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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 18:15

Le Kunsthistorische Museum de Vienne détient la plus grande concentration d’œuvres de Brueghel. Présentée par le guide du Routard comme le clou des collections de ce musée, il n’en fallait pas plus pour nous décider à partir à l’assaut de ce temple de la culture, le Louvre en un peu moins touffu, mais quand même « du lourd ».

Peintre graveur, Pieter Brueghel dit l’ancien est né entre 1525 et 1530, décédé en 1569 47 œuvres lui sont officiellement attribuées à ce jour, essentiellement des huiles sur bois mais il est avéré toutefois que son œuvre ne se résume pas à ce qui est exposé dans les musées. De nombreuses créations ont disparu mais sont néanmoins connues des spécialistes grâce aux copies qui en ont été faites notamment par l’un de ses fils, Brueghel d’Enfer ou le jeune, ou parce que l’on retrouve leurs traces dans des inventaires de collections privées ou publiques.

Brueghel était très jeune lorsqu’il devint maître de peinture à Anvers et bien que l’époque fut troublée il voyagea jusqu’en Italie pour découvrir les peintres de la Renaissance italienne.

L’Art de Brueghel n’a pourtant rien à voir avec celui de ses contemporains, Cranach, Titien ou même Michel Ange essentiellement parce qu’il s’est attaché à donner vie au petit peuple, aux obscures, aux sans gloire.

 

S’il a peint quelques sujets d’inspiration religieuse, on ne retrouve pas dans toute son œuvre les traditionnelles scènes mystiques, descente de croix, Vierges, lapidations, martyres qui nous ont soit dit en passant passablement « gavées » lors de notre visite. Les notables, les têtes couronnées, les faits d’inspiration religieuses ne retenaient pas son attention et si le sacré est parfois présent il est totalement intégré à la vie profane.

Brueghel a peint le quotidien de ses contemporains que ce soit au Pays Bas ou dans les pays visités et ce qu’il donne à voir est un témoignage sans fioriture de la vie de tous les jours. Chaque peinture est un livre ouvert, la vie y fourmille en une infinité de détails qui révèlent sa vision du monde, un monde où l’humain et la Nature sont totalement liés.

 

Vie et mort, cataclysme ou liesse populaire, travail et oisiveté

Nous nous sommes en effet régalées dans cette salle où une artiste peintre terminait la copie de l’une des plus célèbres oeuvres de Brueghel, les lacs gelés. C’est d’ailleurs en l’observant que j’ai vraiment pris la mesure de la richesse foisonnante de sa peinture, elle travaillait avec un pinceau qui avait tout au plus une dizaine de poils et de ce simple trait émergeait une vie insoupçonnée !

 

Vraiment magnifique !

Do

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 16:16

Lors de ce séjour viennois nous avons eu quelques coups de coeur et un coup au coeur (en ce qui me concerne) avec lequel je débuterai cet article !

 

Un des symboles de Vienne est incontestablement sa grande roue. Construite en 1896 en un temps record (8 mois), dès son inauguration en 1897 lors d’une fête donnée en l’honneur de la Reine Victoria, la roue devint l’attraction vedette de la cité impériale. Un manne économique qui faillit disparaître durant la seconde guerre mondiale mais qui renaquit de ses cendres bien plus vite que la ville elle-même. Le 25 mai 1947, Vienne émergeant à peine de ses décombres, la grande roue était opérationnelle, un petit musée retrace son histoire au moyen de maquettes installées dans d’anciennes cabines.

Plus de 60 mètres de haut, 15 cabines, regardez la photo et cherchez l’erreur !

La roue ne connaît pas de repos et a su diversifier ses offres pour attirer un maximum de visiteurs car il ne faut pas croire que ce soit le pékin lambda qui intéresse le plus les gestionnaires même s’il lui consacre un stand de photo bidon où il peut se faire tirer la bobine dans une cabine factice !

Je n’ai pas vraiment eu l’opportunité d’analyser ce que je voyais. Au début j’ai observé autour de moi par le truchement de l’objectif qui a capté l’image d’une table dressée pour le repas dans une des cabines. Je n’en ai même pas été étonnée. Puis jusqu’à ce que nous perdions de la hauteur je n’ai plus rien regardé juste mes pieds ! L’heure de la délivrance approchant j’ai commencé à étudier le prospectus que j’avais récupéré en vue d’un article pour le blog et là le cœur m’a manqué en découvrant que les cabines étaient proposées pour des soirées festives, noces, dîners aux chandelles ou, ce fut le coup de grâce, anniversaires de gamins ! Comment imaginer une dizaine de moutards entrain de s’agiter à 60 mètres de haut alors que j’osais à peine remuer un orteil !

