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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 17:11

     

C’est au moment où elles amorçaient le virage serré qui relie le camping de Châtel Saint-Denis à la route de Vevey qu’avait surgi devant elles une silhouette toute de noir vêtue. Le passage, trop exigu, les obligeant à stopper net, elles n’avaient même pas eu un geste de surprise en la voyant s’accrocher à la portière, côté passager et pénétrer dans la cabine.

Est-ce son « Vite, vite » qui les avait fait redémarrer ou le fait qu’elles venaient de la reconnaître ? Toujours est-il que sans plus réfléchir, Anne avait relancé le moteur pour gagner la route pendant que Sophie qui n’était pas encore assise, - il n’est pas inutile de s’assurer une dernière fois de la fermeture des placards -, attrapait l’inconnue et d’autorité la propulsait vers le fond du camping-car. La cabine de toilettes soigneusement refermée, en un temps record, elle trônait à l’avant !

Le tout n’avait duré guère plus d’une dizaine de secondes, des secondes qui risquaient de compter dans leur vie. Elles venaient de réaliser ce qui venait de se passer.

 

Hier, alors que navrées elles regardaient le déluge s’abattre sur le camping, l’arrivée de 2 gros 4/4, appartenant au corps diplomatique, les avait subitement arrachées à notre inquiétude.

Deux hommes, typés africain en étaient sortis pour s’affairer au montage de tentes de camping. Surprises, Anne et Sophie les avaient regardés opérer assez maladroitement. Ils n’étaient guère coutumiers du fait, c’était une évidence. Plutôt intriguées, elles avaient à peine relâché leur vigilance que des cris les avaient de nouveau scotchées à la vitre, des gamins venaient de gicler de l’un des véhicules. Gambadant sous la pluie, ils faisaient littéralement tourner en bourrique une jeune femme en noir qui mit un certain temps pour leur faire réintégrer le véhicule. Le campement dressé, deux femmes, super pomponnées, avaient quitté l’une des voitures pour, en compagnie de leurs époux et des gamins, rallier le restaurant du camping.

La jeune femme en noir ne semblait pas conviée à la fête !

Le lendemain, la pluie avait enfin cessé et sous le soleil revenu elles avaient  gagné à tour de rôle les sanitaires où régnait une animation d’enfer. Les mêmes gamins que la veille y menaient grand train. Anne qui venait de sortir de la douche, bouillait littéralement de rage. Cris stridents, coups de pieds dans les portes, éclats de rire hystériques, un vrai capharnaüm régnait. Prise d’un élan de sympathie pour la malheureuse jeune femme qui s’escrimait en vain à calmer les gamins, elle avait craqué. Sans un mot, mâchoires serrées et œil de glace, elle avait attrapé le premier qui était passé à sa portée et d’une poigne de fer, l’avait immobilisé devant elle. Sans chercher à savoir s’il comprenait le français, elle l’avait tancé vertement avant de le remettre à sa « nurse ». Ensuite, bras croisés elle avait toisé les mouflets de toute sa hauteur, leur intimant de se tenir tranquilles !!! 38 années d’enseignement, ça vous marque sa bonne femme !

La jeune femme l’avait regardé avec gratitude mais Anne était certaine que, dès son départ, la sarabande reprendrait. Sophie, mise au parfum, avait confié la fin de la préparation du petit déjeuner à sa sœur pour rallier les sanitaires sans plus tarder. Le calme avait de nouveau déserté les lieux et à son tour, elle avait dû intervenir après avoir reçu une chaussure lancée à la volée.

Elles se doutaient bien que leurs interventions ne changeraient pas la donne, les adultes ne faisant aucun cas de la jeune femme, il était inutile de s’attendre à un quelconque respect de la part des enfants. Lorsqu’elles avaient vu la veille, parents et enfants gagner seuls le restaurant, elles étaient déjà sans illusion.

Pendant la soirée, elles avaient imaginé ce que pouvait être le statut de cette femme manifestement d’origine arabe. A coup sûr, il ne fallait pas être médium pour deviner que sa situation n’était pas confortable. Ce qui est certain c’est que bien qu’ayant une imagination débordante, elles n’avaient pas une seconde envisagé la situation telle qu’elles la vivaient maintenant.

 

 

Il leur fallait faire vite, les idées s’organisaient à vitesse grand V dans leur tête. Étaient-elles suivies ?

Cette femme avait-elle des papiers ?

D’où était-elle et comprenait-elle le français ?

Sophie se leva subitement et cahin-caha gagna le fond du camion après avoir attrapé dans la penderie une liquette et un de ses caleçons de sport. Par gestes elle entreprit de faire comprendre à la femme qu’elle devait se changer. Une tenue passe-partout était plus que souhaitable. Elle installa ensuite dans le bac de douche le matelas du chien et y poussa leur invité surprise.

« Do you speak English ?” S’inquiéta  Sophie.

Et oui, elle le parlait et son accent était même fort compréhensible, c’était toujours cela !

« Don’t move, don’t move !!! » Et Sophie fila à l’avant où elles se mirent à élaborer un plan d’attaque. A coup sûr les diplomates avaient dû réaliser ce qui s’était passé et ils allaient peut-être faire le lien avec le départ de leur camping-car. Elles allaient s’arrêter au village et sortir faire quelques courses, l’air de rien, par contre il était impératif que le camion paraisse le plus inoffensif possible.

Sophie, après avoir vérifié que personne ne les suivait, retourna vers le fond.

« What’s your name ? ».

Hamel, espoir ! Etait-ce de bon augure ?

Les présentations faites, elle entreprit de lui donner leurs instructions, en rajouta une couche. Ceux qu’elle fuyait étaient peut-être à sa recherche, le camion serait l’objet de toutes leurs attentions. Elle ne devait quitter la douche sous aucun prétexte, ne pas bouger, même un orteil, rien ne devant attirer l’attention.

Sitôt garées, elles affectèrent un grand détachement et gagnèrent une boulangerie. Sophie rentra seule, le chien servant d’alibi à Anne chargée de surveiller les alentours. A la Superette, elles inversèrent les rôles. Anne s’engouffra dans le magasin et se mit à pianoter sur son portable. Elles allaient tenter de contacter leur copine Hellen. Anglaise de naissance, mariée à un français, Hellen vivait en Suisse où elle occupait un poste de fonctionnaire internationale.

Par un coup de chance incroyable, elle décrocha dès la première sonnerie. Anne lui expliqua rapidement la situation, ce qu’elles attendaient d’elle et ressortit du magasin rassurée mais ulcérée par les prix pratiqués. L’équivalent de 6€ pour un kilo d’abricots. Elle s’était vengée sur le chocolat. Au moins il était délicieux et les prix plus que raisonnables.

