements ayant la même fréquence. Voilà pourquoi, il est important de ne pas se concentrer sur ce que l’on ne veut pas, mais au contraire, sur ce que l’on veut. Visualiser ce que l’on désire, imaginer que c’est arrivé, éprouver en soi la joie et le bien-être de l’avoir obtenu, est le meilleur moyen d’être exaucé. A l’inverse, se focaliser sur ce qui ne va pas, ne peut qu’aggraver les choses.

Il est donc urgent de penser positif.

Facile à dire.

Certes.

Cela demande de l’entrainement, des rituels… comme par exemple, le matin, avant même de se lever, créez la journée que vous avez envie de vivre et réjouissez-vous d’avance ; puis tous les soirs, même quand cela ne va pas, quand le moral est en berne, et surtout dans ces moments là, cherchez un ou deux points positifs, et félicitez-vous en.

Puis remerciez.

Remercier qui ?

Qui vous voulez.

L’Univers, la Vie, Dieu. Peu importe, remerciez.

Dans ces conditions, on comprend bien que les messages négatifs dont la société actuelle nous submergent par le biais des médias ne peuvent pas nous aider, au contraire. Maladies, guerres, attentats nous submergent, nous maintiennent dans la peur et le stress. Que faisons-nous face à cela ? Nous vivons tous ces drames dans notre âme, si ce n’est dans notre chair, et dans un état d’impuissance absolue ; nous ruminons, nous commémorons, nous nous recueillons, nous honorons… Dépôt de gerbes, minutes de silence, deuil nationaux, état d’urgence… Ces évènements inspirent les artistes, écrivains, cinéastes, qui vont jusqu’à créer des scénarios encore plus noirs que ce qui se passe dans la vraie vie. Si c’est possible. Mais tout est possible, dans l’imaginaire.

Et voilà où je voulais en venir : au film, « Bastille Day », retiré de l’affiche sitôt sorti. La fiction a devancé la réalité. N’est-ce pas là une parfaite illustration de la loi d’attraction : ils l’ont imaginé ; c’est arrivé.

J’en entends déjà dire (je l’entends souvent) : oui, mais il faut bien s’informer, et puis c’est facile, quand on n’a pas de problème de penser positif. On n’est pas chez Mickey, quand-même !

Non, ce n’est pas facile, et tout le monde a des problèmes. S’informer ne veut pas dire absorber comme une éponge toute la misère du monde. Il faut s’entraîner à traquer le positif et à le mettre en valeur. Et arrêter de plomber le monde avec des pensées noires, des livres noirs, des films noirs… Arrêter de les créer ; et à défaut, de les regarder, de les lire. D’ailleurs, Johnny Hallyday le chantait déjà en 1966 : « Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir ! ».

Fredo

Sur le sujet : un film à voir… et un livre à lire : le secret, de Rhonda Byrne.

https://www.youtube.com/watch?v=HLLHrYHzCG4

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 11:58

Victor Hugo, par Auguste Rodin, musée Rodin, Paris

« Je ne suis pas de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et affirment qu’on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social, comme la lèpre est une maladie du corps humain, la misère peut disparaître, comme la lèpre a disparu. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse, car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas fait, le devoir n’est pas rempli ».

Victor Hugo.

Sans commentaire. Fredo

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 12:56
Roncal
Roncal

La France n’est maintenant plus très loin et le radieux soleil nous invite à la rêverie. Nous envisageons quelques randos à mettre au programme des jours à venir au Pays Basque. Nous avons un temps envisagé de filer sur Pampelune par la Foz de Binies où une belle marche nous tentait jusqu’à ce que l’on nous en dissuade fermement.

« Una carretera que es une preciosidad pero muy peligrosa ».

Vale !

Si c’est dangereux, on n’insiste pas, nous découvrirons cette merveille par un autre itinéraire une autre fois ! Nous prenons le chemin du retour, via Roncal où nous faisons une première halte.

Aragon-Navarre, jour 10, El Ultimo !

Gros bourg de montagne, la météo fait mentir le guide. Pas de brume ou de brouillard, la beauté du coin n’a rien de mélancolique ou d’austère. Nous repérons tout de suite les énormes cheminées rondes coiffées d’un toit rappelant les espantabrujas aragonaises. Ville natale du célèbre ténor Julian Gayarre, (totalement inconnu de nous, et vous ?) après en avoir découvert les points d’intérêt nous finissons au cimetière pour découvrir le mausolée du chanteur érigé à la fin du XIXe siècle. Le moins que l’on puisse dire est que le sculpteur s’est « lâché ». Le Bernin n’aurait pas fait mieux. La « Musique » y est figurée inconsolable par la mort du chanteur que pleurent Harmonie et Mélodie pendant que le génie du Renom étend ses ailes sur le cercueil !

