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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 17:28

L’Hermione est une superbe frégate qui dût une première fois sa célébrité au non moins célêbre Gilbert De La Fayette. Si son soutien aux nordistes américains connut le succès que l’on sait, l’action ne visait en fait qu’à ébranler la suprématie anglaise. La guerre d’Indépendance ne fut qu’un faux prétexte né de ces vieilles rancœurs qui s’exaspéraient entre la France et la perfide Albion. Revenue toute auréolée de victoire en France, elle coula bêtement au large du Croisic le 20 septembre 1793 à cause d’une erreur d’appréciation du pilote embarqué pour négocier la passe !

Si l’épave ne put jamais être renflouée, l’Hermione a retrouvé une seconde vie et son ancre d’une tonne et demi lui fut rendu en 2005 au terme d’une campagne de fouilles.

 

Un peu plus de 200 ans après sa triste fin, l’idée folle de lui redonner vie a germé dans la tête de passionnés et 17 ans plus tard elle reprenait la mer sur les traces de La Fayette.

65 mètres de long, 3 mâts dont un de plus de 54 mètres, 26 canons, l’Hermione est une frégate de « 12 », référence aux boulets de 12 livres que tiraient ses canons.

Nous l’avions manquée de peu lors de notre précédente venue à Rochefort, cette fois elle nous attendait et sa visite nous a permis de passer un très agréable après-midi en compagnie d’une petite dizaine de visiteurs et d’un charmant guide.

 

 

 

Ayant fait partie de l’équipe de bénévoles qui a travaillé à la reconstruction puis embarqué pour la première traversée, on ne pouvait rêver mieux que ce jeune homme pour nous guider dans cette découverte. Accessoirement il avait un je ne sais quoi de notre violoniste préféré à en rester coites.

La première Hermione fut construite en 6 mois, sa réplique en 17 ans !

Plusieurs raisons justifient cet écart de durée dans la construction. La première tient au contingent de main d’œuvre disponible, 80 personnes en 1997 et plus de 200 en 1778, des bagnards corvéables à merci ! Par ailleurs à cette époque les chantiers navals tournaient à plein, les réserves de bois étaient conséquentes. En 1997 il fallut trouver les arbres adéquats, les couper, les débiter et les faire sécher avant de pouvoir les utiliser. Imaginez que 75 % du bois ainsi coupé ne fut jamais utilisé ?!

L’absence de plan fut un autre défi qu’il fallut relever.

L’Angleterre qui dès le XVIIIe siècle pratiquait l’espionnage industriel sauva la mise. Flûtes, galions, frégates … étant tous construits selon les mêmes plans, celui piraté d’une frégate contemporaine de l’Hermione, d’une minutie exceptionnelle, permit de reconstruire quasiment à l’identique la frégate de La Fayette, les seules différences imposées, l’ayant été, soit-disant, au nom de la sécurité !

Deux moteurs équipent donc la frégate pour, entre autre, suppléer aux bagnards qui hâlaient les bateaux de Rochefort jusqu’à la mer, 3 semaines contre 3 heures aujourd’hui, et faire face à certains imprévus.

Autre dissemblance, les canons ! Leur nombre n’a pas varié mais ils ont dû être bouchés notre législation l’exigeant, dans le cas contraire, la frégate entrait dans la catégorie bâtiment de guerre. De quoi rire quand on sait ce que cela suppose comme manœuvres, temps et précautions que de tirer le canon ! Enfin, la loi, c’est la loi !

Par contre côté couleur, rien n'a été changé, c'était aussi kitsch qu'aujourd'hui.

Construire l’Hermione a demandé de savoir inventer un nouveau mode de construction notamment en raison du temps de séchage du bois. Les bordages ont été boulonnés et non rivetés afin de pouvoir assurer une étanchéité correct du bordé.

Par contre, les moindres détails ont été restitués même les lieux d’aisance situés à la proue du navire, sous le mât de Beaupré sont opérationnels, tout l’équipage s’est fait un plaisir de les tester !

L’Hermione a aussi son chat comme toute embarcation en bois qui se respecte, une chatte très exactement qu’il fallut cependant débarquer à Brest lors de la première traversée. Victime du mal de mer elle a retrouvé depuis ses bonnes vieilles habitudes. Chaque couchette est la sienne, elle est partout chez elle sur la frégate.

L’Hermione en quelques chiffres, c’est 4 hommes pour barrer par forte mer, une heure pour faire demi-tour, des centaines de poulies, cordages, pièces de bois dont il faut connaître les noms, les spécificités, 2200 m2 de voilures.

Le pont de Batterie est sympathique même si l’omniprésence des canons paraît incongrue au néophyte et on s’y verrait sans peine y casser la croûte. Quand au troisième pont accueillant les couchettes et hamacs, à quai, il est somme toute cosy et doté de douches et lieux d’aisance là où étaient cantonnés avant les animaux embarqués. Une nette amélioration sur le plan olfactif !

Si l’envie vous tente de naviguer sur l’Hermione, vous pouvez postuler pour sa prochaine sortie, en 2018 en Méditerranée. Peu d’exigence si ce n’est de ne pas être sujet au vertige. Il vous sera demandé de faire la preuve que vous pouvez sans problème grimper les 54 mètres de gréements, le plus souvent sans sécurité car affaler les voiles, les rouler en cas de coup de mer ne laisse pas vraiment le temps de jouer du mousqueton ! Sachez également que si le sort vous attribue un hamac comme couchage, en cas de mauvais temps ils ne balancent pas tous dans le même sens ! Gare aux collisions !