Elle expliquait à Sophie le plan mis au point avec Hellen en regagnant le camion lorsqu’elles repérèrent l’un des 4/4. Jambes flageolantes mais déterminées, elles se dirigèrent sans hésiter vers leur véhicule. Anne s’engouffra à l’intérieur maintenant la porte de l’habitacle. Il fallait à tout prix que le camion reste ouvert un petit moment le temps à leurs poursuivants de vérifier qu’elles n’abritaient personne. Sophie, mine de rien, multipliait les « chut, they are here ! » à l’intention d’Hamel pendant que Anne donnait un petit coup de balai en surveillant dans le rétroviseur. Elles bouclèrent l’habitat et filèrent dans la cellule, conscientes qu’elles n’avaient plus droit à l’erreur.

A Vevey, elles préférèrent la route de la corniche plutôt que l’autoroute, l’œil rivé sur le rétro. Régulièrement Sophie filait au fond du camion. Dûment chapitrée Hamel avait été mise au courant des opérations. Elle allait être « relookée ». Anne fournissait le blouson polaire et une paire de tennis, Sophie son sac à dos. Pourvu d’un léger viatique et d’un nécessaire de « survie », Hamel allait être débarquée  dans le village de Saint-Saphorin, pas très loin de Lausanne. Elle y serait réceptionnée par Hellen. Anne avait suggéré de la laisser dans un café mais fort justement Hellen avait objecté que c’était un lieu trop public. Elle allait les rappeler, le temps pour elle de trouver la solution.

Elles roulaient donc dans un décor d’opérette sans arriver à le goûter. Alors qu’elle n’attendait que cela, la sonnerie du portable les fit sursauter. Hellen avait trouvé la solution idéale : un cabinet médical !

Compatriote expatrié comme elle, Steven Knight exerçait comme ostéopathe. Militant dans une association de défense du droit de l’Homme, le cas d’Hamel ne pouvait le laisser indifférent. Il acceptait donc de la réceptionner en attendant la venue d’Hellen. Cette solution présentait l’avantage de ne pas les amener à modifier leur programme. Si par malchance elles étaient retrouvées par les diplomates, ils auraient toute latitude de vérifier qu’elles n’abritaient personne. Par contre Steven Knight demeurait à Cully, ce qui était nettement plus loin et augmentait les risques d’être interceptées en cours de route. Une chose était sûre, ce n’était pas un jour à faire du tourisme. Leur « Tibus » filait gaillard, avalant les côtes. Coup de chance, le village choisi était équipé d’un grand parking donnant sur le port et pour une fois les camping-cars y étaient autorisés. Cerise sur le gâteau, une superbe place les attendait près des sanitaires. Ombragé de platanes, le parking était en contrebas de la route et le feuillage offrait un écran de verdure empêchant tout repérage éventuel. Pendant que Anne manœuvrait, Sophie fila au fond libérer Hamel. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, elle avait montré à cette dernière l’entrée des WC, lui enjoignant de s’y réfugier. Puis tranquillement elles bouclèrent l’habitat et, après un petit tour bidon aux toilettes, récupérèrent leur protégée qu’elles allaient piloter à distance jusqu’au point de rendez-vous, au cas où elles seraient suivies.

Le médecin les attendrait au pied d’un vénérable chêne qui faisait la renommée de la ville.

« Left »

« Strait ahead »

« Right » …

Elles se félicitaient d’avoir sous la main les cartes que leur voisine et amie, ancienne résidente du canton de Vaud, leur avait prêté.

En vue de l’arbre elles repérèrent un homme apparemment plongé dans la lecture du journal, le signe de reconnaissance choisi par Hellen. Elles abandonnèrent leur passagère sur un ordre bref « You seat there and wait a moment » et continuèrent dans la foulée pour aller s’affaler à la terrasse de café la plus proche.

Ensuite tout se déroula comme sur des roulettes, le couple se leva, la jeune femme la première et elles les virent disparaître dans une petite rue en grimpette. Elles pouvaient filer sur Rolle où elles avaient réservé une place de camping. Elles auraient tout le temps de contacter Hellen et d’envisager la suite des opérations.

En arrivant près du camping-car, elles eurent un coup au cœur, les deux 4/4 étaient entrain de s’engager sur le parking. S’appliquant à ne pas les regarder, elles investirent leur palace à roulettes et se décidèrent à déjeuner sur place. Ce n’était pas dans leurs intentions mais partir maintenant aurait pu être pris pour une fuite. Placidement elles ouvrirent largement la baie côté table, tout en laissant la porte ouverte. Un point très précis les chagrinait, elles avaient oublié de faire disparaître la djellaba et les ballerines d’Hamel. Sophie avisant un sac plastique gagna en vitesse la salle d’eau y fourra le « corps du crime » et jouant les hommes serpent se tortilla pour ouvrir la trappe intérieure qui donnait sur la soute afin d’y loger le sac. L’appétit coupé, elles prirent leur temps pour avaler quatre fruits en guise d’entrée, un bon bout de Gruyère, suisse bien entendu, et tapèrent sans fausse honte dans leur provision de chocolat. Impossible de se détendre, elles se sentaient épiées et ne savaient que faire. Un petit bar donnant sur le port les accueillit le temps de déguster une glace. Les deux mecs vinrent s’asseoir non loin. Elles auraient pu parier qu’ils allaient engager la conversation, pourtant elles quittèrent les lieux sans qu’ils aient tenté quoi que ce soit. En arrivant au camion, par contre, elles tombèrent sur l’une des femmes entrain d’espionner dans l’habitacle. Essayant d’être le plus naturelle possible, Anne lui demanda si elle voulait visiter, l’autre se confondit en excuse, enfin ce qu’elles interprétèrent comme tel car il leur fut impossible de comprendre quoi que ce soit. Sophie réitéra la question en Anglais, insistant lourdement. La femme risqua un œil et fila sans demander son reste, elles l’imitèrent.

Sophie avait pris le volant et c’était à Anne de contrôler leurs arrières. Elle commença par récupérer le sac de vêtements afin de pouvoir le plus vite possible le larguer dans une poubelle, ensuite pieds écartés et le fessier calé dans l’embrasure de la porte, elle entreprit de nettoyer à fond la douche pour éliminer toute odeur. Voilà bien un des grands avantages de ce mode de déplacement. Ce lessivage allait prendre place dans les souvenirs émérites au même titre que la confection des böreks réalisés un soir de baroud non loin de Berlin, sur une autoroute défoncée à mort. Epuisée, elle revint s’asseoir à côté du pilote non sans avoir ajouter au contenu du sac à jeter le matelas du chien qui avait servi de siège à Hamel. De toute façon, il dormait indifféremment sur les sièges avant, les 2 banquettes du coin dinette mais très rarement là où tout chien bien éduqué est sensé se tenir. Il ne l’était pas et elles s’en fichaient.