Mausolée de Julain Gayarre
Mausolée de Julain Gayarre

Bigre ! Nous en restons baba, on s’interroge aussi sur cette curieuse représentation de Jésus trouvée sur une tombe « ordinaire » ! Lui aussi semble ébranlé !

Aragon-Navarre, jour 10, El Ultimo !

Nous reprenons la route pour Isaba, village qui se révèle très sympa.

Roncal, bis.

Cela monte, descend, il faut regarder où l’on met les pieds car le sol en galets bien que d’un bel effet est périlleux. Certes nous commençons à en avoir la pratique mais le moindre écart est douloureusement sanctionné.

Ochogavia, un des ponts
Ochogavia, un des ponts

Nous avons beau retarder l’échéance la frontière approche, Ochagavia sera notre ultime halte ibérique et notre belle salle à manger ! Il paraît que l’église est belle, bon ! Nous nous arrêtons plutôt pour admirer les intérieurs des halls d’entrée des demeures. Toutes les portes sont entre-ouvertes, les sols de galets cirés donnent l’illusion de tapis et accueillent des décors rustiques parfois cossus, signes extérieurs de richesse ?!

Entrée particulière
Entrée particulière

Nous remarquons aussi una estacion patatera et il me revient avoir lu que dans ces villages de montagne, les récoltes étaient ainsi mises à l’abri, collectivement !

Estacion patatera
Estacion patatera

Nous allons regagner le fourgon quand un objet incongru attire notre attention !

Oeuvre d'Art !
Oeuvre d'Art !

Un gros ballon orangé se balance au gré du courant du rio Salazar, est-ce un clin d’œil à l’Euro de foot ? Nous en doutons toutefois car partout où nous sommes passées l’Euro ne semblait pas marquer les esprits. Pas l’ombre d’une « Fanzone », pas de retransmission dans les bistrots, pourquoi ce ballon ? Pour surveiller le niveau de l’eau ? En cas d’inondation ne va t’il pas se coincer sous une arche et faire bouchon ?

Nous rodons à la recherche d’une explication quand nous avisons un affichage. Bingo !

Ce ballon est une œuvre d’art ! Nous devons cette intervention artistique à Albert Gusi … ainsi lit-on : "L’artiste a placé ce ballon géant de plage pour stimuler notre imagination et notre perception de l’environnement … sa taille est conçu pour en interdire l’escalade, le déplacement y compris le passage sous les ponts !"

La France n'est plus loin
La France n'est plus loin

Reparties sans avoir poussé jusqu’à la Musquilda, un promontoire qui a accueille un lieu de pèlerinage nous filons vers la frontière et tous nos espoirs de découverte du Pays Basque sous le soleil s’envole.

Notre chemin de la scierie !
Notre chemin de la scierie !

Sous la pluie, dans les nuages nous nous demandons un bon moment où est la frontière.

Si état d’urgence il y a, toutes les forces de l’ordre doivent être concentrées sur les stades.

Pas de douanier, de contrôle policier, même pas de panneaux indiquant que nous sommes en territoire français mais juste un indice, ça saute, ça cahote, c’est plein de trous. On se croirait chemin de la scierie !

Nous sommes en France !

Evidemment c'était il y a maintenant quelques 3 semaines, sans nul doute tout est-il bouclé aujourd'hui ! Do

Et un grand merci à Jean Paul Dugene dont le blog a constitué pour nous une mine inépuisable de renseignements pour préparer notre découverte!

http://www.jpdugene.com/index.html

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 15:53

Et voilà, ce matin, le fourgon grognon ne veut rien savoir ! Il fait pourtant bon, aucun excès de chaleur ; il n’a pas roulé hier… Il devrait démarrer au quart de tour ! Mais non. Il n’y a pas à dire, la situation se dégrade. Claude et Michèle vont-ils devoir renoncer à ce dernier jour de balade ? Certes, nous pouvons faire comme la veille et nous rendre tous les quatre à bord du Ptibus pour la dernière visite, mais tout le monde est bien conscient que c’est reculer pour mieux sauter. Claude enchaîne les tentatives infructueuses, et c’est finalement Dominique, après avoir visualisé le rayon « Cristal Diamant » (oui !) sur le moteur malade, qui réussit à le faire démarrer. Il ne reste plus qu’une solution : rentrer en France par l’itinéraire le plus rapide, c'est-à-dire sensiblement celui de l’aller, d’une traite, et sans couper le moteur. Cela risque d’être galère, mais il n’y a pas le choix.