Voilà, vous êtes prévenus et si cela ne vous sourit guère il reste possible de la visiter à Rochefort ou en 2018 sur les vives de la grande bleue. Il n’est pas impossible en ce qui nous concerne que nous fassions un saut jusqu’à Barcelone, nous y retrouverons peut-être notre charmant jeune homme ?!

Do

 

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 18:15

Le Kunsthistorische Museum de Vienne détient la plus grande concentration d’œuvres de Brueghel. Présentée par le guide du Routard comme le clou des collections de ce musée, il n’en fallait pas plus pour nous décider à partir à l’assaut de ce temple de la culture, le Louvre en un peu moins touffu, mais quand même « du lourd ».

Peintre graveur, Pieter Brueghel dit l’ancien est né entre 1525 et 1530, décédé en 1569 47 œuvres lui sont officiellement attribuées à ce jour, essentiellement des huiles sur bois mais il est avéré toutefois que son œuvre ne se résume pas à ce qui est exposé dans les musées. De nombreuses créations ont disparu mais sont néanmoins connues des spécialistes grâce aux copies qui en ont été faites notamment par l’un de ses fils, Brueghel d’Enfer ou le jeune, ou parce que l’on retrouve leurs traces dans des inventaires de collections privées ou publiques.

Brueghel était très jeune lorsqu’il devint maître de peinture à Anvers et bien que l’époque fut troublée il voyagea jusqu’en Italie pour découvrir les peintres de la Renaissance italienne.

L’Art de Brueghel n’a pourtant rien à voir avec celui de ses contemporains, Cranach, Titien ou même Michel Ange essentiellement parce qu’il s’est attaché à donner vie au petit peuple, aux obscures, aux sans gloire.

 

S’il a peint quelques sujets d’inspiration religieuse, on ne retrouve pas dans toute son œuvre les traditionnelles scènes mystiques, descente de croix, Vierges, lapidations, martyres qui nous ont soit dit en passant passablement « gavées » lors de notre visite. Les notables, les têtes couronnées, les faits d’inspiration religieuses ne retenaient pas son attention et si le sacré est parfois présent il est totalement intégré à la vie profane.

Brueghel a peint le quotidien de ses contemporains que ce soit au Pays Bas ou dans les pays visités et ce qu’il donne à voir est un témoignage sans fioriture de la vie de tous les jours. Chaque peinture est un livre ouvert, la vie y fourmille en une infinité de détails qui révèlent sa vision du monde, un monde où l’humain et la Nature sont totalement liés.

 

Vie et mort, cataclysme ou liesse populaire, travail et oisiveté

Nous nous sommes en effet régalées dans cette salle où une artiste peintre terminait la copie de l’une des plus célèbres oeuvres de Brueghel, les lacs gelés. C’est d’ailleurs en l’observant que j’ai vraiment pris la mesure de la richesse foisonnante de sa peinture, elle travaillait avec un pinceau qui avait tout au plus une dizaine de poils et de ce simple trait émergeait une vie insoupçonnée !

 

Vraiment magnifique !

Do

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 19:46

Se promener dans Vienne c'est passer d'un extrême à l'autre.

Vienne impériale à Schönbrunn ...  Vienne populaire avec la Karl Marx Haus.

Les styles se télescopent ...

Modernisme ...

... baroque.

 Néo-classique ...

J'en passe évidemment et comme la liste est longue en voici la preuve par l'image !

Mon coup de cœur, la HundertwasserHaus !

... même si la Palmenhaus à Schönbrunn est fort belle ...

MajolikaHaus ... 

... très Art nouveau se dresse en bordure de Naschmarkt.

Il y a également les vestiges de guerre avec la Flakturm convertie en Aquarium. Impossible à détruire sans faire sauter la ville, cette ancienne tour qui accueillait les batteries de DCA n'est d'ailleurs pas la seule qui subsiste à Vienne mais elle est la seule à se dresser en pleine ville !

Evidemment ce n'est qu'un petit échantillonnage de ce qui vous attend.

Nous avons particulièrement apprécié cet adorable chalet d'alpage juste devant le Rathaus !

Mais peut-être, en ce qui vous concerne, resterez vous scotché par la coupole du musée de la Sécession !

Do

 

 

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 18:35

Envie de découverte ?

Visiter Vienne avec nous, qui sait, peut-être ne tarderez vous pas à nous emboîter le pas.

https://youtu.be/vu8xRKtjup0

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 16:16

Lors de ce séjour viennois nous avons eu quelques coups de coeur et un coup au coeur (en ce qui me concerne) avec lequel je débuterai cet article !

 

Un des symboles de Vienne est incontestablement sa grande roue. Construite en 1896 en un temps record (8 mois), dès son inauguration en 1897 lors d’une fête donnée en l’honneur de la Reine Victoria, la roue devint l’attraction vedette de la cité impériale. Un manne économique qui faillit disparaître durant la seconde guerre mondiale mais qui renaquit de ses cendres bien plus vite que la ville elle-même. Le 25 mai 1947, Vienne émergeant à peine de ses décombres, la grande roue était opérationnelle, un petit musée retrace son histoire au moyen de maquettes installées dans d’anciennes cabines.