Quelques kilomètres plus loin, elles paniquèrent : elles étaient suivies.

Recouvrant ses esprits, avec un raisonnement à la De Funès, Anne essaya de détendre l’atmosphère : « Y’a personne, on est seuls, non ?  Même s’ils entrent dans le camion, qu’est-ce qu’ils trouveront ? »

Montrant tour à tour le coin dînette, la couchette et la salle d’eau elle ajouta : « Elle est pas là, elle est pas là non plus, elle est plus là … alors !»

Une petite heure plus tard, le camping-car stationné au bord du Léman, elles barbotaient dans l’eau tiède tout en surveillant les abords. Le fait de savoir le camping plein les avait quelque peu rassurées, seules les réservations étaient honorées, le festival battait son plein à Nyons. Le soir après une petite soirée filets de perche du Léman, un régal pour les papilles que l’on ne peut que recommander à qui ne connaît pas, elles se bouclèrent à double tour pour la nuit : sangles entre les deux portes du poste de conduite et loqueteaux de sûreté à l’arrière. Elles comptaient sur leur fox pour donner l’alerte en cas de rodeurs.

La nuit ayant été calme, Hellen leur ayant détaillé le plan arrêté, elles « petit-déjeunèrent » tranquilles avant de mettre le cap sur le poste de douane de Divonne. En arrivant, elles restèrent médusées en voyant l’aréopage qui occupait les lieux : police, douane et … les deux 4/4 !

Comment avaient-ils su qu’elles passeraient par là ? Les points de passage ne manquaient pas, Genève, Saint Cergue !!

Le plus tranquillement possible elles s’engagèrent sur l’une des deux files et comme elles s’y attendaient un des policiers leur fit signe de maneouvrer et de venir se garer à côté d’un gros fourgon. Le contact était à peine coupé que sans crier gare il ouvrit la porte côté conducteur. Sophie d’ordinaire placide, sentit la rage s’emparer d’elle, attrapant la portière elle lui referma la porte au nez. De son côté Anne venait d’actionner la centrale de verrouillage, après tout, c’était quand même un habitat privé ! Conscientes par ailleurs de la situation Sophie descendit sa vitre.

Perché sur les genoux d’Anne, le Fox grondait. Estomaqué par leur réaction, le policier marqua un temps d’arrêt avant de les inviter à quitter le camping-car avec tous les documents nécessaires, sans oublier le chien, précisa-t’il.

Ne pouvant se soustraire à cet ordre, elles obtempérèrent. Cependant leur bonne volonté fut de courte durée lorsqu’il leur fut demandé de remettre les clés du camion. Qu’on leur explique déjà le motif ! Avaient-elles commis un quelconque délit ? Que leur reprochait-on exactement ?

Elles suivirent un gradé dans un bureau déjà occupé, prirent leur temps pour s’installer ce qui eut l’air d’agacer les propriétaires des 4/4, qui bien évidemment étaient de la fête.

L’interrogatoire commença immédiatement.

Noms, prénoms, lieu de résidence habituelle, motif de leur déplacement, ce qui leur sembla le comble du ridicule vu la nature de leur véhicule, puis on leur présenta une photo.

Au moins il rentrait dans le vif du sujet !

Connaissaient-elles cette femme ?

Elles ne s’étaient pas mise d’accord auparavant mais opinèrent du chef ensemble. Comme bien souvent elles semblaient « télépather ». Oui, elles l’avaient déjà vu et précisèrent les circonstances, ajoutant qu’elles reconnaissaient même les deux types qui se trouvaient là dans le bureau. Un mouvement de tête ponctuant la réponse. Anne embraya immédiatement en ajoutant qu’ils les suivaient depuis la veille et qu’elles n’appréciaient pas vraiment la chose. Sophie prit le relais racontant l’attitude d’une des femmes surprise entrain d’espionner l’intérieur du camion.

Pour en revenir à la photo, elles précisèrent les circonstances qui les avaient mis en présence de la femme en noir, insistant sur l’attitude irrespectueuse et méchante des gamins. Elles utilisèrent l’épisode du restaurant pour illustrer leurs propos.

Un policier consignait leurs réponses, les interrompant de temps à autre le temps de tout retranscrire.

Elles espéraient que l’interrogatoire s’en tiendrait là tout en se préparant mentalement à devoir répondre à la question « qui fâche » : avaient-elles revues cette femme ? Nier était risqué, il faudrait composer. La question arriva sur le tapis, Sophie s’y colla : elles l’avaient prise en stop à la sortie du camping et déposée au village, point !

Elle venait à peine de terminer son récit que l’un des diplomates sortit de son mutisme, assénant qu’il était certain qu’elle cachait la femme dans leur camping-car. La seule réponse qui traversa l’esprit de Anne fut un très enfantin « mais ça va pas la tête ! ». Une perquisition s’imposait.

En peu de temps « Tibus » fut investi par les policiers, Anne et Sophie ouvrirent tous les placards, la salle d’eau, la soute, les coffres, jusqu’à la trappe où se logeait la cassette WC … autant se faire plaisir !

Les policiers menèrent une inspection de routine, les laissèrent tout refermer puis leur demandèrent d’attendre dans un couloir.

Attendre quoi ? Cela discutait dur à côté, apparemment les diplomates attendaient des autorités de plus amples investigations !

La situation s’éternisait à leur goût. Depuis quand était-ce un délit que de prendre un stoppeur !

Finalement elles furent reçues par un autre policier, très galonné, qui leur signifia leur « mise en liberté ». Se levant prestement Sophie lui demanda s’ils avaient envisagé un moyen dissuasif pour que les diplomates les laissent tranquilles.

La réponse, sibylline, ne les satisfit pas vraiment mais que pouvaient-elles exiger ? Les diplomates restaient encore un peu, le temps de consigner par écrit leur récit des faits, signer des documents.

Anne et Sophie en déduisirent que le mieux pour elles était de mettre rapidement la plus grande distance entre le camping-car et les 4/4, d’autant qu’Hellen les attendait.