Nos routes se séparent donc. Nous, nous continuons encore un peu, car nous comptons passer la frontière du côté du Pays Basque. Passées le moment des embrassades, chacun saute dans son fourgon et nous roulons de conserve jusqu’à l’autovia Pampelune, Huesca… On sort les mouchoirs… A bientôt !!! On recommencera, c’était chouette…

Foz de Lumbier
Foz de Lumbier

Tandis que Claude et Michèle entame le retour infernal vers Lapalme, nous gagnons le village de Lumbier, pour découvrir la Foz de Lumbier, une gorge spectaculaire du rio Irati. L’accès se trouve à environ deux kilomètres du village ; un parking payant marque le début de la réserve naturelle. Ensuite, la découverte se fait obligatoirement à pieds et est accessible aux poussettes et aux fauteuils roulant sur la partie basse. Il est possible d’effectuer une boucle de 5,5 kms, en revenant par le haut des falaises. Nous, en ce qui nous concerne, nous n’avons pas sorti les chaussures de marche et nous préférons nous contenter du petit parcours : 2,6 km.

Aliens...
Aliens...

Le défilé des gorges est long de 1,3 kilomètre ; le sentier emprunte une ancienne voie ferrée, et est particulièrement aisé, si ce n’est la traversée de deux tunnels. Pas de problème à l’aller ; le parcours est ombragé par la falaise et nous conservons une certaine visibilité dans le noir. Au retour, c’est une autre histoire : nous passons sans transition du grand soleil à l’obscurité totale, complètement aveuglées. Heureusement que Dominique a sa lampe de poche !

La ligne de chemin de fer qui longe le cours du Rio Irati, fut la première ligne électrifiée transportant des passagers d’Espagne. Entre 1911 et 1955, elle reliait Pampelune, Aoiz et Sangüesa, sur un parcours de 58 kilomètres. Aujourd’hui, c’est 6 kilomètres de voie verte qui occupent ce parcours spectaculaire.

bruitres en sentinelles
bruitres en sentinelles

Aucun dénivelé, un sol bien nivelé, toutes les conditions sont réunies pour profiter pleinement du ballet incessant des maîtres des lieux : Bruitres (Percnoptères d’Egypte) et vautours. Ils sont incroyablement nombreux, encore plus que sur le site des Mallos et nous mitraillons tous azimuts. On peut en observer en vol, dans les nids, à flancs de falaises, perchés au sommet, piquant un petit roupillon… Il y en a partout, partout. Des gros et aussi des plus petits : pinsons, choucas et martinets noirs. On peut aussi, parait-il, y observer le mythique gypaëte barbu (il n’y a pas qu’eux, nous aussi, on en a, dans la réserve de Jujols, d’abord…), mais notre œil n’est pas assez exercé pour les reconnaître en vol. Nous sommes fascinées et en oublions presque d’admirer le paysage, somptueux, les hautes falaises de calcaire entre lesquelles rugissent les eaux incroyablement émeraudes de la rivière.

Pont médiéval à Burgui
Pont médiéval à Burgui

Arrivées au bout du défilé, nous faisons une brève tentative pour aller admirer le Puente del diablo, vieux pont médiéval ruiné, mais le sol nous parait trop instable et nous y renonçons. Il aurait fallu prévoir les chaussures de marche. Tant pis. Nous revenons sur nos pas et récupérons le Ptibus pour revenir à Lumbier où subsiste un autre pont, en parfait état, celui-là. Nous ne visiterons pas le village. D’autres sont prévus.

Nous reprenons la route vers Navascues, puis Burgui, où nous faisons halte pour nous restaurer. Nous sommes toujours en Navarre, mais à la limite de l’Aragon. Ici, les villages rappellent un peu ceux du pays basque : les maisons sont blanches, majoritairement et abondamment fleuries. Les noms sont écrits dans deux langues, castillan et une autre, aussi bizarre que le basque ; c’est peut-être ça ?

Après manger, nous faisons quelques pas dans le village. Comme dans tous les autres, les ruelles sont couvertes de pavés allongés où il vaut mieux s’abstenir de courir ou de porter des talons aiguilles. Là encore, on peut admirer un superbe pont médiéval. Décidément, il y en a partout.