Plus de 60 mètres de haut, 15 cabines, regardez la photo et cherchez l’erreur !

La roue ne connaît pas de repos et a su diversifier ses offres pour attirer un maximum de visiteurs car il ne faut pas croire que ce soit le pékin lambda qui intéresse le plus les gestionnaires même s’il lui consacre un stand de photo bidon où il peut se faire tirer la bobine dans une cabine factice !

Je n’ai pas vraiment eu l’opportunité d’analyser ce que je voyais. Au début j’ai observé autour de moi par le truchement de l’objectif qui a capté l’image d’une table dressée pour le repas dans une des cabines. Je n’en ai même pas été étonnée. Puis jusqu’à ce que nous perdions de la hauteur je n’ai plus rien regardé juste mes pieds ! L’heure de la délivrance approchant j’ai commencé à étudier le prospectus que j’avais récupéré en vue d’un article pour le blog et là le cœur m’a manqué en découvrant que les cabines étaient proposées pour des soirées festives, noces, dîners aux chandelles ou, ce fut le coup de grâce, anniversaires de gamins ! Comment imaginer une dizaine de moutards entrain de s’agiter à 60 mètres de haut alors que j’osais à peine remuer un orteil !

C’est avec une joie sans mélange que nous avons regagné les allées du Prater enneigées, le plancher des vaches, y’a rien de mieux !

Lorsque vous êtes à Vienne il y a les « incontournables » : les Bradwurst, les viennoiseries, Sissi et la musique. Nous nous sommes donc arrêtées dans un des Würstelstands de Graben, à la Salm Braü, authentique brasserie datant de 1717 installée dans un ancien cloître, et à la Hofburg pour siroter un chocolat viennois. Oserais-je dire que je préfère le chocolat espagnol ?!

Nous avons eu notre dose de valses, impossible d’échapper à Strauss, et sans le vouloir nous avons croisé plusieurs fois le souvenir de Mozart. Par contre il fut plus difficile de remettre nos pas dans ceux de Schubert et de Beethoven. Il nous a fallu pour que ce soit chose faite organiser une escapade dans les villages vignerons de Grinzing et Heiligenstadt, Schubert étant un grand amateur de Heuriger !

 

Les Heuriger étaient et sont toujours des lieux de culture populaire à la fois débit de boisson et restaurant, autorisés par décret à ne proposer que les vins de leurs propres productions ! Les Heuriger ont encore, une lanterne et une branche de pin accrochées à leur porte d’entrée. Si la lumière est allumée, les clients sont attendus, la maison n’est pas close mais la comparaison s’arrête là.

Couverts de vigne les coteaux de Grinzing descendent jusqu’au Danube et au village d’Heiligenstadt, la campagne à la ville. La distance assez courte avalée dans un environnement rappelant curieusement les petites rues de Meudon (banlieue de Paris) nous avons découvert l’une des demeures de Beethoven. Le « Maître » a souvent résidé à Heiligenstadt et c’est dans ce village qu’il a rédigé en 1802 ce que l’on nomme le testament d’Heiligenstadt. La maison n’étant pas bien grande et l’ameublement réduit au minimum, nous avons eu tout le temps de découvrir ce texte émouvant, en immersion totale avec la musique. Beethoven avait 32 ans lorsqu’il a écrit ses dernières volontés, il y décrit sa souffrance, son désir d’en finir avec la vie et aussi son espoir de voir ses troubles s’estomper progressivement.

En cliquant sur ce lien vous pouvez accéder au texte complet ! 

https://www.musicologie.org/Biographies/b/beethoven-a.html

Il y avait alors 5 ans que son audition s’amenuiser, acouphènes, otalgies le tourmentaient. Ses troubles étaient paradoxaux, le bruit le faisait souffrir mais il n’entendait quasiment rien !

Dans la seconde pièce de la maison nous sommes tombées en arrêt sur le masque mortuaire de ce musicien de génie, une douleur inattendue nous a étreintes, chacune à notre tour, nous n’étions pas ensemble. Un masque n’a rien à voir avec une sculpture qui est empreinte de la personnalité de son créateur. Beethoven était là, devant nous et sa souffrance emplissait l’air autour de nous.

A sa mort, une autopsie a été pratiquée et depuis des analyses ADN ont été effectuées. Nous en savons un peu plus sur les problèmes de santé qui l’affectaient. Il souffrait d’une surdité neuro-sensorielle, une complication immuno-pathologique de la maladie intestinale inflammatoire qu’il a toujours décrite et ayant entraîné une atrophie du nerf auditif. Comme quoi, soigner une maladie ne peut se résumer à en traiter les effets, on comprend mieux pourquoi les médecines alternatives ont une approche globale du patient au contraire de la médecine allopathique.

Beethoven était atteint également de saturnisme, affection aggravée par une incapacité génétique d’élimination du plomb et due à une consommation de vins rhénans « sucrés » au sel de plomb. Une vieille tradition viticole jadis pratiquée sous toutes les latitudes notamment en Charente où les effets ont été particulièrement sérieux.

Pour en revenir à Beethoven dommage que personne n’ait pu lui prescrire l’Huile Essentielle de Bois de Rose. Huile des musiciens, d’un point de vue vibratoire et énergétique c’est l’huile de ceux qui n’ont pas reçu enfant l’affection qui leur était due, ce qui était son cas. Au plan physique elle soigne l’eczéma du conduit auditif, affection en lien avec la non reconnaissance et dont souffrait Beethoven. Elle tempère également les caractères emportés, ce qu’il était, non sans raison !