Elles rattrapèrent la route des Rousses piquant plein Nord. Leur rendez-vous était à Lons-le Saulnier mais elles allaient tenter de faire venir Hellen et leur protégée non loin de Champagnole. Connaissant bien le coin, elles préféraient confier leur sécurité à Dame Nature.

En fin de soirée, bien installées dans un petit camping à l’ancienne, traduisez sans bungalow, elles virent arriver Hellen.

Seule !

Tout de suite elles envisagèrent le pire.

Accueillie par un feu nourri de questions, la joviale Hellen supportait sans broncher, attendant que le calme règne pour conter l’histoire avec son délicieux petit accent british.

Elle commença par une question : avaient-elles demandé à Hamel des renseignements la concernant : âge, nationalité, conditions de vie etc. ?

Non, intuitivement, elles avaient jugé préférable de ne rien savoir. D’un tempérament dramaturge Anne ajouta que de cette manière si elles avaient été « cuisinées », elles n’auraient rien eu à dire !

Hellen leur livra alors son scoop.

Steven Knight avait constaté qu’Hamel, qui portait le pantacourt prêté par Sophie, avait un mollet couvert de bleus. D’un ton neutre, professionnel, il lui avait demandé si elle avait d’autres ecchymoses sur le corps, s’attendant à une certaine résistance. Hamel, qui avait fait le choix de fuir, n’avait nullement l’intention de se taire. En quelques minutes, Steven apprit la tragédie de cette jeune femme, vendue à un couple de diplomates africain par une famille lybienne, émigrée en Mauritanie. La suite était classique : privée de papiers, bonne à tout faire, vraiment tout, elle vivait un enfer depuis presque 5 années. Majeure depuis peu, ne craignant plus d’être rendue à sa famille biologique si elle arrivait à s’enfuir, elle avait vécu sa rencontre avec les deux sœurs comme un signe du destin et tentée le tout pour le tout.

Steven qui militait dans une ONG depuis des années, avait pris les choses en main. Un constat médical avait été dressé, les autorités alertées et le cas d’Hamel était en passe de trouver une issue heureuse.

Quant à elles deux, elles pouvaient rentrer tranquilles, les diplomates en avaient encore pour quelque temps à fréquenter les autorités policières. Certes, ils ne risquaient pas grand-chose vu leur statut, juste des petits tracas qui terniraient leur image auprès de leur ambassade, si toutefois cette dernière ne cautionnait pas éhontément ce type de comportement ! Là, elles avaient comme un doute.

Do

 

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 20:15

Aujourd’hui notre route a croisé celle d’un martinet. Tombé du nid, il s’agitait au pied du monument érigé à Sorède en l’honneur du Padre Himalaya, un gigantesque cadran solaire « new look » pour ceux qui ne sont pas au courant. Sans plus réfléchir, j’ai récupéré l’oisillon comptant le déposer dans un jardin voisin, mais de jardin, point ! Une prospection infructueuse fait que ce soir, nous avons à la bergerie un invité qui a commencé par nous poser bien des problèmes et qui est à l'origine des deux questions que vous trouverez à la fin d'article.

Heureusement que Google, notre moteur de recherche préféré,nous a permis de glaner des renseignements pour le sustenter.

Nous avons aussi appris qu’en opérant ce sauvetage nous nous étions mises dans de sales draps car, vous l’ignorez sans doute, le martinet est une espèce totalement protégée par la loi. Il ne peut être soigné que par des personnes munies d’une autorisation spéciale !

Nous devons donc impérativement sous peine de poursuites le déposer dans un centre d’hébergement de la faune sauvage tout en le maintenant en bonne forme.

Si cela vous arrive, sachez que vous devez le gaver de micros boulettes de viande hachée, nous nous n’avions que de la saucisse (mais de la catalane !) et l’aider à se désaltérer sous un mince filet d’eau de l’épaisseur d’un cheveu !

DSCN6684.JPG

Voilà, c’est fait mais demain à nous la route du sud car les Pyrénées Orientales n’ont pas ce type de centre, nous irons donc faire un tour en Espagne, aux Aïguamolls, le déposer et dire bonjour à nos copines les cigognes.

 

Et maintenant, les questions !

L’humain sera-t-il un jour une espèce totalement protégée, quelque soit son lieu de résidence sur le globe ?

Pourra-t’il en tout lieu être soigné par des hommes en ayant les compétences ?

On se pose la question à chaque fois que l’on écoute les infos !

Do et Frédo

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 19:40

     Sachant que nous avons des ancêtres ardoisiers, c’est avec un grand intérêt que nous avons visité les anciennes mines d’ardoise d’Herbeumont-Bertrix, dans la province belge du Luxembourg.

     Mais au fait, qu’est-ce que l’ardoise, ou plus exactement le schiste ardoisier ? Je pourrais vous dire que c’est une roche sédimentaire silico-alumineuse à grains très fins, homogène, compacte et feuilletée... Mais pour être plus claire, l’ardoise est un mélange d’argile et de sable ayant acquis la particularité de se diviser en lames très minces sous l’influence de contraintes tectoniques bien particulières… Long séjour sous la mer qui recouvrait alors toute la région des Ardennes (et plus !) puis brusque élévation à l’ère primaire lors du plissement hercynien qui a vu émerger des sommets à plus de 3000 mètres ! Voilà pour la partie géologie. Je fais soft… 3.JPG

     La mine de la « Morépire », - ce nom signifie « pierre noire »-, a été exploitée durant près d’un siècle, jusqu’en 1976, et ce n’est qu’en 1997 que les propriétaires y ont ouvert un musée en hommage au travail remarquable accompli par les « scailtons », comme on appelle là-bas les mineurs ardoisiers. Pas moins de 8000 m3 de galeries serpentant sous la terre ! Dans ce gisement incliné à 45°, l’exploitation s’est faite de bas en haut. Une fois détachés à l’explosif, les blocs de plus de 150kg, parfois jusque 320kg, étaient transportés à dos d’homme, remontés par wagon (prononcez « ouagon », s’il vous plaît) jusqu’en surface et, immédiatement débités, encore humides, en ardoises de 3 à 4 mm d’épaisseur… Seul un faible pourcentage de blocs était exploitable –environ 10%- et qu’il y avait beaucoup de déchets.

2.JPGLa visite permet de descendre à 25 mètres sous terre ; mais la mine a également été exploitée à -45 et -60 mètres. Vertigineux ! La température y est en toute saison de 15° et il y règne une forte humidité nécessaire à la conservation de ce matériau. Avant sa réhabilitation en musée, la mine a d’ailleurs été complètement noyée et un pompage permanent est nécessaire pour éviter la montée des eaux. (Ouf !)