Vue générale sur Anso
Vue générale sur Anso

Après cette halte, retour en Aragon pour gagner la vallée de Anso… Nous traversons Garde, joli village où nous ne nous arrêtons pas, mais nous pourrions ; il doit aussi en valoir le coup. Mais il faut bien faire un choix ; on ne peut pas tout voir la première fois ! La route de montagne est assez étroite et sinueuse. Nous franchissons un col, retrouvons l’Aragon (belle route en Navarre, plus étroite et endommagée en Aragon ! Mais c'est une exception car d'une façon générale, le réseau routier est excellent partout) et redescendons rapidement sur Anso où, pour l’instant nous ne faisons que passer. Juste un bref arrêt pour s’assurer que le camping est bien ouvert (il est désert). La réponse est positive ; nous allons revenir !

monastère de Siresa
monastère de Siresa

La route qui conduit de Anso à Hecho traverse une autre sierra, mais la route est plus large et plus facile ; nous franchissons un nouveau col, redescendons sur Hecho que nous traversons pour gagner directement Siresa, petit village qui s’enorgueillit de posséder un somptueux monastère.

Nous y arrivons un peu trop tôt ; le monastère est fermé et n’ouvre ses portes qu’à 16 heures. Qu’à cela ne tienne, nous nous baladons dans le village et nous nous installons à la terrasse d’un café pour boire un coup en attendant. L’ambiance est sympathique, mais la menthe est trop forte, limite buvable.

Il est 16 heures, et le monastère n’ouvre pas. Nous découvrons qu’en pareil cas, il faut aller sonner à un endroit précis, de l’autre côté du village (le soleil tape dur et la motivation est faible) ; et encore, il n’est pas certain qu’ils viennent ouvrir ! Le week-end, oui, mais en semaine, rien de moins sûr. Alors…

église de Anso
église de Anso

Nous décidons de repartir sans voir le monastère (il faut aussi avouer que, nous commençons à être en overdose d’églises) et regagnons Hecho où nous faisons quelques pas sans enthousiasme. Il ne nous reste plus qu’une chose à faire : revenir à Anso, qui nous a vraiment tapé dans l’œil, s’installer au camping et aller visiter le village.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous nous installons sur le terrain de camping, toujours aussi désert. Nous avons tout l’espace pour nous seules. L’ambiance est montagnarde et fleure bon les pins. Nous adoptons peu à peu le rythme espagnol : nous nous installons à l’ombre, en attendant que la chaleur tombe un peu et sur le coup de dix huit heures, nous partons à la découverte de Anso, très justement classé parmi les plus beaux villages d’Espagne.

Fontaine, à Anso
Fontaine, à Anso

Rues pavés, jolies maisons blanches généreusement fleuries, fontaines, plaza Mayor, et ambiance sympathique. Nous trouvons une petite épicerie pour nous ravitailler en eau… Une autre boutique vend des spécialités du coin : fromage de brebis et tarte au miel ; on achète ! Il faut goûter aux spécialités locales. Nous nous asseyons un moment sur la place, pour l’ambiance. On est vraiment bien ici. Ça donne envie de se poser.

Plaza Mayor Anso
Plaza Mayor Anso

C’est au cours de nos déambulations dans cet adorable village de montagne que nous parvient le SMS de Claude et Michèle : bien arrivés à Lapalme, un peu « nazes » (on s’en doute), mais entiers ! Michèle a dopé le chauffeur à coup de fruits secs. Un bon plan.

Nous sommes contentes pour eux. Nous retrouvons notre petit camping. Un peu plus tard, un couple d’espagnols vient s’installer, à bonne distance de nous. Nous sommes à une cinquantaine de kilomètres de la France, par le col de la Pierre Saint Martin, au dessus d’Oloron Sainte Marie. Mais nous ne sommes pas pressées d’y retourner.

Très sympa, ce coin. On y reviendra, tiens !

Fredo

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 17:13
Aragon-Navarre, édition spéciale, Huesc'Arts

Lorsque nous avons découvert Huesca, de prime abord nous fûmes déçus surtout par une absence de vie peu habituelle en ce pays. Le patrimoine bâti, selon l’expression consacrée, est beau, il est aisé de le découvrir en suivant un itinéraire matérialisé par des panneaux didactiques retraçant l’histoire de la ville et son évolution.

Ville romaine, place-forte musulmane, capitale de l’Aragon après la reconquête, la ville fut le théâtre de heurts sanglants en 1837 lors de la première guerre carliste (genre guerre de succession). Quasiment 100 ans plus tard, tombée sous le joug des troupes franquistes, elle fut de nouveau ensanglantée.

Aragon-Navarre, édition spéciale, Huesc'Arts

La fondation « Ramon y Katia Acin » tout en retraçant et préservant l’oeuvre de ces 2 artistes, s’est donnée pour but de rappeler aux générations actuelles la mémoire et les valeurs qui ont marqué les générations contemporaines de cette époque tourmentée.