C’est avec une joie sans mélange que nous avons regagné les allées du Prater enneigées, le plancher des vaches, y’a rien de mieux !

Lorsque vous êtes à Vienne il y a les « incontournables » : les Bradwurst, les viennoiseries, Sissi et la musique. Nous nous sommes donc arrêtées dans un des Würstelstands de Graben, à la Salm Braü, authentique brasserie datant de 1717 installée dans un ancien cloître, et à la Hofburg pour siroter un chocolat viennois. Oserais-je dire que je préfère le chocolat espagnol ?!

Nous avons eu notre dose de valses, impossible d’échapper à Strauss, et sans le vouloir nous avons croisé plusieurs fois le souvenir de Mozart. Par contre il fut plus difficile de remettre nos pas dans ceux de Schubert et de Beethoven. Il nous a fallu pour que ce soit chose faite organiser une escapade dans les villages vignerons de Grinzing et Heiligenstadt, Schubert étant un grand amateur de Heuriger !

 

Les Heuriger étaient et sont toujours des lieux de culture populaire à la fois débit de boisson et restaurant, autorisés par décret à ne proposer que les vins de leurs propres productions ! Les Heuriger ont encore, une lanterne et une branche de pin accrochées à leur porte d’entrée. Si la lumière est allumée, les clients sont attendus, la maison n’est pas close mais la comparaison s’arrête là.

Couverts de vigne les coteaux de Grinzing descendent jusqu’au Danube et au village d’Heiligenstadt, la campagne à la ville. La distance assez courte avalée dans un environnement rappelant curieusement les petites rues de Meudon (banlieue de Paris) nous avons découvert l’une des demeures de Beethoven. Le « Maître » a souvent résidé à Heiligenstadt et c’est dans ce village qu’il a rédigé en 1802 ce que l’on nomme le testament d’Heiligenstadt. La maison n’étant pas bien grande et l’ameublement réduit au minimum, nous avons eu tout le temps de découvrir ce texte émouvant, en immersion totale avec la musique. Beethoven avait 32 ans lorsqu’il a écrit ses dernières volontés, il y décrit sa souffrance, son désir d’en finir avec la vie et aussi son espoir de voir ses troubles s’estomper progressivement.

En cliquant sur ce lien vous pouvez accéder au texte complet ! 

https://www.musicologie.org/Biographies/b/beethoven-a.html

Il y avait alors 5 ans que son audition s’amenuiser, acouphènes, otalgies le tourmentaient. Ses troubles étaient paradoxaux, le bruit le faisait souffrir mais il n’entendait quasiment rien !

Dans la seconde pièce de la maison nous sommes tombées en arrêt sur le masque mortuaire de ce musicien de génie, une douleur inattendue nous a étreintes, chacune à notre tour, nous n’étions pas ensemble. Un masque n’a rien à voir avec une sculpture qui est empreinte de la personnalité de son créateur. Beethoven était là, devant nous et sa souffrance emplissait l’air autour de nous.

A sa mort, une autopsie a été pratiquée et depuis des analyses ADN ont été effectuées. Nous en savons un peu plus sur les problèmes de santé qui l’affectaient. Il souffrait d’une surdité neuro-sensorielle, une complication immuno-pathologique de la maladie intestinale inflammatoire qu’il a toujours décrite et ayant entraîné une atrophie du nerf auditif. Comme quoi, soigner une maladie ne peut se résumer à en traiter les effets, on comprend mieux pourquoi les médecines alternatives ont une approche globale du patient au contraire de la médecine allopathique.

Beethoven était atteint également de saturnisme, affection aggravée par une incapacité génétique d’élimination du plomb et due à une consommation de vins rhénans « sucrés » au sel de plomb. Une vieille tradition viticole jadis pratiquée sous toutes les latitudes notamment en Charente où les effets ont été particulièrement sérieux.

Pour en revenir à Beethoven dommage que personne n’ait pu lui prescrire l’Huile Essentielle de Bois de Rose. Huile des musiciens, d’un point de vue vibratoire et énergétique c’est l’huile de ceux qui n’ont pas reçu enfant l’affection qui leur était due, ce qui était son cas. Au plan physique elle soigne l’eczéma du conduit auditif, affection en lien avec la non reconnaissance et dont souffrait Beethoven. Elle tempère également les caractères emportés, ce qu’il était, non sans raison !