A Heiligenstadt nous avions rendez-vous avec Beethoven et nous ne le savions pas. Jeudi dernier, nos âmes se sont rencontrées !

Le troisième coup de coeur est également le fait d’un artiste, Franz Xaver Messerschmidt à ne pas confondre avec Messerschmitt, le constructeur aéronautique. Ses créations ont été nettement moins « lourdingues ». Né en Bavière au sein d’une famille d’artistes, Messerschmidt s’est formé à Munich, Graz, Vienne, Rome. Portraitiste de la famille régnante dès ses débuts, il donne très vite libre court à ses capacités créatrices et commençe très jeune à enseigner à l’Académie Royale de Vienne. Sa vie bascule au décès de son ami et professeur de sculpture. Affecté de troubles psychiques Messerschmidt tente de combattre ceux qu’ils désignent comme ses tourmenteurs, « ces esprits qui le torturent nuit et jour », en leur donnant un visage.

 

Psychopathie ou possession ? La question n’a pas été tranchée mais 69 bustes en métal et albâtre sont nés de cette folie, des « têtes de caractère » que nous avons découvertes au Palais du Belvédère de Vienne !

Do

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 18:03

A Vienne, il y les incontournables : l’apfelstrudel (dégusté dès le premier jour, mais nous connaissions déjà), le café Hawelka (une halte revigorante le second jour, avec la chaleureuse poignée de main du patron), la Sachertorte de chez Sacher (là franchement, il n’y a pas de quoi… Vous m’avez comprise !), Demel (où nous nous sommes contentées de faire quelques photos du cadre rococo à souhait, car, comme dit Stéphane Bern, en parlant des gâteaux, « ils ont l’air plus beaux que bon ». Trop chargés. Comme les églises), Mozart (il est partout), Sissi (une rebelle, ça me plaît), le fameux « baiser » de Klimt, Gustav pour les intimes, et… l’école d’équitation dite « l’Ecole Espagnole ». Die Spanische Hofreitschule. Ya !

Ne voulant rien rater, nous y sommes allées.

Le manège d’hiver, où ont lieu les représentations et les entraînements, est situé à proximité de la Hofburg, palais impérial des Habsburg, au centre de Vienne. Ce magnifique bâtiment de 55 mètres de long sur 18 de large, haut de 17 mètres, a été construit entre 1729 et 1735. Peinture blanche, statues monumentales, dorures et colonnades en constituent le décor. Sans oublier le portrait de l’empereur Charles VI, situé dans la loge impériale.

A l’école espagnole, tous les chevaux sont des lipizzans, une race d’origine espagnole dont la particularité est de naître avec une robe brune, virant progressivement au gris, pour devenir parfaitement blanche aux alentour de huit ans. Aujourd’hui, ils sont élevés en Styrie, la province autrichienne la plus méridionale, dont nous sommes originaires nous aussi, du côté de notre mère, soit dit en passant. C’est sûrement là qu’ils doivent vivre leurs plus belles années…

L’Ecole Espagnole de Vienne est aujourd’hui la plus ancienne école d’équitation au monde. La foule se bouscule chaque matin pour assister, aux entraînements des lipizzans. Rien de bien spectaculaire pourtant, dans ces démonstrations qui mettent surtout en évidence la parfaite maîtrise des cavaliers sur leurs montures. Les cavaliers, dont une cavalière (les femmes sont acceptées depuis 2008), portant redingote et bicorne, entrent successivement, saluent en se découvrant (je croyais qu’il saluait le public, mais non, il est de coutume de se découvrir devant le portrait de l’empereur évoqué plus haut ! Naïve que je suis…) et enchaînent les allures, les voltes et demi-voltes, au pas, au trot et au galop. Tout est très contenu, bien rôdé, sans aucun écart, jamais, même si les chevaux manifestent parfois leur mécontentement en couchant les oreilles, fouettant de la queue ou en soufflant fort par les naseaux. Chacun enchaîne les figures et les allures à son rythme. Lorsque le cheval a bien travaillé, après une petite récompense, il a le droit de se détendre un peu, rênes longues, avant de retourner à l’écurie.

A vrai dire, c’est beau, mais c’est un peu ennuyeux. On aimerait les voir se défouler un peu, ces magnifiques chevaux. En ont-ils parfois l’occasion, hormis les deux mois d’été qu’ils passent à la campagne ? C’est qu’il n’y a pas beaucoup d’espaces verts autour de la Hofburg. Dur dur, d’être un lipizzan à Vienne !

Contre toute attente, l’émotion n’est pas au rendez-vous. Au contraire, une certaine gêne s’insinue et ne fait que s’accentuer au fil des minutes, atteignant son paroxysme lorsqu’un cheval non monté fait son entrée, la queue saucissonnée comme un cheval de hockey, encadré par deux cavaliers à pieds. Quelques pas de danse et hop ! On le détache pour le ramener à l’écurie. C’est quoi, ça ? Du cirque ? J’ai le sentiment qu’il se sent un peu ridicule… Et je compatis.