Humaniste, pédagogue, Ramon Acin s’est battu pour défendre la liberté de penser, d’agir, « la mort de l’intelligence facilite l’esclavage » disait-il ! Développer raison et entendement, favoriser l’accès à la culture seule source de liberté pour « une classe laborieuse maltraitée » fit de lui l’homme à abattre !

caricatures de Ramon Acin
caricatures de Ramon Acin

En ce qui me concerne, j’ai assez vite trouvé un fil conducteur à cette visite de ville en découvrant sur un mur aveugle une gigantesque peinture murale.

L'Oeil Fratelli Moca
L'Oeil Fratelli Moca

Quelle symbolique y voir ? Je n’en sais guère plus aujourd’hui, il faudrait chercher !

Je suis juste en mesure de vous apprendre qu’elle est la réalisation d’un artiste de rue Fratelli Moca et s’inscrit dans le cadre d’un projet fédérateur voulu par la municipalité de la ville afin de revitaliser le centre historique de Huesca.

Le cœur historique a été divisé en secteurs, chaque secteur a fait l’objet d’études débouchant sur la mise en exergue d’une problématique : friches industrielles à réhabiliter, chantiers de restauration de bâtiments à envisager, espaces murales à habiller … si vous voulez voir ce que cela donne, clic !

https://youtu.be/GnGFvqUaUk0

Aragon-Navarre, édition spéciale, Huesc'Arts

Une association a vu le jour, Re-Gen, et fédère tous les acteurs de cette reconquête du centre ville. Voisins, entreprises, commerces, communauté gitane, écoles ... chacun participe et est informé via un site Web ouvert à tous, des actions en cours, des besoins en matériels, des idées ! Les initiatives sont collectives mais chacun peut donner à l'entreprise un cachet qui lui est personnel.

Belle dame, Bhurton
Belle dame, Bhurton

Ventes de T-Shirts, récupération, détournement d’objets, tout est bon pour recréer un cadre de vie inédit et que chacun peut s’approprier puisqu’il a œuvré à sa création.

Des artistes ont offert leur concours et certaines façades sont devenues leurs lieux d’expression transformant certaines artères en musée de plein air.

Bhurton, Girafe à sa fenêtre
Bhurton, Girafe à sa fenêtre

Il en est un qui m’a tapé dans l’œil, Edward Bhurton !

La femme à la fenêtre, La girafe …

Bhurton, que la lumière soit !
Bhurton, que la lumière soit !

… l’enfant à l’ampoule

C’est inventif, il y a de la profondeur, de la lumière et une maîtrise du geste phénoménale surtout si l’on sait qu’il peint à la bombe (300 sprays en moyenne pour un tableau) !

Aire de repos sur une ancienne friche
Aire de repos sur une ancienne friche

Voilà, finalement c’est facile de bouger !

Il faut juste se dire que c’est possible et cesser de procrastiner en se trouvant des tas de mauvaises raisons pour ne pas bouger. J’imagine bien que certains, parmi les inventeurs du concept, auraient pu se dire que d’autres qu’eux en récupéreraient le mérite (nous avons bien connu ça à propos d’une opération nettoyage que nous voulions voir démarrer sur le village) pourtant ils l’ont fait, la municipalité de Huesca les a soutenus, d’autres se sont engouffrés dans la brèche et ça marche !

D’autres chantiers sont en cours d’élaboration et nul doute que ce n’est pas près de finir !

Et si on copiait sur Huesca ?

Do

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 14:53
Sos Del Rey Catolico
Sos Del Rey Catolico

Nous partons ce matin avec un seul fourgon puisque nous revenons à Sangüesa ce soir. Premier arrêt, Sos Del Rey Catolico !

Nous traversons un paysage pelé puis prenant de l’altitude les pins, à crochets ?, font leur apparition. Derrière leur frondaison émerge à intervalles réguliers les pales d’un immense champ d’éoliennes. Depuis notre entrée en Espagne nous avons remarqué que les sites produisant de l’énergie verte et donc renouvelable sont très nombreux, éoliennes couronnant les crêtes montagneuses, fermes voltaïques dont les panneaux s’orientent en fonction de la course du soleil !

Aragon-Navarre, jour 8

Nous grimpons un col et tombons sur la Guardia Civile qui nous arrête, jette un œil dans le fourgon puis nous fait dégager d’un geste vif ! Ça ne rigole pas !

Sos Del Rey Catolico est une ville médiévale qui vit naître en ses murs, Ferdinand, le cher et tendre d’Isabelle la Catholique ! D’où le nom !