A Heiligenstadt nous avions rendez-vous avec Beethoven et nous ne le savions pas. Jeudi dernier, nos âmes se sont rencontrées !

Le troisième coup de coeur est également le fait d’un artiste, Franz Xaver Messerschmidt à ne pas confondre avec Messerschmitt, le constructeur aéronautique. Ses créations ont été nettement moins « lourdingues ». Né en Bavière au sein d’une famille d’artistes, Messerschmidt s’est formé à Munich, Graz, Vienne, Rome. Portraitiste de la famille régnante dès ses débuts, il donne très vite libre court à ses capacités créatrices et commençe très jeune à enseigner à l’Académie Royale de Vienne. Sa vie bascule au décès de son ami et professeur de sculpture. Affecté de troubles psychiques Messerschmidt tente de combattre ceux qu’ils désignent comme ses tourmenteurs, « ces esprits qui le torturent nuit et jour », en leur donnant un visage.

 

Psychopathie ou possession ? La question n’a pas été tranchée mais 69 bustes en métal et albâtre sont nés de cette folie, des « têtes de caractère » que nous avons découvertes au Palais du Belvédère de Vienne !

Do

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 18:41

Nous voici de retour après 2 bonnes semaines d’errance et prêtes à repartir !

3000 kilomètres sur les routes de France avec un but, aider un ami à souffler ses 60 bougies.

 

 

 

Des instants plein d’amour, de tristesse aussi, sous le signe de l’amitié.

Des retrouvailles, des rencontres inattendues, de nouveaux liens noués !

Une jolie fête au pays breton qui nous a permis de danser de nouveau la Ronde de St Malo et, également, de vivre des moments d’exception comme la découverte de la superbe exposition consacrée à l’oeuvre de Marc Chagall !

 

 

 

Une révélation car si je connaissais certaines œuvres de cet artiste, à commencer par le plafond de l’Opéra de Paris, je ne m’étais jamais immergée dans son monde. Les couleurs me parlaient mais l’émotion n’était pas au rendez-vous. Or c’est une vie foisonnante que la fondation Édouard et Hélène Leclerc, au travers de plus de 300 œuvres, a révélé à tous ceux qui ont eu, comme nous, le bonheur de faire halte au couvent des Capucins de Landerneau !

 

 

 

Cerise sur le gâteau, la ville possède un bâti, selon l’expression consacrée, admirable et une grande vitalité. Les berges de l’Elorn transformées en musée de plein air accueillent des expositions temporaires tout à fait passionnantes et apparemment fréquemment renouvelées. Sans parler de la crêperie Ar Wamm Favé du pont Rohan !

 

Pont Rohan

 

 

Si je ne doute pas que Chagall ait été rompu aux codes académiques les plus strictes, il a su s’en affranchir. Peintre d’atelier il cogitait, bricolait, "patouillait" de multiples épreuves avant de donner vie à son univers. Oubliées perspectives et lignes de fuite, chaque toile est multiple et des touches de couleurs éclairent les sujets les plus douloureux. Peintre engagé, témoin sans concession de son temps et des horreurs de la guerre, ses toiles portent toujours une note d’espoir.

 

La Guerre

 

 

Passé, présent se télescopent. Collage, huile, gouache cohabitent sur une même toile.

Le passé revisite le présent, ou vice versa. La peinture de Chagall fait le lien Ciel-Terre. Chaque toile est comme un air d’opéra quand plusieurs personnages chantent ensemble, sans toutefois être à l’unisson !

 

Le cheval Rouge

 

 

Pas étonnant d’avoir croisé à cette exposition de nombreux marmots, d’une tranquillité enthousiaste ! Une heureuse surprise après ce que nous avions constaté au Musée des Antiquités d’Arles où les trois quart des lycéens ne se préoccupaient que de leurs portables.

 

 

 

Sanguine, fusain, pastel, aquarelle, huile, céramique, sculpture, sa création se décline à l’infini. Un déclic, une libération car au gré de la visite des portes s’ouvrent. Chagall, c’est la liberté de s’exprimer selon ses ressentis. Je me suis régalée !

 

 

Du Nord au Sud via le grand Ouest !

Et si cette expo est terminée depuis le 1er Novembre, d’autres merveilles n’attendent que votre visite. J’ai quelques tuyaux sous le coude qui feront l’objet d’un prochain article !