     L’ardoise étant un matériau coupant, pour la visite, le casque est obligatoire (en plus, ça fait plus « vrai » !)… 1Nous voilà dans l’ambiance pour descendre... Pas de guide, mais un audio guidage en trois langues très bien fait, diffusé par des bornes disséminées tout au long du parcours, permet de tout apprendre des techniques d’extraction et des conditions de travail des ouvriers. Nous découvrons un passé industriel glorieux totalement tombé dans l’oubli. Il n’y a pas d’émanation de gaz dans les mines d’ardoises, pas de « coup de grisou » mortel. Beaucoup moins médiatique que dans les mines de charbon, le travail des ardoisiers n’en est pas moins pénible et dangereux. On profitait peu de sa retraite, quand on avait été scailtons. On ne mourait pas de silicose, mais les poumons étaient touchés pareillement par la schistose, due à la poussière de schiste qui s’était infiltrée insidieusement pendant des années. Toujours voûtés, transportant souvent de lourdes charges, les hommes souffraient de graves problèmes de dos. Ne voyant quasiment jamais la lumière du jour, travaillant à la faible lueur des lampes à carbure, la vue était elle aussi touchée. Dans les sites d’exploitation souvent situés loin des villages, les ouvriers étaient coupés de leur famille…

 

     Vers 1860, notre arrière grand-père, Jules Longville, a quitté Herbeumont pour venir s’installer à Paris. A-t-il refusé le destin d’ardoisier auquel il était certainement promis ? On le comprend… A Paris, il sera sommelier (plus cool, non ?).

-Petite aparté : bon sang, mais c’est bien sûr ! Voilà d’où Do tient sa passion des grands crus !...-

     Voilà. Si vous allez faire un tour dans les Ardennes belges (et ça vaut le coup, vraiment !) ne ratez pas « Au cœur de l’ardoise », vous ne serez pas déçu. Et pour plus de renseignements, allez donc sur leur site :

 www.aucoeurdelardoise.be

Cela vous permettra de préparer la visite !

Fredo

 

 

  

 

 

 

 

 

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 17:38

Jocelyne est une « jeunette » dans nos âges, grosso modo une petite soixantaine dont le père est un vénérable monsieur de 91 ans.

Doté d’une bonne santé, le voilà néanmoins victime de petits tracas qui vont l’amener à passer sur le « billard ».

Cela le soucie pas mal et il vient de partager son angoisse avec sa fille en lui assénant cette délicieuse remarque :

« Tu vas voir ! Je ne vais pas faire de vieux os !!! ».

 images.jpg

C’est bien connu, on ne voit pas le temps passer !

C’est comme le cœur, on a toujours 20 ans !!!



Do avec le concours de Nicole sans qui rien n'aurait été possible

 

 

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 17:17

Cet article constitue le premier volet de notre dernier périple, intitulé pompeusement « Sur la trace de nos ancêtres ».

Des années durant nous avons régulièrement emprunté l’autoroute « du Sud » pour aller nous aérer les globules dans les Alpes. Contraintes de respecter les dates de congés scolaires, les inspecteurs sont « psychorigides », nous quittions toujours la foule vers Dijon où s’entassaient des touristes venues du Nord, de l’Est. Commençait alors un itinéraire à faire rêver les gourmets, ponctué de noms tous plus beaux les uns que les autres.

Cette année, nous avons remis nos traces dans nos anciennes marques mais ce fut encore plus grandiose parce que, redescendant vers le Sud, nous nous sommes fait la route dans son intégralité, suivant un bon moment le canal de Bourgogne.

canal.JPG

Canal de Bourgogne

 

Je ne résiste pas au plaisir de vous détailler le trajet, tout en vous encourageant vivement à prendre des notes.

Précision, je vous le détaille Nord-Sud, mais rien ne vous empêche de le prendre à l’envers et d’y ajouter d’autres haltes.

Pour nous cela a commencé avec « Gevrey-Chambertin » et tout de suite après « Clot de Vougeot ». Ensuite se fut le feu d’artifice, voyez plutôt :

« Vosne Romanée », « Nuits Saint-Georges », « Pommard », « Pouligny-Montraché », « Mercurey » …

Pour un peu, j’oubliais « Beaune » et « Meursault » où d’ailleurs nous avons fait une halte le temps de garnir la soute du fourgon de quelques bouteilles de Gevrey-Chambertin 2006 et le réfrigérateur de Jambon persillé et d’un délicieux jambonneau rôti …

Bacchus.JPG

Meursault

 

Une chose est sûre, cet itinéraire me ravit toujours autant et je ne peux même pas vous en préciser la raison car côté boisson je craque surtout pour le Rhum et ou le Muscat « pèt » (le Corse uniquement) !!!

En fait je n’ai qu’une seule réponse à faire, cela doit remonter à une de mes précédentes incarnations !!!

Peut-être étais-je bourguignonne ou … œnologue ou … poivrotte à moins que ce soit les trois à la fois !

Do

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Published by Do Fredo - dans randonnées voyages
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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 20:16

Vous avez sans doute compris que nous avions eu le coup de foudre pour un petit coin de montagne à la limite de l’Ariège et de l’Aude.

Vous ne serez pas surpris en apprenant que nous sommes reparties là-bas ce week-end.

C’était toujours aussi beau avec en prime le soleil qui nous avait fait grise mine samedi dernier.

Les balades superbes sont en général notre lot mais là, vraiment ce fut un moment magique, 6 heures de marche, 6 heures de bonheur !

bonshommes.JPG

La balade débute en descente, tout à fait ce que Vincent exècre et que nous apprécions modérément mais la piste qui se faufile dans une vallée de plus en plus resserrée est délicieusement ombragée.

1-copie-1.JPG

Nous en profitons sans réserve car sous le coup de midi ce ne sera plus la même chanson.

Une fois encore nous voici sur la trace des « Bonshommes » puisque le chemin que nous suivons file à Montségur en empruntant les gorges de La Frau.

gorges.JPG

Ces gorges sont spectaculaires et riches en découvertes de toutes sortes.

Déjà, le nom n’est pas banal. Etymologiquement, La « Frau » signifie fracture et dérive d’un terme catalan mais certains affirment que le mot vient d’effroi … les gorges de l’Effroi ! Il faut dire que le site est très spectaculaire avec ses surplombs de falaises de plus de 400 mètres, jadis le brigandage y était monnaie courante.