La ville a conservé une bonne partie de ses murailles et portes fortifiées, les monuments sont remarquablement entretenus. Beaucoup de cachet, c’est sans doute pour cette raison que de nombreux films y sont tournés d’ailleurs un peu partout au hasard de la visite des fauteuils de tournage en bronze, permettent aux touristes las de se reposer et de s’identifier à tel acteur dont une plaque immortalise la présence en ces lieux.

Aragon-Navarre, jour 8

Nous musardons au hasard des ruelles remarquant les très nombreux heurtoirs ornés de coquilles. A n’en pas douter nous sommes sur un itinéraire menant à Compostelle !

A la recherche du palais de Sarda où naquit Ferdinand, nous tombons sur l’ancien quartier juif. La ville est truffée de magnifiques bâtisses arborant des avant-toits monumentaux en bois sculpté, détail architectural qui semble présent partout en Navarre et décliné de la forme la plus simpliste à la plus sophistiquée.

Avant toit sculpté
Avant toit sculpté

Nous grimpons jusqu’à la terrasse du château après avoir réussi à visiter l’église, ce qui ne s’annonçait pas gagner.

Bien que dans les temps et tout indiquant qu’une visite est en cours, le portail est bouclé ! Décidés à tenter notre chance, nous patientons, laissons sortir un troupeau de français indisciplinés puis nous nous faufilons dans la crypte. Le curé que les précédents visiteurs semblent avoir exaspéré, nous suit pas à pas.

Nous allons nous montrer des touristes modèles !

La tension se relâche, il devient prolixe en explications, notre intérêt pour ce monument le comble tant et si bien qu’au moment de quitter les lieux, il gratifie les dames d’un « besito ». Voilà, nous avons redoré l’image du français, découvert les œuvres du grand sculpteur Maître Esteban, d’exceptionnelles peintures murales du XIIIe et un orgue magnifique !

Aragon-Navarre, jour 8

Une petite faim et une grande soif nous tenaillant, nous bouclons la visite. Nous quittons ce village vivant où à la faveur de quelques emplettes nous avons goûté une délicieuse spécialité chocolatée pour un village qui devrait nous ravir, si j’en crois le topo guide que j’ai tiré avant le départ !

Nous pique-niquons au bord de la route, sur un muret, seul point ombragé du coin avant de gagner Uncastillo.

Je serai brève, ce village ne casse pas 3 pattes à un canard. Certes tout indique que ce fut beau, mais tout semble à l’abandon mis à part l’église mais de ce côté là, nous commençons à être en overdose !

Donc, blogueur qui me lisez, si vos pas vous mènent un jour dans le coin, zappez Uncastillo et rejoignez sans tarder Sangüesa car là, il y a de quoi se régaler.

Sangüesa
Sangüesa

Point positif, la ville traversée par un fleuve est ceinturée de verdure et en calculant bien ses déambulations, notamment par rapport à la course du soleil, il est possible d’y vaquer sans griller, d’autant que tout y est à échelle humaine !

Outre ses nombreuses églises que nous avons évitées, il y a de magnifiques vieux palais, des porches imposants, un ancien château converti en école de musique et médiathèque qui sert de nichoir à des colonies de cigognes, comme bien d’autres édifices de la petite ville.

Aragon-Navarre, jour 8

Baroque, roman, gothique, tous les styles sont représentés mais la ville n’a rien d’un musée.

 Rosquillas ?
Rosquillas ?

La rue principale, très animée offre une multitude de cafés avec terrasses, pour choisir c’est affaire de feeling, des restaurants, une grande variété de commerces dont un où j’adore traîner, une quincaillerie ! Là encore pas de grandes surfaces en périphérie, juste de quoi se mettre au vert, stade, piscine … La casa de los ancianos, ça sonne mieux qu’EPAHD, est en ville, coincée entre l’école et le collège !

Aragon-Navarre, jour 8

Demain étant un autre jour, nous savourons à la fraîche le glouglou du fleuve Aragon tout proche sans trop s’arrêter au programme à venir. Prémonition ?

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 15:21
Santa cruz de la seros
Santa cruz de la seros

Septième jour, déjà…

Il semblerait que nous soyons vraiment passés en été.

Ce matin, nous quittons le camping pour gagner, à une vingtaine de kilomètres de Jaca, le beau village de Santa Cruz de la Seros, point de départ d’une randonnée qui va nous mener au monastère de San Juan de la Peňa.