Do

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 17:13
Aragon-Navarre, édition spéciale, Huesc'Arts

Lorsque nous avons découvert Huesca, de prime abord nous fûmes déçus surtout par une absence de vie peu habituelle en ce pays. Le patrimoine bâti, selon l’expression consacrée, est beau, il est aisé de le découvrir en suivant un itinéraire matérialisé par des panneaux didactiques retraçant l’histoire de la ville et son évolution.

Ville romaine, place-forte musulmane, capitale de l’Aragon après la reconquête, la ville fut le théâtre de heurts sanglants en 1837 lors de la première guerre carliste (genre guerre de succession). Quasiment 100 ans plus tard, tombée sous le joug des troupes franquistes, elle fut de nouveau ensanglantée.

Aragon-Navarre, édition spéciale, Huesc'Arts

La fondation « Ramon y Katia Acin » tout en retraçant et préservant l’oeuvre de ces 2 artistes, s’est donnée pour but de rappeler aux générations actuelles la mémoire et les valeurs qui ont marqué les générations contemporaines de cette époque tourmentée.

Humaniste, pédagogue, Ramon Acin s’est battu pour défendre la liberté de penser, d’agir, « la mort de l’intelligence facilite l’esclavage » disait-il ! Développer raison et entendement, favoriser l’accès à la culture seule source de liberté pour « une classe laborieuse maltraitée » fit de lui l’homme à abattre !

caricatures de Ramon Acin
caricatures de Ramon Acin

En ce qui me concerne, j’ai assez vite trouvé un fil conducteur à cette visite de ville en découvrant sur un mur aveugle une gigantesque peinture murale.

L'Oeil Fratelli Moca
L'Oeil Fratelli Moca

Quelle symbolique y voir ? Je n’en sais guère plus aujourd’hui, il faudrait chercher !

Je suis juste en mesure de vous apprendre qu’elle est la réalisation d’un artiste de rue Fratelli Moca et s’inscrit dans le cadre d’un projet fédérateur voulu par la municipalité de la ville afin de revitaliser le centre historique de Huesca.

Le cœur historique a été divisé en secteurs, chaque secteur a fait l’objet d’études débouchant sur la mise en exergue d’une problématique : friches industrielles à réhabiliter, chantiers de restauration de bâtiments à envisager, espaces murales à habiller … si vous voulez voir ce que cela donne, clic !

https://youtu.be/GnGFvqUaUk0

Aragon-Navarre, édition spéciale, Huesc'Arts

Une association a vu le jour, Re-Gen, et fédère tous les acteurs de cette reconquête du centre ville. Voisins, entreprises, commerces, communauté gitane, écoles ... chacun participe et est informé via un site Web ouvert à tous, des actions en cours, des besoins en matériels, des idées ! Les initiatives sont collectives mais chacun peut donner à l'entreprise un cachet qui lui est personnel.

Belle dame, Bhurton
Belle dame, Bhurton

Ventes de T-Shirts, récupération, détournement d’objets, tout est bon pour recréer un cadre de vie inédit et que chacun peut s’approprier puisqu’il a œuvré à sa création.

Des artistes ont offert leur concours et certaines façades sont devenues leurs lieux d’expression transformant certaines artères en musée de plein air.

Bhurton, Girafe à sa fenêtre
Bhurton, Girafe à sa fenêtre

Il en est un qui m’a tapé dans l’œil, Edward Bhurton !

La femme à la fenêtre, La girafe …

Bhurton, que la lumière soit !
Bhurton, que la lumière soit !

… l’enfant à l’ampoule

C’est inventif, il y a de la profondeur, de la lumière et une maîtrise du geste phénoménale surtout si l’on sait qu’il peint à la bombe (300 sprays en moyenne pour un tableau) !

Aire de repos sur une ancienne friche
Aire de repos sur une ancienne friche

Voilà, finalement c’est facile de bouger !

Il faut juste se dire que c’est possible et cesser de procrastiner en se trouvant des tas de mauvaises raisons pour ne pas bouger. J’imagine bien que certains, parmi les inventeurs du concept, auraient pu se dire que d’autres qu’eux en récupéreraient le mérite (nous avons bien connu ça à propos d’une opération nettoyage que nous voulions voir démarrer sur le village) pourtant ils l’ont fait, la municipalité de Huesca les a soutenus, d’autres se sont engouffrés dans la brèche et ça marche !