Nous ne resterons pas les deux heures prévues. D’abord parce que la démonstration est assez monotone, ensuite parce que la vue de ces chevaux soumis à l’excès par leur cavalier, encolure fléchie à l’extrême, (une position de dressage équestre (la Rollkür) aujourd’hui fortement décriée, potentiellement douloureuse pour l’animal et de plus en plus assimilée par des spécialistes à de la maltraitance) nous indispose. Pour tout dire, on voudrait les voir se rebeller un peu, quoi.

J’aime les chevaux. Ils me fascinent depuis toujours. La vue d’un cheval au galop, je l’avoue, m’émeut toujours profondément, surtout dans un cadre naturel. J’éprouve toujours un immense plaisir à suivre leurs évolutions qu’ils soient libres ou montés, mais là, je ne ressens rien sinon une vague révolte devant cette démonstration de domination de l’animal par l’homme.

Comme nous voilà loin de l’équitation naturelle, sans fers et sans mors, qui fort heureusement recueille de plus en plus d’adeptes !

A l’origine, les mouvements de Haute Ecole avaient pour but de renforcer la musculature des chevaux destinés au combat. Elle n’a donc plus aucune utilité aujourd’hui. C’est un beau spectacle, diront certains. Oui, mais à quel prix ?

Nous avons décidément encore bien des progrès à faire sur le chemin du respect de la condition animale.

La Haute Ecole ne m’avait jamais attirée (pas pour en faire car, de toute façon, je n’ai jamais eu le niveau, mais pour regarder), aujourd’hui, je peux le dire : je ne suis pas d’accord avec ça, DU TOUT !

Frédérique

 

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 17:06

Nous revoilà en Roussillon après un séjour viennois d’une semaine.

Rassurez-vous nous n’avons pas l’intention de vous narrez par le menu toutes nos découvertes, nous nous en tiendrons à nos coups de cœur et partagerons juste avec vous certaines impressions, ce qu’il faut pour vous donner envie d’y aller aussi, si ce n’est déjà fait !

Visiter Vienne nous tentait depuis longtemps mais le camping-car n’était pas le meilleur des plans, nous avons déjà testé, la route est vraiment longue depuis notre midi et pleine de travaux l’été !

De toute façon nous avions envie de découvrir la ville en hiver !

C’est donc chose faite, le rêve est devenu réalité. Un séjour épatant avec vol direct au départ de Barcelone, ce qui pour nous est nettement plus pratique que de monter à Paris. L’hôtel, trouvé sur Booking.com et fort bien situé, nous a permis de rayonner tant à pieds qu’en tramway dans toutes les directions. Il faut dire qu’à Vienne le réseau de tramways, bus et métros est dense, les rotations sont fréquentes, tout est connecté et à chaque station le voyageur est averti des différentes correspondances, de la direction à prendre pour atteindre la sortie. Si le trajet est assez cher (2€ l’unité), un système de cartes permet à chacun de trouver le moyen le plus approprié à ses besoins.

Bien tuyautées par la direction de l’hôtel, nous nous sommes équipées de la « Wochenkarte » et moyennant 16,20€ nous avons sillonné la ville et ses environs en long en large et en travers rentabilisant l’investissement dès le deuxième jour ! Ce qui soit dit en passant ne nous a pas empêchées d'enfiler nos 6 heures de marche par jour avec pour nous aider à tenir des pauses café comme chez Hawelka au cadre très cosy !

 

Sans être accro à Internet, je dois dire que c’est vraiment épatant et tout étant maintenant disponible sur le Net, nous avions en poche avant le départ les places de concert, les billets coupe-fil pour Schönbrunn et la Hofburg, les entrées à l’Ecole Espagnole sans parler de la réservation du parking longue durée à Barcelone qui (pour un prix modique pour peu que l’on anticipe sa réservation) inclut les transferts aller et retour de l’aéroport.

En fait je me suis régalée 3 fois, en préparant le voyage, en le vivant et en constatant au retour à quel point j’avais progressé. A aucun moment de ce voyage et Frédérique a fait le même constat, je n’ai connu de stress. Tout s’est déroulé comme nous l’avions envisagé, la vie nous a présenté les meilleures opportunités, elle nous a même offert en début de voyage de belles chutes de neige qui nous ont permis de découvrir Vienne sous un jour bien loin des clichés de cartes postales, ce dont nous rêvions !

 

Alors prêt pour une escapade viennoise ?

Do

Ps. Lui, sur son piédestal, c'est Wolfgang !

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 18:41

Nous voici de retour après 2 bonnes semaines d’errance et prêtes à repartir !

3000 kilomètres sur les routes de France avec un but, aider un ami à souffler ses 60 bougies.

 

 

 

Des instants plein d’amour, de tristesse aussi, sous le signe de l’amitié.

Des retrouvailles, des rencontres inattendues, de nouveaux liens noués !

Une jolie fête au pays breton qui nous a permis de danser de nouveau la Ronde de St Malo et, également, de vivre des moments d’exception comme la découverte de la superbe exposition consacrée à l’oeuvre de Marc Chagall !

 

 

 

Une révélation car si je connaissais certaines œuvres de cet artiste, à commencer par le plafond de l’Opéra de Paris, je ne m’étais jamais immergée dans son monde. Les couleurs me parlaient mais l’émotion n’était pas au rendez-vous. Or c’est une vie foisonnante que la fondation Édouard et Hélène Leclerc, au travers de plus de 300 œuvres, a révélé à tous ceux qui ont eu, comme nous, le bonheur de faire halte au couvent des Capucins de Landerneau !