Autre point remarquable, ces gorges se trouve dans la Forêt Royale de Prades. Créées sous Louis XIV ces forêts avaient différentes raisons d’être ; le bois était utilisé pour alimenter les forges et à la construction de vaisseaux de guerre. Le vol de bois y était puni de mort et pour bien délimiter les périmètres de ces forêts, des fleurs de Lys ont été sculptées dans les roches sur leurs pourtours. Elles sont nombreuses sur notre trajet mais il est dommage de les avoir ainsi peinturlurées même si du coup elles sont plus visibles !

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Dernière particularité du site, il est entièrement classé en réserve biologique intégrale. La partie basse des gorges n’a pas subi d’interventions humaines depuis des temps immémoriaux et la partie haute depuis au moins 160 ans.

Grandes campanules et anémones bordent notre chemin au moment où celui-ci aborde les gorges, des troncs d’arbres abattus ont été colonisés par de nombreux végétaux opportunistes ; pour un peu on se croirait dans la forêt tropicale là où croissent les épiphytes !

campanules.JPG

Nous dévalons la pente en nous ménageant de nombreux arrêts, lever le nez pour apprécier la hauteur vertigineuse des falaises entre lesquelles nous nous faufilons et viser où poser le pied pour éviter la chute n’est pas compatible.

La sortie des gorges nous offre 700 mètres plus haut un point de vue imparable sur le Pas de l’Ours, notre but et point d’orgue de la rando.

300 mètres de descente avalés, nous tournons bride pour retourner sur Comus avant d’attaquer la seconde partie du trajet.

Croyez-le ou non,  la remontée est plus rapide que la descente, incroyable, non ?

Elle permet aussi de fouiller les alentours du regard et de tomber nez à nez avec la première martre de notre vie !

P1040595.JPG

Pause déjeuner et lorsque nous attaquons la grimpette du col de Boum, le goudron fond sous le soleil dans la traversée du village.

Le sentier Cathare, que nous suivons maintenant, est ombragé de grands sapins et c’est l’une des raisons de notre coup de cœur pour cette région, nous pourrions être tout aussi bien en Bavière, en Suisse ou dans les Vosges.

Nous sommes Ici et Maintenant mais aussi Ici et Ailleurs en même temps.

Au col de la Gargante, nous touchons au but mais la rampe devient dure sous le soleil de plomb.

Qu’importe ! Nous sommes tendues vers notre but, le Pas de l’Ours.

Et subitement nous y sommes.

Devant nous … MONTSEGUR !

montsegur.JPG

A nous pieds, les Gorges de La Frau !

Il n’y a pas de mots pour décrire ce moment.

Nous nous abandonnons à un moment de contemplation avant de nous décider à rejoindre le Ptibus à Comus, de vilains petits nuages noirs commencent à se regrouper à l’horizon.

L’arrivée au village est glorieuse et Virgile en profite pour s’offrir quelques longueurs dans l’une des nombreuses fontaines.

Ces fontaines sont incroyablement longues, elles présentent toutes 2 ou 3 modules rectangulaires. Ce sont en fait des abreuvoirs et il n’y a pas un grand effort à fournir pour imaginer les vaches s’y désaltérer.

Nous regagnons notre point de départ pour filer au bistrot et rêver à notre prochain séjour dans ce petit paradis.

 

Do

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

oir Normal, elles étaient conçues pour abreuver les bovins

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 19:29

 

Avant tout un défi que je me suis lancée.

Pas de support si ce n’est un croquis que j’ai fait de mémoire au retour d’une rando !

Croquis.JPG

Côté palette de couleurs, j’avais ma petite idée ; celle que j’utilise toujours.

Je l’aime bien ma palette, d’ailleurs, je m’en suis même inspirée pour me faire des cartes de visite !

    Palette.jpg

 

 

Du croquis, je suis passée au « jus » et là, bog !

Jeu d’ombres et de lumières, mais où placer les ombres !

Comment les interpréter ?

J’ai réalisé chaque édifice du tableau en 3D …

 

maquette-2.JPG

Chaque maison a trouvé sa place dans la composition qui a attendu le bon vouloir de RA, le Dieu Soleil !

Photo …

maquette 1

Ensuite je me suis lancée, voilà !

 

Prats---Copie-galerie.JPG

Il n’a pas de nom, je vais chercher … vous pouvez aussi m’en proposer un …

Do

 

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 06:35

On dirait qu’on se ferait adopter par les gabatxes !!!

C’est vrai, c’est fou ce que nous passons comme temps dans l’Aude en ce moment… Il fut un temps où, passé la Têt, nous nous sentions perdues. Au nord, quoi… (avec trois accents circonflexes, comme dans les ch’tis) Mais depuis quelques temps, tout change. Nous explorons les terres cathares avec un plaisir toujours renouvelé.

Après les châteaux de Peyrepertuse et Quéribus avec Charles, Villerouge Termenes et Lagrasse avec Claudie, quelques randos du côté de Bugarach et Padern, la découverte du château de Termes en plein cagnard la semaine dernière, vendredi, vers seize heures, nous avons mis le cap vers le pays de Sault à bord du P’tibus.

Pour ceux qui ne connaissent pas le pays de Sault, c’est très simple… D’abord, il faut gagner Quillan, ce que nous avons fait par Millas, le col de la bataille, St Paul de Fenouillet et le défilé de Pierrelys. La routine ; on connaît la route par cœur. A Quillan, bifurquez à gauche, en direction de Foix et grimpez jusqu’au col du Portel par la D 117, pour attraper la route qui mène à la station de ski de Camurac, direction Ax les termes.

On s’élève rapidement pour atteindre par quelques virages bien serrés le plateau de Sault, à plus de mille mètres d’altitude.

Les premières impressions sont très agréables, en dépit d’un temps maussade. D’abord en ce qui concerne la route… Cool : rien à voir avec la montée du Conflent hyper fréquentée et les trop nombreux fêlés du volant que l’on y croise… Passé l’embranchement vers Camurac, Espezel et Belcaire, plus un rat ! Le top. Nous atteignons après deux heures quinze de route tranquille notre objectif : le petit village de Camurac et son camping bien nommé « les sapins », désert ! L’accueil y est agréable, agrémenté d’un fort accent flamand… Hé oui, comme beaucoup de campings où nous avons fait halte dans l’Hérault, les propriétaires sont hollandais. Pas fous, ils savent les trouver, les bons coins.

Nous nous installons sous les sapins et partons nous dégourdir les « papattes » en direction de la station de ski basse… L’ambiance est rurale, bucolique à souhait.

Il pleut, mais on commence à en avoir l’habitude et cela ne gâche pas notre plaisir. Nous commençons à tirer des plans sur la comète… Nous viendrions bien faire du ski de fond ou de la raquette, l'hiver prochain, dans cette petite station sans prétention !