D’autres chantiers sont en cours d’élaboration et nul doute que ce n’est pas près de finir !

Et si on copiait sur Huesca ?

Do

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 17:08

Nous qui croyions bien connaître la Vendée, n'en finissons pas de la découvrir et ce dernier séjour n'a pas dérogé à la règle et comme le temps n'était pas vraiment propice à la balade, encore avons nous réussi à chausser nos godillots pour randonner autour du sanctuaire de la Salette, toutes nos découvertes ont été culturelles.

Gaston Chaissac en Vendée

Christiane et Vincent sont d'excellents organisateurs en compagnie de qui nous avons découvert un peintre atypique, Gaston Chaissac, puis tout appris sur l'histoire des guerres de Vendée avant d'arpenter le charmant village de Clisson !

Mais revenons à Gaston Chaissac !

Bourguignon, fils de cordonnier, Gaston est né en 1910, l'année de la comète de Halley ! Faut-il d'ailleurs voir un lien entre cette lumineuse présence et l'étrange personnalité de cet artiste ?

En 1937, alors qu'il travaille à Paris et a découvert la peinture, il rencontre Otto Freundlich qui le pousse à persévérer ce qui l'amène à exposer à Paris pour la première fois en 1938 où il est remarqué par Delaunay.

Dordogne, Provence, Paris, Gaston Chaissac peint, invente un alphabet pictural, un style qui lui sont propres. Ces « à-plats » aux contours cernés de noirs, ces petits bonhommes aux corps très schématiques, sont vraiment la signature de Chaissac.

La porte du placard de la classe
La porte du placard de la classe

En 1943, il rejoint sa femme enseignante et nommée en Vendée. En 1948 ils s'installent à Sainte Florence de l'Oie ! Il ne cesse de peindre et écrit, ce sont au total plus de 30 000 lettres qui partiront à destination de personnalités parfois, d'inconnus surtout, des habitants de Sainte Florence de l'Oie notamment … habitants qui le méprisent, ne le comprennent pas, le prennent pour un fou !

Grand ami de Dubuffet, précurseur du Land-Art, il utilise tout ce qu'il trouve pour s'exprimer. De quoi imaginer qu'il y a encore au creux des taillis et des chemins, des pierres peintes qui n'attendent qu'à être découvertes !

Apprécié de Delaunay, Queneau, Doisneau il faudra attendre sa mort pour que son oeuvre soit intégrée à l'Art Moderne.

Art Brut
Art Brut

L'espace Gaston Chaissac est installé dans l'école où il vécut avec sa famille à Sainte Florence de l'Oie, une école qui possède les seules toilettes de France (et du Monde sans doute) classées monument historique, Gaston Chaissac nous ayant livré là ce que l'on pourrait qualifier aujourd'hui de tag !

Toilettes !
Toilettes !

Dans la salle de classe une scénographie conçue par Xavier de Richemont a été mise en place pour nous permettre de découvrir le monde de Chaissac : la « Boîte Bleue ».

Cette Boîte Bleue fait référence à une boîte de sucre Béghin où sur laquelle Chaissac avait délivré un de ses fameux messages !

Poussons la porte du placard !
Poussons la porte du placard !

La boîte à sucre de Ste Florence nous offre un voyage au pays de Chaissac en 6 espaces. Le visiteur y pénêtre par ce qui fut la porte du placard de la classe, une porte peinte par l'artiste, une surprise vraiment totale. Nous nous retrouvons dans un placard au milieu des vêtements et accessoires de l'artiste. Tout y est, papier peint, ampoule à incandescence, odeur … une manière comme une autre de s'imprégner de la personnalité du peintre.

L'immersion dans un monde bizarre continue et l'on perçoit bien le mal être de cet homme, incompris et en quête de reconnaissance qui déposait ses missives souvent par l'intermédiaire des persiennes des maisons !

Par contre il y a quand même des « trucs » dont la signification m'a complètement échappée. Ainsi, que voyez-vous sur cette photo ?

Gaston Chaissac en Vendée

Bon, je vous aide, il s'agit de la Vendée tracée autour d'une bouse !

Bizarre !

Alors que penser de Chaissac ? Est-ce que j'aime ou pas ? Qui est-il ?

Voilà en quelques lignes ce qu'il dit de lui. Une piste pour le comprendre !