Le village de Santa Cruz est un site touristique qui mérite bien sa renommée ; il présente un bel ensemble architectural hérissé de superbes cheminées aragonaises (les "espanta brujas" ou chasse-sorcières), et doté d’un bel édifice religieux de style roman, l’église Santa Maria. Mais nous visiterons au retour, car pour l’heure, nous chaussons nos godillots, empoignons nos bâtons de marche, pour nous lancer à l’assaut d’un sentier caillouteux, encore assez ombragé à cette heure.

sur le sentier du monastère

sur le sentier du monastère

sommets enneigés au loin...
sommets enneigés au loin...

Nous nous élevons rapidement, jouissant d’une vue magnifique sur les reliefs alentours ; falaises abruptes et inaccessibles au premier plan ; puis plus haut, un panorama qui s’étend jusqu’aux plus hauts sommets des Pyrénées, encore vaguement enneigés. Nous ne les connaissons pas assez pour les reconnaître, mais il doit y avoir là dedans du Monte Perdido, de l’Aneto et du Vignemale. Il nous semble bien reconnaître d’ailleurs la fameuse brèche de Roland. Splendide !

Le spectacle nous récompense de tous nos efforts car la montée est rude. Une crise de palpitations, peut-être due à l’arrivée brutale de la grande chaleur, m’oblige à ralentir et à stopper régulièrement. Du coup, notre moyenne chute ! Plutôt en avance sur le temps de référence indiqué sur les panneaux, nous prenons du retard. Mais au final, nous parvenons enfin à la croisée des chemins, entre celui qui descend vers le « monasterio viejo » et celui qui monte au « monasterio nuevo ».

Nous optons pour le viejo, qui ferme ses portes à quatorze heures ; nous irons au nuevo, ouvert sans interruption, après.

Redescendant vers le vieux monastère, nous croisons un pèlerin français avec qui nous faisons une petite causette sympathique avant de poursuivre notre chemin. Ici, chacun se croise en se souhaitant un « bueno camino » ; nous ne sommes pas vraiment sur un chemin de St Jacques, mais beaucoup de pèlerins font le détour à San Juan, haut lieu incontournable du catholicisme.

Le monastère est une construction impressionnante, partiellement creusée dans la roche et établie dans sa totalité dans une anfractuosité de la falaise, à 1120 mètres d’altitude.

le monasterio viejo
le monasterio viejo

La visite commence par le dortoir des moines, avant de se poursuivre dans l’église primitive où il est encore possible d’admirer quelques fresques. L’une d’entre elle représente ces bons vieux Saints Côme et Damien à qui nous rendons régulièrement visite, à l’ermitage ND de Vie d’Argelès sur mer. De vieilles connaissances, donc !

peintures murales, Sts Côme et Damien

peintures murales, Sts Côme et Damien

le panthéon des nobles
le panthéon des nobles

Nous pénétrons ensuite dans le panthéon des nobles, cour rectangulaire dont les murs sont percés d’une double rangée de sépultures ornées de blasons et d’inscription nécrologiques, renfermant les dépouilles de personnages illustres du royaume d’Aragon, antichambre de l’église haute, à nef unique et de style roman.

le cloître roman
le cloître roman

Poursuivant plus avant notre découverte, passée une superbe porte de style mozarabe, nous ne tardons pas à déboucher dans ce qui constitue sans doute le clou de cette visite : le cloître roman, entièrement surplombé par la falaise. Les chapiteaux historiés représentant les scènes de la Genèse et de la vie du Christ sont une pure merveille. Au dessus de nos têtes, la falaise a été entièrement recouverte d’un grillage protecteur, pas vraiment inutile, car de nombreuses pierres détachées de la paroi y sont restées prisonnières. Dire qu’il ne devait pas y avoir de filet à l’époque des moines ! Il a dû y avoir quelques bosses…

la résurection de Lazarre
la résurection de Lazarre

La visite se poursuit par la chapelle de style néoclassique des saints Voto et Felix, dont la légende est à l’origine de la création du monastère en ces lieux, et par le Panthéon royal où reposent les premiers rois d’Aragon, Ramiro 1er, Sancho Ramirez et Pedro 1er. Maintenant, vous les connaissez !

Nous ressortons enchantés de cette visite, et repérons aussitôt un petit coin sympathique pour casser la croûte, en surplomb du monastère. Salle à manger pleine nature, avec vue imprenable sur le cloître ! Cinq étoiles, au moins !

L’après-midi sera consacrée à la visite du monasterio nuevo, à quelques centaines de mètres plus haut. Il ne nous faut guère plus d’une vingtaine de minutes pour accéder au sommet de la falaise, sur un vaste plateau arboré, la plaine de San Indalecio. C’est le royaume des pins à crochet ; on se croirait dans la forêt de Font Romeu. Quel bonheur !