On s’en doute, la soirée et la nuit seront calmes… Nous ne serons pas dérangées par les voisins (juste un fourgon occupé par des belges un peu bizarres…).

Le lendemain, rando ! C’est pour ça qu’on est là !

1 

Nous nous garons à l’entrée de Camurac et filons, de fontaine en fontaine, toutes plus belles les unes que les autres, vers le cimetière (non, pas pour traquer les orbes ; il n’y a pas que ça dans la vie). Le village occupe un vaste plateau à vocation agricole. On aperçoit au loin d’autres villages où nous devons passer plus tard, et surtout Montaillou, surmonté par un donjon ruiné. 2.JPGPour le reste du paysage, c’est encore un peu bouché. Mais qu’est-ce qu’on se sent bien ! Au cimetière, nous attaquons la grimpette dans les sapins… Rien d’exceptionnel… Que du plaisir. Le moment fort, après avoir passé deux cols et être redescendues à travers la forêt, c’est la traversée de la plaine du Boum, vaste plateau encadré de petit sommets bonenfants… Aujourd’hui, les troupeaux de vaches et de brebis y paissent en toute tranquillité. Autrefois, on y cultivait les céréales et les pommes de terre. 3.JPGC’est chouette !

Après avoir croisé un troupeau de randonneurs (comme quoi les renseignements sont faux : il n’y a pas que des ovins et des bovins dans le coin) nous gagnons le village de Comus, en franchissant d’un pas allègre le col du Boum. Enfin allègre, oui et non. Do souffre d’une épine calcanéenne pour laquelle elle a consulté l’ostéopathe la veille et commence à se dire que cinq heures de rando, c’est peut-être un peu beaucoup, même si le soin semble avoir été efficace. Soyons raisonnables, donc… Nous révisons notre programme et décidons de rentrer directement à Camurac après avoir visité Comus…

Tandis que nous nous restaurons au col de Boum, le plafond se lève et nous apercevons entre les nuages qui s’attardent quelques sommets encore bien enneigés. Pas loin… C’est vrai que Comus et à la limite de l’Ariège… Pas de doute, là bas, c’est du sérieux ! Si seulement la tramontane pouvait souffler un peu pour nettoyer tout ça…

4.JPGComus est tout aussi sympathique que Camurac… Peut-être même plus. On y trouve un camping avec des yourtes ; location possibles en hiver… Voilà quelque chose de séduisant. A retenir ! … Et puis il semblerait qu’il y ait là aussi pas mal de randonnées à faire : les gorges de la Frau, entre autre… Je pense que nous vous en reparlerons !

Le retour sur Camurac par une petite route qui serpente au milieu des colzas n’est pas trop long mais ce n’est jamais très agréable de marcher sur le goudron. C’est donc avec une certaine satisfaction que nous retrouvons notre home à roulettes après trois heures et demi de balade…

Comme il est tôt, nous décidons d’aller visiter Montaillou qui nous nargue au loin… Cinq minutes de route et nous y sommes. Un bâtiment ouvert à l’entrée du village diffuse une vidéo sur l’histoire de ce petit village ariégeois qui connut un riche passé car la tour en ruines qui le domine n’est rien d’autre que le vestige d’un château cathare. On n’y échappe pas ! Epine calcanéenne ou pas, nous y grimpons et nous y connaîtrons un moment de pur bonheur, pieds nus dans l’herbe tendre, dominant la plaine et ses villages, Camurac, Comus, Prades… Virgile s’éclate !5.JPG

Et tiens ! La station haute de Camurac s’est bien dégagée… On aperçoit ses petits chalets dressés sur la crête à 1800 mètres d’altitude. Si on y allait ?

C’est là que nous finissons, notre grimpette récompensée par un superbe spectacle : enfin les nuages sont partis et le pic du St Barthélemy dresse fièrement son sommet pyramidal piqueté de névés vers l’azur. Merci !

6.JPG

Nous quittons le pays de Sault pour aujourd’hui… Mais nous y reviendrons ! D’abord nous n’avons pas visité Prades, ni Belcaire, ni Espezel… Et plein d’autres randos nous attendent dans cette région sympathique, préservée et beaucoup moins envahie que nos Pyrénées Catalanes (que j’adore !). Et d’ailleurs, s’il vous plaît, n’en parlez pas trop… Fredo.

 

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 20:16

Nous ne pouvions choisir de meilleure condition météo pour mettre le cap sur les Gorges du Tarn. Pluie diluvienne, vent, un de nos pépins ne s’en est pas remis, brouillard … une ambiance hitchcockienne du haut du Point Sublime. Cerise sur le gâteau, il n’y avait quasiment pas de touristes.

Point-sublime--2-.JPG

Nous ne serions trop vous conseiller d’attendre un bon épisode cévenol pour tenter l’expérience, en plus si vous ne disposez que de peu de temps, c’est épatant pour pulvériser son timing et remonter plus vite que prévu le cours du Tarn. Vous éviterez aussi les risques de chute toujours possibles sur ces terrains calcaire et escarpés. Rassurez-vous, il vous restera les villages, comme Saint Chély du Tarn. Petite route accrochée à flanc de falaise, pont à voie unique et virage à angle droit, pour atteindre un village de poupée avec une adorable chapelle nichée sous une falaise.

Il y a aussi Sainte-Enimie et ses calades de pierre, pas mal non plus mais un conseil, prenez avant de partir un rendez-vous avec votre ostéopathe préféré, au cas ou, comme Frédo vous finiriez la visite sur le postérieur.

Dernier conseil, n’oubliez pas que les Gorges du Tarn ne commençant pas à Aguessac pour s’arrêter à Ispagnac, pour remonter le cours du Tarn jusqu’à la source, à Pont de Montvert, il vous faudra compter sur au moins 2 jours de pluie.

Pont-de-Montvert-et-Tour-de-l-Horloge--2-.JPG

 

Arrivez à ce point du voyage, vous n’échapperez pas à une page d’histoire car c’est dans ce bourg minuscule qu’est née la guerre des camisards suite aux persécutions dont furent victimes les protestants.

Savez-vous que l’inhumation dans les cimetières catholiques (terre consacrée) leur était interdite jusqu’au XIXe siècle, époque à laquelle les cimetières communaux ont vu le jour et qu’encore de nos jours les inhumations séparées perdurent de nos jours dans les hameaux ?