 

 

 

Cerise sur le gâteau, la ville possède un bâti, selon l’expression consacrée, admirable et une grande vitalité. Les berges de l’Elorn transformées en musée de plein air accueillent des expositions temporaires tout à fait passionnantes et apparemment fréquemment renouvelées. Sans parler de la crêperie Ar Wamm Favé du pont Rohan !

 

Pont Rohan

 

 

Si je ne doute pas que Chagall ait été rompu aux codes académiques les plus strictes, il a su s’en affranchir. Peintre d’atelier il cogitait, bricolait, "patouillait" de multiples épreuves avant de donner vie à son univers. Oubliées perspectives et lignes de fuite, chaque toile est multiple et des touches de couleurs éclairent les sujets les plus douloureux. Peintre engagé, témoin sans concession de son temps et des horreurs de la guerre, ses toiles portent toujours une note d’espoir.

 

La Guerre

 

 

Passé, présent se télescopent. Collage, huile, gouache cohabitent sur une même toile.

Le passé revisite le présent, ou vice versa. La peinture de Chagall fait le lien Ciel-Terre. Chaque toile est comme un air d’opéra quand plusieurs personnages chantent ensemble, sans toutefois être à l’unisson !

 

Le cheval Rouge

 

 

Pas étonnant d’avoir croisé à cette exposition de nombreux marmots, d’une tranquillité enthousiaste ! Une heureuse surprise après ce que nous avions constaté au Musée des Antiquités d’Arles où les trois quart des lycéens ne se préoccupaient que de leurs portables.

 

 

 

Sanguine, fusain, pastel, aquarelle, huile, céramique, sculpture, sa création se décline à l’infini. Un déclic, une libération car au gré de la visite des portes s’ouvrent. Chagall, c’est la liberté de s’exprimer selon ses ressentis. Je me suis régalée !

 

 

Du Nord au Sud via le grand Ouest !

Et si cette expo est terminée depuis le 1er Novembre, d’autres merveilles n’attendent que votre visite. J’ai quelques tuyaux sous le coude qui feront l’objet d’un prochain article !

Do

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 12:56
Roncal
Roncal

La France n’est maintenant plus très loin et le radieux soleil nous invite à la rêverie. Nous envisageons quelques randos à mettre au programme des jours à venir au Pays Basque. Nous avons un temps envisagé de filer sur Pampelune par la Foz de Binies où une belle marche nous tentait jusqu’à ce que l’on nous en dissuade fermement.

« Una carretera que es une preciosidad pero muy peligrosa ».

Vale !

Si c’est dangereux, on n’insiste pas, nous découvrirons cette merveille par un autre itinéraire une autre fois ! Nous prenons le chemin du retour, via Roncal où nous faisons une première halte.

Aragon-Navarre, jour 10, El Ultimo !

Gros bourg de montagne, la météo fait mentir le guide. Pas de brume ou de brouillard, la beauté du coin n’a rien de mélancolique ou d’austère. Nous repérons tout de suite les énormes cheminées rondes coiffées d’un toit rappelant les espantabrujas aragonaises. Ville natale du célèbre ténor Julian Gayarre, (totalement inconnu de nous, et vous ?) après en avoir découvert les points d’intérêt nous finissons au cimetière pour découvrir le mausolée du chanteur érigé à la fin du XIXe siècle. Le moins que l’on puisse dire est que le sculpteur s’est « lâché ». Le Bernin n’aurait pas fait mieux. La « Musique » y est figurée inconsolable par la mort du chanteur que pleurent Harmonie et Mélodie pendant que le génie du Renom étend ses ailes sur le cercueil !

Mausolée de Julain Gayarre
Mausolée de Julain Gayarre

Bigre ! Nous en restons baba, on s’interroge aussi sur cette curieuse représentation de Jésus trouvée sur une tombe « ordinaire » ! Lui aussi semble ébranlé !

Aragon-Navarre, jour 10, El Ultimo !

Nous reprenons la route pour Isaba, village qui se révèle très sympa.

Roncal, bis.

Cela monte, descend, il faut regarder où l’on met les pieds car le sol en galets bien que d’un bel effet est périlleux. Certes nous commençons à en avoir la pratique mais le moindre écart est douloureusement sanctionné.

Ochogavia, un des ponts
Ochogavia, un des ponts

Nous avons beau retarder l’échéance la frontière approche, Ochagavia sera notre ultime halte ibérique et notre belle salle à manger ! Il paraît que l’église est belle, bon ! Nous nous arrêtons plutôt pour admirer les intérieurs des halls d’entrée des demeures. Toutes les portes sont entre-ouvertes, les sols de galets cirés donnent l’illusion de tapis et accueillent des décors rustiques parfois cossus, signes extérieurs de richesse ?!

Entrée particulière
Entrée particulière

Nous remarquons aussi una estacion patatera et il me revient avoir lu que dans ces villages de montagne, les récoltes étaient ainsi mises à l’abri, collectivement !

Estacion patatera
Estacion patatera

Nous allons regagner le fourgon quand un objet incongru attire notre attention !

Oeuvre d'Art !
Oeuvre d'Art !

Un gros ballon orangé se balance au gré du courant du rio Salazar, est-ce un clin d’œil à l’Euro de foot ? Nous en doutons toutefois car partout où nous sommes passées l’Euro ne semblait pas marquer les esprits. Pas l’ombre d’une « Fanzone », pas de retransmission dans les bistrots, pourquoi ce ballon ? Pour surveiller le niveau de l’eau ? En cas d’inondation ne va t’il pas se coincer sous une arche et faire bouchon ?