« Je ne me dis pas artiste, je ne me dis pas poète mais je me sens artiste, je me sens poète parfois … je me sens traceur de pistes, guide et je me sens surtout le spectateur d'une pièce où tous les hommes et tout ce qui existe sur la Terre jouent un rôle … je me sens TOUT ! »

Do

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 16:55

Préambule

Art plastique (art pictural, sculpture), art brut, land art, mail art … globalement nous sommes friandes de tout ce qui peut être proposé à notre curiosité, néanmoins nous revendiquons différentes façons de découvrir et d'apprécier ce qui nous est donné à voir. De par ma formation et parce que j'ai été jusqu'à la mutation maître relais en art plastique en région parisienne, j'ai pris l'habitude de parcourir les manifestations artistiques un peu comme les enfants que j'ai eu à former. Je pense qu'il n'y avait pas une bonne ou une mauvaise manière de découvrir une exposition, un musée, un château …

Vivre l'expérience en étant le plus disponible possible à ce qui nous est proposé me semble la condition essentielle pour profiter de l'instant.

Du coup, comme le professe Daniel Pennac (Comme un roman aux éditions Gallimard) dans une exposition, nous nous autorisons le droit de grappiller, pour tirer profit (profiter) des richesses exposées. Ce n'est donc, à mon sens qu'après coup que l'on peut savoir si l'expérience a été enrichissante et que l'on peut dire si l'on a aimé, ou non !

Aux enfants je proposais souvent un livret de découverte que j'avais au préalable réalisé à leur intention. Ce livret n'était pas un carcan qui leur imposait telle ou telle forme de visite, c'était plutôt un support qui leur offrait une vision globale de ce qu'ils allaient découvrir et qui leur permettrait ensuite de fixer leurs ressentis. Sans doute est-ce pour la même raison que nous récupérons toujours une foule de documents lors de nos visites.

Puy du Chambourguet Sancy
Puy du Chambourguet Sancy

En ce qui nous concerne nous avons vécu à peu de temps d'intervalle trois expériences passionnantes. La première fois ce fut lors d'une randonnée dont le but avoué était une bonne cueillette de champignons mais cela fera l'objet d'un prochain article.

Les deux autres découvertes artistiques ont eu lieu lors de notre virée dans le Nôrd et sont aux antipodes l'une de l'autre, l'une dans un musée et l'autre en pleine nature !

Musée des Arts Premiers, jardins
Musée des Arts Premiers, jardins

Si je ne peux nier avoir préféré la seconde plus conforme à mes aspirations, l'autre a suscité de nombreux questionnements.

Redescendant de Paris, nous avons fait halte dans la région du Sancy pour nous régaler des Rencontres « Horizons, Arts Nature », comme cela avait déjà été le cas par le passé. Cette année nous avions sélectionné 3 sites pour ce qu'ils offraient à voir mais aussi parce qu'ils permettaient de belles balades : une tourbière, un puy volcanique, un tour de lac bucolique.

Lac de Bourdouze, pappus lactés
Lac de Bourdouze, pappus lactés

Le lac de Bourdouze et ses Pappus lactés fut notre première halte. Inspirée par un conte d'Auvergne, le bon géant qui aimait les fleurs, l'artiste a peuplé un champ d'aigrettes de pissenlits géantes au milieu desquelles déambulent visiteurs et bovins.

Pappus, détail
Pappus, détail

Un coup de cœur que ces fleurs faites de bouteilles de lait et qui culminent à presque 5 mètres de haut et nous font sentir lilliputiens. L'idée est marrante et l'ensemble s'intègre parfaitement dans le site et rehaussent même les teintes que la Nature a posé au cœur de la tourbière.

Zone de turbulences
Zone de turbulences

Notre seconde découverte se fit au terme d'une grimpette au puy de Chambourguet, voisin du Sancy. A l'intérieur de l'ancien cratère, faite de planches de bois récupérées dans les scieries du département, gît une carcasse d'Airbus explosée.

Si l'artiste a voulu suggérer que progrès techniques et scientifiques nous mènent peut-être droit dans le mur et nous amener à réfléchir à nos propres limites, chacun est libre d'y voir ce qu'il veut ! Zone de turbulences, un titre bien vu pour cette œuvre qui annonce à plus d'un titre la couleur car de là-haut le panorama qui se dévoile sur 360° est à couper le souffle !

Lac de Gayme
Lac de Gayme

Comme il nous restait un peu de temps nous avons fini la journée au bord du lac de Gayme pour découvrir une création intitulée Walden Raft !

Sympa, sans plus, car si le visiteur est sensé pouvoir se fondre dans le décor en pilotant cette maison radeau, encore faudrait-il pouvoir y accéder !