Aragon Navarre, jour 7

C’est dans ce lieu idyllique que fut érigé en 1682 un monastère de style baroque, détruit partiellement moins de 200 ans plus tard par les troupes napoléoniennes. Les moines y demeurèrent néanmoins jusqu’en 1835, date à laquelle l’état espagnol les expropria, purement et simplement. Remis en état, on y trouve aujourd’hui un musée exceptionnel qui relate l’histoire du monastère et décrit la vie quotidienne de ses occupants, ainsi qu’une hôtellerie quatre étoiles.

le monastrio nuevo

le monastrio nuevo

la façade baroque
la façade baroque

L’église ne se visite pas ; on ne peut qu’admirer sa belle façade baroque. Nous passons un long moment dans le centre d’interprétation du monastère. Cet espace, réalisé tout récemment, présente les différents aspects de la vie du monastère, de sa création jusqu’à son abandon. Une structure moderne originale permet au visiteur de circuler sur un sol transparent au dessus des ruines de l’édifice en partie restaurées, et d’en contempler, sous ses pieds les différentes parties ; chambres, dortoir, cuisine, cellier, etc…

Aragon Navarre, jour 7

Des effigies des moines en situation, des ustensiles, le mobilier, le tout en taille réelle et d'un blanc immaculé, permettent d'appréhender parfaitement les énormes dimensions de ce monastère et tous les aspects de la vie monastique. Ce dispositif est complété par un système d'écrans interactifs récapitulant les origines et l'histoire de ce site remarquable. C'est passionnant!​

https://youtu.be/mr10z-4yE9Q

l'église Santa Maria
l'église Santa Maria

Nous commençons cependant à ressentir la fatigue de la rando et surtout la soif, cherchant désespérément à nous désaltérer. Hélas, la cafétéria est déserte ; il nous est impossible de remplir nos bouteilles dans les toilettes, d’autant que nous ne sommes pas certains que l’eau soit potable et la caissière de la boutique n’est pas capable de nous renseigner sur ce point. Nous nous contentons donc d’avaler quelques gouttes, en prenant soin de ne pas vider complètement nos bouteilles, et nous nous attaquons à la descente !

La chaleur et l’instabilité du sentier rendent celle-ci presqu’aussi difficile que la montée, et nous ne sommes pas fâchés de retrouver enfin le village de Santa Cruz, d’autant qu’une sympathique fontaine y dispense une eau fraîche et délicieuse.

Une petite halte chez un artisan potier où nous nous fritons avec des allemandes pressées et culottées clôturent la journée et nous retrouvons les fourgons sur le parking, écrasés de soleil… 44° à l’intérieur ; 37° à l’extérieur.

Nous avons un peu de route à faire pour arriver au camping du soir, et nous avons hâte de repartir, mais, c’est compter sans les caprices du fourgon grognon qui, une fois de plus, refuse de démarrer !

Nous passons trois bons quart d’heure à déterminer ce que nous allons faire… Passer la nuit ici ? On est un peu en biais, mais c’est jouable. Michèle nous suggère de retourner au camping de Jaca, tout proche ; nous partirions en avant pour retenir deux places et ils nous rejoindraient ensuite, si toutefois le camion accepte de démarrer. Nous hésitons ; c’est trop aléatoire. Claude a ouvert le capot pour faire une petite ventilation… On pourrait pousser, mais si ça ne marche pas, le fourgon risque de se retrouver au milieu de la route, dans l’impossibilité de se garer correctement, voire pire : dans le mur, si le système de frein est court-circuité. Trop risqué. Bon, en attendant, on boit encore un coup ; on était vraiment à sec. On réfléchit, et à la énième tentative, ça démarre enfin ! Ouf ! Merci, nos guides, nos anges, y tutti quanti !

Nous nous dirigeons plein est, vers Siguës, à une cinquantaine de kilomètres de là, pour y passer la nuit. Une nouvelle déconvenue nous attend : le camping est introuvable. Nous nous résignons donc à poursuivre jusqu’à Sangüesa, en province de Navarre, d’où nous pourrons démarrer nos prochaines excursions. Nous traversons la petite ville, qui a l’air belle, jusqu’au camping municipal, accolé à l’espace aquatique surbooké. Nous passons beaucoup de temps à l’accueil, le réceptionniste n’étant pas un pro de l’informatique, mais au final, nous sommes plutôt bien : à l’ombre salutaire des peupliers qui, comme à Jaca, dispensent généreusement leur pollen, il n’y a que nous dans le camping ! C’est parfait, d’autant qu’à présent, manger dehors est un pur bonheur, exception faite de quelques moustiques indésirables… On fait avec.

Fredo

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