Nous rodons à la recherche d’une explication quand nous avisons un affichage. Bingo !

Ce ballon est une œuvre d’art ! Nous devons cette intervention artistique à Albert Gusi … ainsi lit-on : "L’artiste a placé ce ballon géant de plage pour stimuler notre imagination et notre perception de l’environnement … sa taille est conçu pour en interdire l’escalade, le déplacement y compris le passage sous les ponts !"

La France n'est plus loin
La France n'est plus loin

Reparties sans avoir poussé jusqu’à la Musquilda, un promontoire qui a accueille un lieu de pèlerinage nous filons vers la frontière et tous nos espoirs de découverte du Pays Basque sous le soleil s’envole.

Notre chemin de la scierie !
Notre chemin de la scierie !

Sous la pluie, dans les nuages nous nous demandons un bon moment où est la frontière.

Si état d’urgence il y a, toutes les forces de l’ordre doivent être concentrées sur les stades.

Pas de douanier, de contrôle policier, même pas de panneaux indiquant que nous sommes en territoire français mais juste un indice, ça saute, ça cahote, c’est plein de trous. On se croirait chemin de la scierie !

Nous sommes en France !

Evidemment c'était il y a maintenant quelques 3 semaines, sans nul doute tout est-il bouclé aujourd'hui ! Do

Et un grand merci à Jean Paul Dugene dont le blog a constitué pour nous une mine inépuisable de renseignements pour préparer notre découverte!

http://www.jpdugene.com/index.html

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 15:53

Et voilà, ce matin, le fourgon grognon ne veut rien savoir ! Il fait pourtant bon, aucun excès de chaleur ; il n’a pas roulé hier… Il devrait démarrer au quart de tour ! Mais non. Il n’y a pas à dire, la situation se dégrade. Claude et Michèle vont-ils devoir renoncer à ce dernier jour de balade ? Certes, nous pouvons faire comme la veille et nous rendre tous les quatre à bord du Ptibus pour la dernière visite, mais tout le monde est bien conscient que c’est reculer pour mieux sauter. Claude enchaîne les tentatives infructueuses, et c’est finalement Dominique, après avoir visualisé le rayon « Cristal Diamant » (oui !) sur le moteur malade, qui réussit à le faire démarrer. Il ne reste plus qu’une solution : rentrer en France par l’itinéraire le plus rapide, c'est-à-dire sensiblement celui de l’aller, d’une traite, et sans couper le moteur. Cela risque d’être galère, mais il n’y a pas le choix.

Nos routes se séparent donc. Nous, nous continuons encore un peu, car nous comptons passer la frontière du côté du Pays Basque. Passées le moment des embrassades, chacun saute dans son fourgon et nous roulons de conserve jusqu’à l’autovia Pampelune, Huesca… On sort les mouchoirs… A bientôt !!! On recommencera, c’était chouette…

Foz de Lumbier
Foz de Lumbier

Tandis que Claude et Michèle entame le retour infernal vers Lapalme, nous gagnons le village de Lumbier, pour découvrir la Foz de Lumbier, une gorge spectaculaire du rio Irati. L’accès se trouve à environ deux kilomètres du village ; un parking payant marque le début de la réserve naturelle. Ensuite, la découverte se fait obligatoirement à pieds et est accessible aux poussettes et aux fauteuils roulant sur la partie basse. Il est possible d’effectuer une boucle de 5,5 kms, en revenant par le haut des falaises. Nous, en ce qui nous concerne, nous n’avons pas sorti les chaussures de marche et nous préférons nous contenter du petit parcours : 2,6 km.

Aliens...
Aliens...

Le défilé des gorges est long de 1,3 kilomètre ; le sentier emprunte une ancienne voie ferrée, et est particulièrement aisé, si ce n’est la traversée de deux tunnels. Pas de problème à l’aller ; le parcours est ombragé par la falaise et nous conservons une certaine visibilité dans le noir. Au retour, c’est une autre histoire : nous passons sans transition du grand soleil à l’obscurité totale, complètement aveuglées. Heureusement que Dominique a sa lampe de poche !

La ligne de chemin de fer qui longe le cours du Rio Irati, fut la première ligne électrifiée transportant des passagers d’Espagne. Entre 1911 et 1955, elle reliait Pampelune, Aoiz et Sangüesa, sur un parcours de 58 kilomètres. Aujourd’hui, c’est 6 kilomètres de voie verte qui occupent ce parcours spectaculaire.

bruitres en sentinelles
bruitres en sentinelles

Aucun dénivelé, un sol bien nivelé, toutes les conditions sont réunies pour profiter pleinement du ballet incessant des maîtres des lieux : Bruitres (Percnoptères d’Egypte) et vautours. Ils sont incroyablement nombreux, encore plus que sur le site des Mallos et nous mitraillons tous azimuts. On peut en observer en vol, dans les nids, à flancs de falaises, perchés au sommet, piquant un petit roupillon… Il y en a partout, partout. Des gros et aussi des plus petits : pinsons, choucas et martinets noirs. On peut aussi, parait-il, y observer le mythique gypaëte barbu (il n’y a pas qu’eux, nous aussi, on en a, dans la réserve de Jujols, d’abord…), mais notre œil n’est pas assez exercé pour les reconnaître en vol. Nous sommes fascinées et en oublions presque d’admirer le paysage, somptueux, les hautes falaises de calcaire entre lesquelles rugissent les eaux incroyablement émeraudes de la rivière.