Pont de Montvert est un village sympathique, situé au confluent de 3 cours d’eau ce qui lui valu d’être maintes fois inondé. Un circuit de découverte permet d’en faire la visite, l’Office du tourisme en édite un, téléchargeable en ligne. Hors circuit, la visite de la boulangerie est incontournable pour s’offrir de délicieux fondants à la châtaigne maison. Une merveille dont nous devons la découverte à notre mentor en matière de randonnée, Gilbert Jullien.

Allez faire un tour sur son blog !

Enfin pour clore en beauté ce deuxième jour de pluie, vous gagnerez Le Puy en Velay par les Monts de Margeride. Noyés dans le brouillard et brillants de pluie, c’est d’un romantisme échevelé.

Croix-de-Piccata-Mont-Mezenc--1-.JPG

Arrivés à ce stade du voyage, l’embellie météorologique est quand même souhaitable. Vous passerez à coup sûr de bons moments à visiter la ville tout en montées et descentes et si les occasions de haltes sont nombreuses : dentelles, bijoux en grenat, spécialités culinaires ... et les terrasses de café et restaurants accueillantes, c’est très mal « pavotté » et ça glisse !

Le-Puy-en-Velay-architecture-civile-Le-Plo.JPG

 Le site du Puy a été modelé à une époque où tous les volcans du coin  pétaradaient à qui mieux mieux…

Il en est resté de 4 pitons volcaniques, en comptant celui qui jouxte la ville. Des monuments en occupent les sommets. La merveille des merveilles est à nos yeux la chapelle Saint Michel d’Aiguilhe mais c’est là une vision personnelle. La chapelle édifié en 961 occupe le sommet d’un piton volcanique de 82 mètres de haut, construite en pierre volcanique polychrome, elle possède encore des fresques murales de grande beauté. Passage obligé de tout temps pour les pèlerins de Compostelle, l’ascension est spectaculaire, glissante et jalonnée d’anciens oratoires creusés dans la lave.

St-Michel-d-Aiguilhes-de-nuit--1-.JPG

 Ps. avez-vous repéré l'orbes en haut de l'aiguille, juste sous la chapelle !

En quittant le Puy une halte s’impose au pays des Sucs, le Mont Gerbier de Jonc en est un. En fait c’est ainsi que l’on nomme ces anciens volcans érodés et dont il ne subsiste que la cheminée de lave refroidie. Ces sucs ne sont pas les seules curiosités liées au volcanisme. Des cratères d’explosion, des maars, sont aujourd’hui occupés par de beaux lacs comme celui d’Issarlès. Ici les volcans ont sculpté la terre et tous les types de volcans sont représentés, péléen, strombolien. Une chose est sûr, si le plafond est bas, c’est encore mieux et vous aurez peut-être la chance comme nous d’accéder au sommet avec la mer de nuages à vos pieds !

 Croix-de-Piccata-Mont-Mezenc--17-.JPG

Bon, voilà, si maintenant vous en avez soupé de la pluie vous nous imiterez et gagnerez l’Ardèche pour retrouvez sur ses rives la chaleur, la Lumière …

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Bon et beau voyage d’autant que, à défaut de soleil, question gastronomie, il y a quelques petits plats sympas.

Do

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 17:21

Voilà, d’un coup, j’ai compris ce que voulais dire cette expression. J’étais entrain de pédaler sur le chemin de la bergerie après un agréable bain de mer quand l’évidence m’a frappée.

J’imagine que vous comme moi avez déjà entendu cette phrase pontifiante « qui donne, reçoit » sans doute dérivée de la parole de Jésus «  Donnez et il vous sera donné … car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis ».

Ce n’est pas que je compte m’inscrire en faux mais du coup, on se sent mal à l’aise dans de nombreuses situations.

Par exemple, lorsque l’on ne peut donner une petite pièce à celui qui vous le demande. Souvent il n’est pas le premier et la mitraille fait défaut. Bien que de bonne foi, on se sent un peu radin.

Il y a aussi l’attitude de certaines personnes qui s’effacent complètement devant les autres et qui en émerveille plus d’un. Lorsque Jeannine était encore à la maison et que les infirmières venaient quotidiennement, elles nous faisaient l’éloge de certaines personnes, merveilleuses de dévouement et qui s’oubliaient totalement.

J’imagine que nous ne pouvons pas tous être l’égal de Mère Térésa !

Professer que donner est le meilleur moyen pour recevoir n’est pas sans conséquence, la médaille à son revers.

Si l’on agit que pour être payé en retour, autant dire que l’on prend l’autre en otage. Vient le jour où l’on s’estime flouer et c’est la crise qui se matérialise par le cri du cœur « avec tout ce que j’ai fait pour toi ! ».

Et bien, oui, mais personne ne nous y a obligé.

Je ne fais pas la morale, moi aussi j’ai raisonné ainsi.

 

Ce que j’ai découvert c’est que le don de soi, ce n’est pas « donnant, donnant » et ce n’est pas se sacrifier.

Le don de Soi impose de se connaître soi, de s’aimer afin de pouvoir partager, et non donner, ce que l’on a de meilleur.

Lorsque l’on partage, on multiplie ce que l’on possède.

Et la chose la plus belle à partager, c’est l’AMOUR. L’AMOUR de l’autre, de la Terre, de la Vie ...

 Bisous-Jea-et-Virgile-2---Copie.JPG

Ha, je t'aime, toi !

 

 

Quel mérite à donner de l’Argent … si l’on a plus que ce qui nous est nécessaire. Donner de son temps si l’on ne sait pas quoi faire de sa peau n’a pas vraiment de valeur !

Mais donner à quelqu’un le sentiment qu’il existe simplement parce que vous allez vers lui, que vous lui accordez de l’importance en le distinguant, c’est lui donner le sentiment d’exister et d’être unique pour vous au moment où vous vous intéressez à lui.

 

En fait ce n’est pas le vélo qui a été l’élément déclencheur de cette prise de conscience, c’est Camille !

Camille est un des résidents des Valbères. Nous nous voyons quotidiennement mais lui l’oublie car, comme le dit la chanson, il a la mémoire qui flanche. Hier, alors que nous lancions un bonjour sonore à la cantonade (les oreilles aussi sont faiblardes) il nous a demandé si nous, qui parlions à tous et donc à personne en fait, connaissions son prénom.

La réponse affirmative, lui a fait venir un beau sourire et cette phrase qui en dit long « alors je suis quelqu’un » !

 

Alors le Don de Soi, c’est tout bête.

C’est simple, il suffit de se laisser porter vers les autres et de le laisser grandir chaque jour un peu, en commençant modestement pour être sur de tenir la distance.

Do

 

 

 

 

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