La fragilité de l’œuvre, incapable sans doute de résister aux ardeurs des nombreux visiteurs, la cantonne maintenant à quelques encablures du bord. Une frustration pour qui se prépare à faire l'expérience d'un cocon flottant !

Si cette manifestation vous intéresse, 3 clics pour découvrir les œuvres dont je viens de vous parler tout en sachant qu'il y en a 8 autres tout aussi étonnantes.

https://www.youtube.com/watch?v=J6DbLDDFNrc

https://www.youtube.com/watch?t=46&v=eovinBPGGsk

https://www.youtube.com/watch?v=dI_b4p3El3I

De l'Art, encore de l'Art !

Je finirai cet article avec notre découverte du Musée des Arts Premiers, quai Branly à Paris. Venus pour découvrir une exposition intitulée l'Inca et le conquistador et consacrée à Pizarro et Atahualpa, nous avons vite quitté les lieux pour partir à la découverte des collections permanentes. Trop de monde pour une exposition qui ne pouvait se lire que selon un sens prédéfini. Résultat, des pékins massés devant vitrines et affichages et l'impossibilité, en tout cas pour nous, de ressentir une quelconque émotion, pas de Liberté dans la découverte.

Cercueils
Cercueils

Les autres collections (Océanie, Papouasie, Amazonie, Amériques) nous ont par contre beaucoup parlé et interpellé après coup. En visionnant les photos que nous avons faites, nous avons découvert que la grande majorité des objets étaient en lien avec la mort.

Statuette support pour jeter des sorts
Statuette support pour jeter des sorts

Possession et sorts, cultes des défunts, rituels funéraires, armes ... une immersion dans une autre dimension qui surprend un peu d'autant que l'ensemble des salles est relativement plongé dans la pénombre.

De l'Art, encore de l'Art !

Si nous n'avons pas réussi de l'espace intérieur du Musée à gagner la façade végétalisée, nous avons par contre déambulé avec plaisir dans les jardins extérieurs.

Parfaitement conçus et aménagés pour se remettre (en ce qui nous concerne en tout cas) des perturbations ressenties au sein de cet espace fermé qu'est le Musée, investir ces jardins plantés d'espèces peu exigeantes en soin et acoutumées au climat parisien, pourvus de transats, poufs nous a permis de récupérer des effets de la climatisation qui n'est vraiment pas notre amie !

Quel bonheur de découvrir différentes installations culturelles au milieu des prêles, bambous, euphorbes, magnolia ...

N'attendant rien de particulier de cette visite, nous en retirons la satisfaction d'avoir découvert un lieu que nous ne connaissions pas où les contrastes sont de mises et la certitude que la Nature est le plus beau musée qui soit.

Du positif donc !

Do

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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 20:02

 

Parce que nous piaffions dans notre bergerie nous nous sommes offertes une escapade d'une petite dizaine de jours vers d'autres cieux.

Cap au Nord ? Au sud ? A l'est ou à l'ouest ?

Un indice pour vous aider à vous faire une idée de la direction suivie avec ce cliché de notre première halte.

Palais-Ideal-1.JPG

 

Cela vous parle t'il ?

Précision, nous n'avons pas eu à prendre l'avion pour atteindre notre but, alors si vous avez pensé à Angkor, vous n'y êtes pas du tout !

Nous avons visé la ligne bleue des Vosges et gagné le sillon rhénan avec un premier arrêt à Hauterives pour y découvrir le Palais Idéal du facteur Cheval.

Palais-Ideal-2.JPG

Génial !

En 1879, Ferdinand Cheval, facteur de son état, butte au cours de sa tournée (d'une petite trentaine de kilomètres tout terrain) sur une pierre bizarre ! Et c'est parti pour l'aventure de sa vie.

En 33 ans, il réalise, sans plan, avec juste quelques croquis jetés sans chichi sur le papier son palais idéal.

croquis.JPG

Les cartes postales viennent de faire leur apparition, elles remplissent la sacoche du Facteur qui découvre par ce biais, l’Égypte, l'Asie dont il va largement s'inspirer pour son « chef d’œuvre ». En 1912, la dernière pierre posée, Ferdinand s'attaque à la construction de son tombeau. Terminé en 1922, Ferdinand tire sa révérence deux ans plus tard à l'âge respectable de 88 ans !