Pont médiéval à Burgui
Pont médiéval à Burgui

Arrivées au bout du défilé, nous faisons une brève tentative pour aller admirer le Puente del diablo, vieux pont médiéval ruiné, mais le sol nous parait trop instable et nous y renonçons. Il aurait fallu prévoir les chaussures de marche. Tant pis. Nous revenons sur nos pas et récupérons le Ptibus pour revenir à Lumbier où subsiste un autre pont, en parfait état, celui-là. Nous ne visiterons pas le village. D’autres sont prévus.

Nous reprenons la route vers Navascues, puis Burgui, où nous faisons halte pour nous restaurer. Nous sommes toujours en Navarre, mais à la limite de l’Aragon. Ici, les villages rappellent un peu ceux du pays basque : les maisons sont blanches, majoritairement et abondamment fleuries. Les noms sont écrits dans deux langues, castillan et une autre, aussi bizarre que le basque ; c’est peut-être ça ?

Après manger, nous faisons quelques pas dans le village. Comme dans tous les autres, les ruelles sont couvertes de pavés allongés où il vaut mieux s’abstenir de courir ou de porter des talons aiguilles. Là encore, on peut admirer un superbe pont médiéval. Décidément, il y en a partout.

Vue générale sur Anso
Vue générale sur Anso

Après cette halte, retour en Aragon pour gagner la vallée de Anso… Nous traversons Garde, joli village où nous ne nous arrêtons pas, mais nous pourrions ; il doit aussi en valoir le coup. Mais il faut bien faire un choix ; on ne peut pas tout voir la première fois ! La route de montagne est assez étroite et sinueuse. Nous franchissons un col, retrouvons l’Aragon (belle route en Navarre, plus étroite et endommagée en Aragon ! Mais c'est une exception car d'une façon générale, le réseau routier est excellent partout) et redescendons rapidement sur Anso où, pour l’instant nous ne faisons que passer. Juste un bref arrêt pour s’assurer que le camping est bien ouvert (il est désert). La réponse est positive ; nous allons revenir !

monastère de Siresa
monastère de Siresa

La route qui conduit de Anso à Hecho traverse une autre sierra, mais la route est plus large et plus facile ; nous franchissons un nouveau col, redescendons sur Hecho que nous traversons pour gagner directement Siresa, petit village qui s’enorgueillit de posséder un somptueux monastère.

Nous y arrivons un peu trop tôt ; le monastère est fermé et n’ouvre ses portes qu’à 16 heures. Qu’à cela ne tienne, nous nous baladons dans le village et nous nous installons à la terrasse d’un café pour boire un coup en attendant. L’ambiance est sympathique, mais la menthe est trop forte, limite buvable.

Il est 16 heures, et le monastère n’ouvre pas. Nous découvrons qu’en pareil cas, il faut aller sonner à un endroit précis, de l’autre côté du village (le soleil tape dur et la motivation est faible) ; et encore, il n’est pas certain qu’ils viennent ouvrir ! Le week-end, oui, mais en semaine, rien de moins sûr. Alors…

église de Anso
église de Anso

Nous décidons de repartir sans voir le monastère (il faut aussi avouer que, nous commençons à être en overdose d’églises) et regagnons Hecho où nous faisons quelques pas sans enthousiasme. Il ne nous reste plus qu’une chose à faire : revenir à Anso, qui nous a vraiment tapé dans l’œil, s’installer au camping et aller visiter le village.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous nous installons sur le terrain de camping, toujours aussi désert. Nous avons tout l’espace pour nous seules. L’ambiance est montagnarde et fleure bon les pins. Nous adoptons peu à peu le rythme espagnol : nous nous installons à l’ombre, en attendant que la chaleur tombe un peu et sur le coup de dix huit heures, nous partons à la découverte de Anso, très justement classé parmi les plus beaux villages d’Espagne.

Fontaine, à Anso
Fontaine, à Anso

Rues pavés, jolies maisons blanches généreusement fleuries, fontaines, plaza Mayor, et ambiance sympathique. Nous trouvons une petite épicerie pour nous ravitailler en eau… Une autre boutique vend des spécialités du coin : fromage de brebis et tarte au miel ; on achète ! Il faut goûter aux spécialités locales. Nous nous asseyons un moment sur la place, pour l’ambiance. On est vraiment bien ici. Ça donne envie de se poser.

Plaza Mayor Anso
Plaza Mayor Anso

C’est au cours de nos déambulations dans cet adorable village de montagne que nous parvient le SMS de Claude et Michèle : bien arrivés à Lapalme, un peu « nazes » (on s’en doute), mais entiers ! Michèle a dopé le chauffeur à coup de fruits secs. Un bon plan.

Nous sommes contentes pour eux. Nous retrouvons notre petit camping. Un peu plus tard, un couple d’espagnols vient s’installer, à bonne distance de nous. Nous sommes à une cinquantaine de kilomètres de la France, par le col de la Pierre Saint Martin, au dessus d’Oloron Sainte Marie. Mais nous ne sommes pas pressées d’y retourner.

Très sympa, ce coin. On y reviendra, tiens !

Fredo

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