Majoritairement ses contemporains n'ont rien compris à son génie et il faudra attendre 1969 pour que Malraux arrive à faire classer monument historique, au terme d'un difficile combat, le Palais Idéal. Œuvre d'un rustre, selon le qualificatif des « bien pensants » des années 70, ce palais a inspiré de nombreux artistes : Breton, Picasso, Tingueli, Ernst, Dubuffet, Niki de Saint-Phalle. Ferdinand Cheval a été leur muse, il a donné ses lettres de noblesse à l'art brut.

Palais-Ideal-3.JPG

Nous avons à la suite de tous ceux qui se sont régalés en déambulant dans cet univers de rêve, ajouté nos noms à une liste impressionnantes d'inconditionnels dont Jeanne Moreau et je suis sortie de là en me prenant à regretter, pour la première fois depuis 2007, de ne plus avoir d'élèves à qui faire découvrir cet endroit merveilleux. Mince alors !

Nous sommes reparties de là enchantées avec en prime un autre but de balade, le Jardins des Tarots de Niki de Saint-Phalle en … Toscane ! Sacrée Nana !

Nana-de-Niki.JPG

Pour en avoir un aperçu du jardin des Tarots, clic !http://www.nikidesaintphalle.com/frenchFrameset.html

 

Do

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 15:35

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Mais si, ça bouge, à St Génis des Fontaines ! Qui a dit le contraire ? Le 31 août dernier, à l’initiative de nos voisins et amis, Chantal et Daniel, et de leur fille Frédérique, deux comédiens sont venus se donner la réplique dans leur jardin, au bord de la piscine ! Dans une ambiance décontractée, entre voisins et amis, « Bang public », une pièce de Bernard Di Marcko, a ainsi été proposée à qui voulait bien faire le déplacement, munie d’un siège de préférence, avant de clôturer cette brillante prestation autour d’un apéritif ! Voilà le genre d’expériences à multiplier pour entretenir et resserrer les liens entre voisins, non? Merci aux heureux organisateurs de cette soirée, on est partant pour recommencer !

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 15:44

 

On dit que les populations du sud sont plus machistes que celles du nord… Encore un cliché ! Voilà ce que nous avons trouvé dans un camping bavarois…Est-2014--38-.JPG

A l’évidence, il ne leur vient pas à l’idée qu’un homme puisse laver le linge ! Alors, comme dirait notre ami Pierre, « pas libérés », les mecs, en Allemagne !

Fredo

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 15:32

 

Première étape de notre périple austro-allemand : les châteaux de Louis II de Bavière, à proximité de la petite ville de Füssen. Bien que décidées à ne pas les revisiter, une petite grimpette jusqu’au Marienbrücke, vertigineuse passerelle au dessus des gorges de la Pöllat où s’agglutinent les touristes pour mitrailler l’incomparable forteresse, s’imposait.

C’est pourquoi nous nous sommes malgré tout retrouvées noyées dans une mer de japonais enthousiastes et volubiles, très intéressés, comme toujours, par Virgile (pas sûr que le concept de chien domestique existe au japon !).  Soudain, devant nous, pour une raison inconnue, ce fut l’émoi ! Voilà nos japonais penchés vers le bas-côté du chemin, manifestement très intéressés par quelque chose que nous ne pouvons voir… Nous ne comprenons pas la langue, mais nous reconnaissons bien dans les cris, les exclamations diverses et variées la stupeur, l’étonnement, l’amusement… Ça crie, ça rit, ça sursaute, ça mitraille (il faut immortaliser ça sur la pellicule –si on peut dire aujourd’hui !-). Mais qu’est-ce que c’est, bon sang ? Ils sont tellement nombreux qu’il faut jouer des coudes pour s’approcher ; ils ont réussi à éveiller notre curiosité : il faut qu’on sache !

Enfin, nous voilà aux premières loges et nous scrutons le fossé pour découvrir… Est-2014--570-.JPGun escargot ! Un gros escargot, c’est vrai, genre Bourgogne, mais quand-même, rien qu’un escargot… Il n’y en a pas au Japon ? Peut-être pas de si gros… Au paroxysme de l’émotion, Do donne le coup de grâce :

- It’s good to eat !

Les regards convergent sur elle, ébahis, mais néanmoins encore rieurs. Do insiste en riant :

- Yes, in France, we eat them ; it’s good !

Et toc ! Nous poursuivons tranquillement notre chemin laissant derrière nous une horde d’asiatiques médusés. Voilà, ça peut être ça, le décalage culturel…

 

Fredo

 

 

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